Dans le système de santé, les préposé(e)s aux services de soutien à la personne (PSSP) sont souvent traité(e)s avec une certaine condescendance aussi bien par leurs gestionnaires que par le gouvernement.
Selon Tera Engley, présidente du SCFP 132 et elle-même PSSP, le nouvel organisme de réglementation des préposé(e)s aux services de soutien à la personne mis en place par le gouvernement Ford accentue encore plus cette impression.
Le Conseil des syndicats d’hôpitaux de l’Ontario (CSHO-SCFP) et le Comité de coordination du personnel des soins de santé (CCPSS) ont organisé conjointement un rassemblement à Toronto mardi pour réclamer une réglementation équitable pour les préposé(e)s aux services de soutien à la personne.
« L’un des problèmes fondamentaux avec l’Office de surveillance des fournisseurs de soins de santé et de soutien (OSFSSS), c’est que personne ne représente les PSSP à son conseil d’administration », explique Tera Engley, qui exerce cette profession depuis 21 ans.
« Ces travailleuses et travailleurs sont indispensables au système de santé et devraient donc être traités avec respect et dignité, comme les autres professionnel(le)s de la santé, poursuit-elle. Nos collègues du secteur de la santé – médecins, infirmières et infirmiers, physiothérapeutes, ergothérapeutes – ont droit à la représentation et ont donc leur mot à dire sur l’avenir de leurs professions. Pourquoi exclut-on les préposé(e)s aux services de soutien à la personne? »
Selon Sharon Richer, secrétaire-trésorière du CSHO-SCFP, le gouvernement provincial doit faire preuve d’un respect sincère envers les PSSP, qui sont majoritairement des femmes, de plus en plus issues de communautés racisées.
« Les préposé(e)s aux services de soutien à la personne sont choqué(e)s de voir qu’on leur refuse les mêmes droits à la représentation et à la procédure officielle que les autres professions réglementées en Ontario. Considérant que l’effectif est majoritairement féminin et souvent issu de communautés racisées, le modèle actuel est à la fois insensible et absolument injuste, dénonce Sharon Richer. Si le gouvernement de l’Ontario veut remédier à la pénurie de PSSP, il se doit de leur garantir les mêmes droits qu’aux autres professions réglementées – sans parler du salaire équitable et des bonnes conditions de travail! »
« Même si l’inscription à l’OSFSSS est actuellement facultative, certains employeurs l’incluent dans leurs conditions d’emploi, ce qui est une source d’anxiété chez bon nombre de travailleuses et travailleurs qui n’ont pas l’intention de rejoindre un organisme qui leur manque de respect », souligne Debra Maxfield, présidente du CCPSS du SCFP-Ontario.
« Si le gouvernement veut réglementer les préposé(e)s aux services de soutien à la personne et tenir un registre, il doit définir un cadre équitable et transparent qui protège les travailleuses et travailleurs et leur permet de s’exprimer auprès du système qui les régit, insiste Debra Maxfield. En l’absence de ces éléments, les PSSP se sentent forcé(e)s de s’inscrire à un registre susceptible de leur nuire plus que de les aider. »
Depuis la création de l’OSFSSS en 2021, le gouvernement y a apporté des changements encourageants, reconnaît-elle. Mais les avancées sont lentes. Cinq ans plus tard, les PSSP demandent toujours un système équitable.
