Le SCFP réclame des mesures de protection des travailleuses et travailleurs au Conseil consultatif sur l’IA et le travail

Photo : x.com/EvanLSolomon 

Le SCFP demande au gouvernement fédéral de placer les droits des travailleuses et travailleurs au cœur de l’approche du Canada en matière d’intelligence artificielle (IA). Lors d’une récente rencontre fédérale, notre syndicat a réclamé de la transparence, une véritable consultation des travailleuses et travailleurs et de solides protections juridiques.

Le SCFP a fait valoir sa position lors de la première rencontre du nouveau Conseil consultatif sur l’intelligence artificielle et le travail. Le Conseil formule des recommandations au gouvernement fédéral sur les répercussions des systèmes d’IA sur les travailleuses et travailleurs et sur les politiques nécessaires pour encadrer ces nouvelles technologies de façon responsable. 

Le gouvernement fédéral peut protéger les travailleuses et travailleurs contre les technologies de surveillance intrusive alimentées par l’IA en renforçant le projet de loi C-36, la Loi visant à protéger la vie privée et les données des consommateurs. La législation établit les règles en matière de protection de la vie privée pour les travailleuses et travailleurs relevant des secteurs sous réglementation fédérale, notamment dans les ports, le transport aérien, les communications, le transport ferroviaire, le milieu bancaire et le transport interprovincial.

Le SCFP demande une mise à jour de la législation sur la protection de la vie privée pour : 

  • interdire la surveillance continue des travailleuses et travailleurs, pendant leurs pauses, en dehors des heures de travail ou dans des endroits privés comme les toilettes; 
  • proscrire l’utilisation de technologies à haut risque comme les systèmes de reconnaissance biométrique, faciale ou émotionnelle; 
  • interdire les systèmes de prise de décision automatisée pour les décisions importantes en matière d’emploi, comme les mesures disciplinaires et les licenciements. 

Le Canada peut et doit montrer la voie en encadrant la surveillance abusive en milieu de travail. 

Notre syndicat a également insisté sur le fait que les employeurs doivent informer les syndicats et les consulter avant d’introduire des systèmes d’IA au travail. 

Si l’IA risque d’avoir une incidence sur les emplois et les conditions de travail, les employeurs doivent négocier avec le syndicat pour en atténuer les répercussions. 

Enfin, le gouvernement fédéral doit améliorer le régime d’assurance-emploi afin de mieux protéger les personnes qui perdent leur emploi. 

Le Conseil consultatif sur l’IA et le travail réunit des personnes représentant 12 syndicats, le ministre de l’Intelligence artificielle et de l’Innovation numérique, Evan Solomon, le secrétaire d’État au Travail, John Zerucelli, ainsi que le sénateur Hassan Yussuff.

Contenu connexe