Les conservateurs de Doug Ford cèdent aux caprices des entreprises privées pendant que la population et les services publics mendient

Alors que la population ontarienne peine à joindre les deux bouts et que les travailleuses et travailleurs se démènent pour fournir des services publics à peine viables, le ministre des Finances de l’Ontario, Peter Bethlenfalvy, a annoncé un allégement fiscal démesuré pour les entreprises privées, une mesure qui viendra drainer des milliards de dollars hors des coffres de l’État et priver de fonds les services publics si chers aux Ontarien(ne)s.

Qualifiant la proposition de « volet ontarien » de la mesure fédérale de Mégadéduction à la productivité, le ministre Bethlenfalvy a annoncé une réduction fiscale de 8 milliards de dollars qui permettra aux entreprises de déduire immédiatement 100 % de la valeur de leurs investissements en capital.

« Ce tour de passe-passe conservateur n’est pas sans rappeler la fameuse expression corporate welfare bums (parasites de l’aide sociale aux entreprises) du regretté David Lewis », souligne Yolanda McClean, présidente du SCFP-Ontario. « Le gouvernement de Doug Ford injecte des milliards de dollars d’argent public dans les entreprises privées, mais impose l’austérité au reste d’entre nous. »

Armé de faits et de statistiques, le SCFP-Ontario critique cet allégement fiscal :

  • Dépenser 8 G$ pour créer 30 000 emplois équivaut à donner plus de 266 000 $ aux entreprises pour chaque nouveau poste.   
  • Renoncer à des revenus de 8 G$ sur des investissements en capital de 11 G$ signifie que le public financera les investissements privés à hauteur de 72,7 %.
  • Le dernier rapport du Bureau de la responsabilité financière de l’Ontario (BRF) révèle que, dans les trois prochaines années, le gouvernement provincial sous-financera les services publics d’environ 16,8 milliards de dollars.

« Les cadeaux aux entreprises ne renforceront pas notre province; on l’a bien vu avec le fiasco Stellantis », poursuit la présidente. « C’est plutôt en investissant massivement dans nos services publics et en faisant marche arrière sur les programmes de privatisation du gouvernement qu’on rendra notre province meilleure et plus juste pour les gens ordinaires. »

Yolanda McClean a d’ailleurs fait remarquer que l’Ontario affiche actuellement le deuxième plus haut taux de chômage au Canada, mais qu’en contrepartie, 37 000 emplois du secteur public sont toujours vacants; il s’agit de postes qui correspondent à nos besoins urgents dans les domaines de la santé, des services sociaux, de l’éducation et des services éducatifs à la petite enfance, pour ne nommer que ceux-ci.

« Devant la crise du coût de la vie que nous traversons actuellement, le gouvernement devrait se soucier de fournir les services publics dont a désespérément besoin la population ontarienne, plutôt que d’offrir des passe-droits aux entreprises », conclut la présidente. 

Après la publication d’un nouveau rapport sur la responsabilité financière demain, le SCFP-Ontario mettra à jour ses données comparant les projections du BRF sur les inducteurs de coûts par rapport au calendrier 2026 des dépenses du gouvernement en matière de santé, d’éducation, d’éducation supérieure et de services sociaux.

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