Depuis la publication de leur série de vidéos dévoilant sans filtre la charge émotionnelle liée au travail dans les services d’urgence, les paramédics de Niagara se disent submergé(e)s par la vague de soutien des résident(e)s de la région.
Ces vidéos font partie d’une campagne publique lancée par le SCFP 911, qui continue de négocier une nouvelle convention collective. Les paramédics y parlent ouvertement des effets néfastes qu’a leur travail quotidien sur leur santé mentale (traumatismes, stress, épuisement moral), une situation empirée par le manque de ressources. Les vidéos ont été visionnées des centaines de milliers de fois depuis leur publication sur les médias sociaux.
« Les paramédics, on est connu(e)s pour avoir une bonne carapace. C’est un mécanisme de défense qu’on développe à force de vivre des situations traumatisantes. Mais personne ne s’attendait à autant de retours de la part de voisin(e)s, d’inconnu(e)s, et même de représentant(e)s élu(e)s. Ça nous touche beaucoup », s’émeut Dave Barnett, président du SCFP 911, qui cumule 17 ans de service comme paramédic. « On savait que ça toucherait les gens : les histoires racontées sont troublantes. Mais on ne s’attendait pas à autant de soutien. »
Plus de 1 700 résident(e)s ont signé une pétition pour presser la région de Niagara à régler les problèmes d’effectifs, de salaires et de soutien en santé mentale touchant les paramédics. Sur le terrain, des paramédics se sont aussi fait aborder par des patient(e)s ou des passant(e)s venu(e)s exprimer leur soutien. Plusieurs élu(e)s ont même personnellement communiqué avec les équipes pour montrer leur appui et faire part de leurs inquiétudes concernant les conditions de travail.
Le seul groupe qui semble indifférent face à cette vague de soutien de la part du public est la direction des services d’urgence de Niagara. Malgré les inquiétudes croissantes des résident(e)s, des patient(e)s et des élu(e)s, l’employeur se fait encore attendre à la table de négociation et n’a toujours pas répondu de manière significative aux préoccupations des membres concernant les salaires et le soutien en santé mentale.
Pour assurer la viabilité à long terme des services et le maintien des effectifs, le SCFP 911 se concentre sur deux dossiers pressants :
- Les salaires – Les paramédics de Niagara gagnent entre 15 et 24 % moins que les policières, policiers, pompières et pompiers de la région, et entre 5 et 8 $ l’heure de moins que les paramédics de Durham et de Peel.
- La santé mentale – Les paramédics de Niagara ne reçoivent que 3 000 $ par année en avantages sociaux en santé mentale. Les policières et policiers en reçoivent 20 000 $ par année.
« Cet écart n’envoie pas un bon message aux travailleuses et travailleurs qui aident les gens à leur pire et qui doivent régulièrement composer avec la mort, les surdoses, la violence et les traumatismes, ajoute Dave Barnett. Le public connaît maintenant bien notre réalité. Il comprend ce que les paramédics vivent au travail et les difficultés auxquelles plusieurs font face. Le soutien qu’on reçoit nous est très précieux, mais il n’est pas suffisant pour résoudre la crise. La région de Niagara doit être prête à investir dans les personnes qui assurent la sécurité de la communauté. »
Le SCFP 911 représente environ 470 paramédics, répartitrices et répartiteurs. Aucune date de négociation n’a été fixée.