Les paramédics déposent près de cinq fois plus de demandes d’indemnisation que les policières et policiers : le syndicat exige la fin des compressions budgétaires à la CSPAAT

Selon des données obtenues par le Comité des travailleurs ambulanciers du SCFP-Ontario (CACO), les paramédics de l’Ontario déposent des demandes d’indemnisation auprès de la Commission de la sécurité professionnelle et de l’assurance contre les accidents du travail (CSPAAT) près de cinq fois plus souvent que les policières et policiers. Le comité, qui représente 8 000 paramédics partout dans la province, exige du gouvernement provincial qu’il abandonne ses projets de mises à pied et de fermetures de bureaux à la CSPAAT. Ces mesures compliqueront encore davantage l’accès à un soutien essentiel des travailleuses et travailleurs souffrant d’une blessure.

Le CACO s’inquiète vivement du projet de la CSPAAT de supprimer près de 500 emplois et de fermer 10 bureaux régionaux. Ces changements mettraient en péril la sécurité des paramédics et les priveraient d’un soutien essentiel. Ils aggraveraient également la pénurie de personnel qui sévit partout dans la province, alimentée notamment par les risques exceptionnels auxquels les paramédics font quotidiennement face dans le cadre de leur travail.

Entre 2023 et 2025, les paramédics ont déposé 5 167 demandes d’indemnisation auprès de la CSPAAT, alors que leurs effectifs comptaient environ 13 000 personnes. Cela représente environ 397 demandes d’indemnisation par tranche de 1 000 personnes.

À titre de comparaison, les pompières et pompiers ont déposé 4 161 demandes d’indemnisation pour un effectif d’environ 30 000 personnes, soit 139 demandes par tranche de 1 000 personnes. De leur côté, les policières et policiers ont déposé 2 146 demandes d’indemnisation pour un effectif d’environ 25 000 personnes, soit 86 demandes par tranche de 1 000 personnes.

Les paramédics déposent des demandes d’indemnisation près de 3 fois plus souvent que les pompières et pompiers, et 4,6 fois plus souvent que les policières et policiers.

« Les paramédics font face à des exigences physiques et psychologiques exceptionnelles lors de chaque quart de travail. Nous devons soulever et transporter des personnes, intervenir dans des situations violentes et dangereuses et assister à des événements traumatisants qui nous hantent longtemps après la fin de l’intervention », a déclaré Niko Georgiadis, président du Comité des travailleurs ambulanciers du SCFP-Ontario. « Lorsque nous nous blessons au travail, nous avons besoin d’un système d’indemnisation des accidents du travail sur lequel nous pouvons compter. La suppression de postes occupés par du personnel expérimenté à la CSPAAT ne fera qu’alourdir un processus déjà difficile pour les paramédics qui ont besoin de soutien. »

Les compressions budgétaires à la CSPAAT surviennent alors que les préoccupations persistent quant à l’insuffisance du soutien en santé mentale offert aux paramédics partout en Ontario.

Les paramédics à temps plein des services médicaux d’urgence de Niagara disposent de 3 000 $ par année en avantages sociaux en santé mentale, tandis que les paramédics à temps partiel ne bénéficient de rien. Ces paramédics, membres du SCFP 911, pourraient déclencher une grève dans les prochaines semaines. Ces personnes se battent pour obtenir le même soutien en santé mentale que les policières et policiers de Niagara, qui bénéficient de 20 000 $ par année à ce titre.

Au sein des services de Peterborough City-County Paramedics (PCCP), les paramédics à temps plein ne reçoivent que 500 $ par année pour les soins de santé mentale, tandis que les paramédics à temps partiel ne bénéficient d’aucun avantage social à cet égard. Ce groupe, représenté par le SCFP 4911, sera légalement en position de grève à compter du 31 octobre. 

« Ces écarts montrent tout le chemin qu’il nous reste à parcourir pour que les paramédics puissent avoir accès au soutien nécessaire », a déclaré Niko Georgiadis. « Toute mesure visant à affaiblir la CSPAAT ne ferait qu’aggraver la situation des paramédics. »

Les services paramédicaux de l’Ontario font face à d’importantes difficultés de recrutement et de rétention du personnel. Selon l’Ontario Association of Paramedic Chiefs, la province manque de 500 paramédics chaque année. Du personnel hautement qualifié et dévoué continue de quitter le secteur, notamment en raison de l’épuisement professionnel et des blessures.

« On ne peut pas demander aux paramédics de continuer à exercer leur métier sans leur offrir un soutien adéquat en cas de blessure ou quand les conséquences de leur travail pèsent sur leur santé mentale », a déclaré Niko Georgiadis. « Nous demandons à la ministre Jones de revenir sur ces compressions budgétaires et ces fermetures. Les paramédics de l’Ontario sont là lorsque la population a le plus besoin d’aide. Ces personnes méritent un régime qui fasse preuve de la même réactivité à leur égard. »

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