Depuis des mois, les préposé(e)s aux soins personnels à l’emploi de la région de Durham se battent pour protéger leurs droits liés à l’ancienneté et leur possibilité d’obtenir un poste de préposé(e) aux soins personnels au sein du nouveau foyer de soins de longue durée Seaton Village de la région. Bien que l’inscription auprès de l’Office de surveillance des fournisseurs de soins de santé et de soutien (OSFSSS) ne soit pas encore obligatoire en vertu de la réglementation provinciale, la région a imposé une exigence qui empêchait les préposé(e)s aux soins personnels déjà à son emploi et non inscrit(e)s d’obtenir un poste dans son tout nouveau foyer.
Dans une victoire importante pour les membres du SCFP, l’arbitre Jasbir Parmar a accueilli le grief du syndicat, concluant que la décision de la région d’imposer cette exigence était arbitraire et déraisonnable et qu’elle contrevenait aux droits d’ancienneté du personnel prévus dans la convention collective.
Pour Tera Engley, préposée aux soins personnels et présidente du SCFP 132, cette décision est un immense soulagement. « La décision de l’arbitre Parmar est une grande victoire pour les membres du SCFP 132 et un pas dans la bonne direction pour l’ensemble des préposé(e)s aux soins personnels en Ontario », a-t-elle déclaré. « Cela montre que, malgré tout ce que le gouvernement Ford a fait pour dévaloriser notre profession, nous comptons toujours et nous avons toujours des droits. »
Le SCFP réclame une révision du registre public de l’OSFSSS depuis que le gouvernement de l’Ontario en a annoncé la création en 2021. Selon Tera Engley, qui travaille comme préposée aux soins personnels depuis 21 ans, l’un des principaux problèmes de l’Office de surveillance des fournisseurs de soins de santé et de soutien (OSFSSS) est qu’aucune personne occupant le poste de préposée aux soins personnels ne siège à son conseil d’administration.
« Que ce soit dans les soins à domicile, les soins de longue durée ou le réseau hospitalier, les préposé(e)s aux soins personnels méritent le même respect que les autres membres du personnel de la santé », a ajouté Debra Maxfield, présidente du comité des travailleuses et travailleurs de la santé du SCFP-Ontario. « La décision d’aujourd’hui est une victoire pour les membres du SCFP 132, mais nous poursuivrons la lutte jusqu’à ce que le gouvernement accepte nos revendications pour que l’ensemble des préposé(e)s aux soins personnels bénéficient du même traitement équitable. »
Michael Hurley, président de la division des hôpitaux du SCFP (Conseil des syndicats d’hôpitaux de l’Ontario), affirme que le gouvernement provincial doit témoigner d’un respect véritable envers les préposé(e)s aux soins personnels, qui sont majoritairement des femmes et comptent une proportion croissante de personnes racisées.
« Les préposé(e)s aux soins personnels n’en reviennent pas de se voir refuser les mêmes droits à la représentation et à une procédure régulière que les membres de toutes les autres professions réglementées en Ontario. Compte tenu de la composition genrée et racisée de cette main-d’œuvre, ce modèle témoigne d’un manque total de sensibilité et est profondément inéquitable », affirme-t-il. « Pour remédier à la pénurie de préposé(e)s aux soins personnels en Ontario, le gouvernement Ford doit veiller à ce que ces personnes bénéficient des mêmes droits que les membres des autres professions réglementées, en plus de leur offrir une rémunération équitable et des conditions de travail décentes. »
Debra Maxfield reconnaît que le gouvernement a apporté certaines améliorations à l’OSFSSS depuis sa création en 2021. Mais les changements tardent à se concrétiser. Cinq ans plus tard, les préposé(e)s aux soins personnels réclament toujours un système équitable. Le Conseil des syndicats d’hôpitaux de l’Ontario et le comité des travailleuses et travailleurs de la santé du SCFP-Ontario ont organisé plusieurs rassemblements au cours de l’été et continueront de faire pression sur le gouvernement Ford pour qu’il modifie le registre afin que des préposé(e)s aux soins personnels siègent au conseil d’administration de l’organisme.
« La lutte est loin d’être terminée », a affirmé Tera Engley. « L’ensemble des préposé(e)s aux soins personnels méritent le respect et un traitement équitable. Le SCFP poursuivra la lutte. »