Tera Engley, préposée aux soins personnels et présidente du SCFP 132, est très préoccupée par le nouvel organisme de réglementation chargé de superviser les préposé(e)s aux soins personnels de l’Ontario – un organisme qui aura une incidence sur 322 travailleuses et travailleurs de sa section locale dans un établissement de soins de longue durée de Durham.
L’Office de surveillance des fournisseurs de soins de santé et de soutien (OSFSSS) a suscité de nombreuses inquiétudes parmi les préposé(e)s aux soins personnels en raison de ses règles arbitraires qui privent les travailleuses et travailleurs des mêmes droits que ceux dont bénéficient les autres professionnel(le)s de la santé réglementé(e)s, d’autant plus que de nombreux employeurs font de l’inscription au registre une condition d’embauche.
Ces préoccupations sont aggravées par la règle arbitraire de l’OSFSSS selon laquelle, d’ici décembre 2027, les préposé(e)s aux soins personnels formé(e)s avant 2014 devront retourner aux études pour conserver le droit d’exercer leur statut réglementaire.
« Ce qui préoccupe le plus mes collègues, c’est l’échéance de la clause de droits acquis, confie Tera Engley. Jusqu’à maintenant, les aides-soignant(e)s bénéficiaient d’une clause de droits acquis pour occuper des postes de préposé(e)s aux soins personnels. C’était pratique courante. Mais voilà qu’on nous dit qu’on ne sait pas faire notre travail si notre formation date d’avant 2014. C’est bien difficile à croire. Malgré de nombreuses années d’ancienneté, beaucoup de préposé(e)s aux soins personnels seront à risque de perdre leur gagne-pain. »
Pour protester contre ces règles injustes, Tera Engley et ses collègues se joindront mercredi matin à un grand nombre de préposé(e)s aux soins personnels membres du SCFP et à d’autres professionnel(le)s de la santé lors d’un rassemblement devant le bureau de circonscription de Doug Ford pour exiger que le gouvernement « corrige » l’OSFSSS.
« Dès les premières annonces du registre des préposé(e)s aux soins personnels, on faisait valoir ses avantages pour la profession », rappelle Debra Maxfield, présidente du comité des travailleuses et travailleurs de la santé du SCFP. « On disait qu’il fonctionnerait comme dans n’importe quel autre ordre professionnel, tel l’Ordre des infirmières et infirmiers de l’Ontario. Or, c’est loin d’être le cas. »
L’inscription au registre expose le personnel à des mesures disciplinaires sans procédure officielle, y compris la possibilité de voir leur inscription au registre révoquée à la discrétion de la direction de l’OSFSSS. Le SCFP déplore également l’absence de préposé(e)s aux soins personnels au sein du conseil d’administration de l’OSFSSS, une situation contraire à celle des autres organismes de réglementation du secteur de la santé, qui comptent des représentant(e)s du personnel au sein de leur CA.
« C’est le seul organisme en Ontario qui ne compte aucun ou aucune préposé(e) aux soins personnels dans son conseil d’administration chargé de les réglementer », dénonce Treena Hollingworth, elle-même préposée et vice-présidente du Conseil des syndicats d’hôpitaux de l’Ontario (CSHO-SCFP), qui regroupe 46 000 membres. « Les travailleurs n’auront pas les mêmes droits à une procédure officielle que ceux accordés à toutes les autres professions. Quelle honte! »
Et bien que l’inscription soit actuellement gratuite, les travailleuses et travailleurs craignent que cela ne dure pas. Sans représentation au sein du conseil d’administration, ces préposé(e)s n’auront pas de mot à dire sur la fixation des frais.
« La plupart des préposé(e)s aux soins personnels en Ontario sont des femmes, et beaucoup d’entre elles sont racisées. Doit-on se surprendre que le gouvernement Ford ait précisément ciblé ce groupe pour lui réserver un traitement discriminatoire dans la réglementation? » s’est exclamé Michael Hurley, président du CSHO. « Ces personnes sont déjà confrontées à de multiples obstacles, dont un niveau élevé de stress et de risques d’accident au travail, tout en percevant des salaires et des avantages sociaux parmi les plus faibles du secteur. Elles méritent les mêmes droits et les mêmes protections que les autres travailleuses et travailleurs de la santé. Notre combat se poursuivra tant qu’on n’aura pas atteint cet objectif. »
Le SCFP invite la population de l’Ontario à envoyer une lettre à leur député(e) pour exiger que le gouvernement corrige le registre de l’OSFSSS.
