Le SCFP 4865 dénonce la suppression de postes dans un conseil scolaire en pleine crise de la main-d’œuvre

Le SCFP 4865 et le Conseil des syndicats des conseils scolaires de l’Ontario (CSCSO) condamnent fermement le Conseil scolaire public du Nord-Est de l’Ontario pour sa décision de supprimer des postes malgré l’augmentation de la charge de travail et l’impact qui en découle sur les travailleuses et travailleurs de l’éducation de première ligne. 

Le conseil scolaire a récemment informé la section locale de son intention de supprimer cinq postes de secrétaire dans les écoles secondaires en réduisant la durée d’emploi de douze à dix mois à compter du 30 août 2026. Il a aussi l’intention de supprimer deux postes d’aide-enseignant(e).

Le SCFP 4865 représente environ 215 membres du personnel de l’éducation du Conseil scolaire public du Nord-Est de l’Ontario, dont les secrétaires d’écoles secondaires, les aides-enseignant(e)s, les éducatrices et éducateurs de la petite enfance désignés et le personnel d’entretien et de soutien scolaire.

« Ces coupes n’ont pas lieu d’être », déplore Mitch Gagnon, président du SCFP 4865. « En faisant passer de douze à dix mois la durée d’emploi des secrétaires, le conseil scolaire empêchera nos membres de travailler en juillet et août à compter de 2027 – deux mois où ces travailleuses et travailleurs seront privés de revenus chaque année. De plus, la charge de travail pour les employé(e)s restant(e)s s’avérera excessivement élevée. Au lieu d’investir dans le personnel d’encadrement qui accompagne les élèves quotidiennement, le conseil scolaire décide plutôt de réduire les services, ce qui augmente la pression sur nos écoles. » 

Ces décisions du conseil scolaire vont à l’encontre de la convention collective : bien qu’elle stipule que l’emploi des secrétaires d’écoles primaires dure dix mois, elle indique clairement que l’emploi doit durer douze mois pour les secrétaires d’écoles secondaires. La section locale a déposé des griefs contre ces changements, mais le conseil scolaire refuse de revenir sur sa décision.

Le nombre d’inscriptions d’élèves ne devrait pas diminuer, mais le conseil scolaire vient d’engager un(e) superviseur(e) et un(e) gestionnaire de maintenance, ce qui porte l’équipe de direction à cinq personnes plutôt que deux. Ces décisions suscitent de sérieuses questions quant aux priorités du conseil scolaire.

Selon les données de divulgation salariale du secteur public ontarien, les salaires des postes administratifs supérieurs ont considérablement augmenté au cours des dernières années. Par exemple, le salaire affilié au poste de directeur de l’éducation est passé d’environ 168 000 $ à 224 000 $ dans les cinq dernières années, et celui du poste de gestionnaire de maintenance est passé d’environ 133 000 $ en 2024 à 177 000 $ en 2025. Ces augmentations contrastent drastiquement avec les compressions touchant le personnel de l’éducation de première ligne. 

Le CSCSO avance que ces coupes reflètent une tendance à grande échelle provoquée par le sous-financement chronique de l’éducation en Ontario depuis 2018. 

« Ce qui se passe au Conseil scolaire public du Nord-Est de l’Ontario, on l’observe aussi ailleurs dans la province. Les travailleuses et travailleurs de l’éducation paient le prix du sous-financement public », explique Joe Tigani, président du CSCSO. « On parle ici de personnes qui soutiennent les élèves ayant des besoins particuliers, qui assurent la sécurité des écoles et qui veillent au bon fonctionnement des établissements au quotidien. Supprimer ces postes aura des répercussions sur tout le monde. » 

Le SCFP 4865 et le CSCSO demandent à la province de financer adéquatement l’éducation, et au Conseil scolaire public du Nord-Est de l’Ontario de faire immédiatement marche arrière.

« Les élèves méritent des milieux d’apprentissage sûrs qui les soutiennent, plaide Joe Tigani. Ça commence par investir dans les travailleuses et travailleurs qui s’en occupent. Le CSCSO se range derrière les membres du SCFP 4865 qui sont résolu(e)s à se défendre. Nous sommes solidaires dans la défense de bons emplois, la protection de services essentiels, et le refus d’un système qui continue de dévaloriser les travailleuses et travailleurs de l’éducation ainsi que les élèves qu’ils et elles servent. »