Les paramédics d’Essex-Windsor s’approchent de plus en plus d’une grève après une demande de rapport de non-conciliation du SCFP 2974

La semaine dernière, après six mois de négociations infructueuses pour tenter de régler le manque chronique de personnel aux services médicaux d’urgence d’Essex-Windsor, le SCFP 2974 a déposé une demande de rapport de non-conciliation auprès du ministère du Travail de l’Ontario, une démarche qui les rapproche de plus en plus du déclenchement d’une grève légale. 

« Ça fait des mois qu’on est à la table de négociation, on a travaillé avec un conciliateur, et on a saisi toutes les occasions de faire comprendre au Conseil ce qui est en jeu, mais on est encore en train de se battre pour obtenir des conditions de travail qui stabiliseraient et protégeraient les services médicaux d’urgence d’Essex-Windsor, essentiels à notre communauté », explique James Jovanovic, paramédic depuis 17 ans et président du SCFP 2974, qui représente 340 travailleuses et travailleurs aux soins paramédicaux, à la logistique et au soutien. 

« Cette ronde de négociations permettra de garder les paramédics d’expérience au sein de la profession, de leur offrir du soutien en santé mentale, et de s’assurer que la population reçoive les soins d’urgence dont elle a besoin. »

Plus tôt cette année, les membres du SCFP 2974 ont voté à l’unanimité en faveur du déclenchement d’une grève, si jugé nécessaire, une prise de position motivée par les problèmes persistants de recrutement et de rétention du personnel ainsi que par l’écart des salaires avec d’autres services ambulanciers et équipes comparables d’intervenant(e)s de première ligne. 

Les services médicaux d’urgence d’Essex-Windsor répondent à plus de 60 000 appels d’urgence chaque année, mais le service peine à avoir les effectifs nécessaires pour répondre à la demande croissante. Le résultat : une pression de plus en plus grande sur les paramédics et une augmentation des temps de réponse pour certaines des urgences les plus pressantes dans la communauté.

Les paramédics restent en moyenne seulement sept ans dans la profession, un chiffre qui reflète la lourdeur de la charge de travail. Parmi les membres du SCFP 2974 :

  • 25 % signalent être aux prises avec la dépression ou un état de stress post-traumatique;
  • 28 % souffrent d’insomnie.

« On fait face à un défi de taille, qui n’affecte pas seulement nos membres et leurs proches, mais chaque personne de la communauté qui fait appel à des soins médicaux d’urgence. C’est pourquoi on propose des améliorations raisonnables qui vont aider les paramédics à rester dans la profession et rendre les services ambulanciers viables », ajoute James Jovanovic.

Aujourd’hui, le ministère a déposé le rapport de non-conciliation, lançant un décompte de 17 jours au bout duquel chaque partie aura l’autorisation légale de décréter une grève ou un lock-out. Le SCFP 2974 souhaite que cette action motive le conseil principal et la direction à prendre la situation des paramédics en main lors de la reprise des négociations, le 5 août.

Plus tôt ce mois-ci, la Commission des relations de travail de l’Ontario a rendu sa décision sur les niveaux de services essentiels à maintenir en cas d’interruption. Les parties sont tenues d’intégrer la décision de la Commission à l’entente finale sur les services essentiels. Les termes de l’entente comprennent une diminution globale des services d’environ 20 %, et un maintien des services ambulanciers d’urgence considérés essentiels.

Selon James Jovanovic, cette diminution de services toucherait un certain nombre d’ambulances de première ligne et comprendrait la suspension des services paramédicaux communautaires et d’un certain nombre de véhicules de première intervention, ainsi qu’un retrait de la totalité du personnel au soutien et à la logistique.

« Si on a voulu devenir paramédic, c’est pour répondre aux urgences, pas pour faire du piquetage, plaide James Jovanovic. On a fait tout ce qui était raisonnablement possible pour ne pas en arriver là. Les membres de la communauté méritent un service d’ambulance qui s’appuie sur des paramédics d’expérience. Il est encore temps de prendre des mesures pour recruter et retenir ces paramédics, mais ça passe par des engagements concrets du Conseil et de la direction à la table de négociation. »

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