Les travailleuses et travailleurs de la santé représentés par le SCFP ont obtenu une écrasante majorité, soit 99 % des voix, en faveur de moyens de pression lors du plus grand vote de grève de la Saskatchewan. Du 8 au 14 septembre, 13 358 membres ont voté pour se doter d’un mandat de grève après trois années à la table de négociation marquées par les tergiversations et les demandes de concession de la part de l’employeur.
Les 14 000 travailleuses et travailleurs de la santé représentés par le SCFP 5430 sont sans contrat de travail depuis le 31 mars 2023 et n’ont eu aucune augmentation de salaire en quatre ans. Malgré la pénurie de personnel, des charges de travail accablantes et un moral plombé, les membres du SCFP 5430 continuent de se présenter pour fournir des soins et des services essentiels dans les hôpitaux, les centres de santé et les foyers de soins de longue durée de la Saskatchewan, pendant que l’employeur, lui, fait traîner les négociations.
« Le ministère de la Santé devrait avoir honte! Depuis trop longtemps, il prive nos membres de l’augmentation salariale et du respect auxquels ils et elles ont droit », s’insurge Bashir Jalloh, président du SCFP 5430. « Au regard des résultats phénoménaux obtenus lors du vote de grève, le message lancé au ministère et au gouvernement est clair : l’attente a assez duré. Nos membres sont solidaires et prêt(e)s à se battre pour obtenir une convention équitable. »
« Ce vote est une question de respect, de salaires justes et d’effectifs sécuritaires. Il s’agit aussi d’avoir un système de santé où les gens peuvent bâtir leur carrière, subvenir aux besoins de leur famille et rester dans leur communauté », poursuit Mark Hancock, président national du SCFP. « Ce gouvernement ne résoudra pas la crise de recrutement et de rétention s’il ne respecte pas et ne rémunère pas équitablement ceux et celles qui sont aux premières lignes. Il n’arrivera pas à construire un système de santé fort s’il épuise les personnes qui le portent à bout de bras. »
La dernière offre de la partie patronale, l’Association des organismes de santé de la Saskatchewan (SAHO), est insuffisante et laisse en plan les travailleuses et travailleurs de la santé de la province. Si elle est acceptée, l’offre de la SAHO :
- comprendra des concessions qui permettront d’augmenter le nombre d’employé(e)s contractuels et d’envoyer les travailleuses et travailleurs de la santé loin de leur maison, presque sans préavis ou considération pour la conciliation travail-vie personnelle;
- laissera la plupart des membres du SCFP avec des salaires inférieurs à ceux de leurs homologues de l’Ouest canadien, aggravant la crise de rétention qui sévit déjà;
- ne rattrapera pas l’arriéré salarial de nos membres qui, depuis des années, voient leurs moyens réels s’éroder devant la hausse du coût de la vie. Entre 2012 et 2025, le coût de la vie en Saskatchewan a bondi de 33,7 %, alors que l’augmentation salariale générale des membres du SCFP 5430 s’est limitée à 14,32 %. Au cours de la même période, le salaire minimum a quant à lui été bonifié de 61,6 %.
« Que le ministère de la Santé et le gouvernement se le tiennent pour dit! Ce mandat de grève est un message clair de la part des membres du SCFP 5430. Les travailleuses et travailleurs de la santé en ont assez d’attendre et feront tout en leur pouvoir pour obtenir l’entente qu’ils et elles méritent », conclut Bashir Jalloh.