Selon un récent sondage réalisé par le Comité directeur du personnel scolaire du SCFP-Saskatchewan, le personnel de soutien scolaire de la province s’acquitte d’une grande variété d’actes médicaux dans les écoles, souvent sans formation adéquate, consignes claires et appui nécessaire.
Les résultats de ce sondage ont été communiqués aujourd’hui lors d’un événement médiatique qui s’est tenu devant l’édifice de l’Assemblée législative de la Saskatchewan. Le sondage, qui a été mené dans toute la province plus tôt cette année, cumule 980 réponses de membres du personnel de soutien scolaire réparti(e)s dans 19 divisions scolaires.
« Les résultats sont clairs : le rôle du personnel de soutien scolaire s’est considérablement élargi », affirme Karla Sastaunik, présidente du Comité directeur du personnel scolaire. « Chaque jour, les travailleuses et travailleurs fournissent maintenant des soins personnels et médicaux aux élèves, souvent sans avoir la formation ou le soutien requis pour faire leur travail de façon sécuritaire et confiante. »
Le personnel de soutien scolaire a dit exécuter une multitude de tâches : administration de médicaments, utilisation d’EpiPen, gavage, traitement de plaies, gestion de crises d’épilepsie… Même si elles incombent majoritairement aux assistant(e)s en éducation, ces responsabilités sont parfois transférées à d’autres postes, y compris au personnel administratif ou à celui des bibliothèques.
Beaucoup de répondant(e)s ont déclaré être à peine formé(e)s ou ne pas l’avoir été par des professionnel(le)s de la santé qualifié(e)s – des lacunes qui soulèvent de graves préoccupations.
Kent Peterson, président du SCFP-Saskatchewan, n’a pas mâché ses mots : « Ce n’est pas un hasard. Après toutes ces années de sous-financement passées sous la gouverne du Parti saskatchewanais, nos écoles sont au bout du rouleau et manquent de bras. C’est le personnel de soutien scolaire qui doit maintenant ramasser les pots cassés. »
Les résultats du sondage reflètent également des pressions croissantes dans les écoles, alors que les travailleuses et travailleurs signalent des tâches accrues, du soutien limité et de l’incertitude face aux politiques et aux protections en matière de responsabilité professionnelle.
« Le personnel de soutien scolaire s’engage à aider les élèves aux besoins complexes, mais ce n’est pas une raison pour le laisser s’acquitter seul de tâches médicales, continue Karla Sastaunik. En plus de stresser les travailleuses et travailleurs, cette situation soulève des inquiétudes quant à leur sécurité et celle des élèves. »
Au-delà des actes médicaux, les travailleuses et travailleurs doivent offrir des soins personnels complets (levage, alimentation, bain et hygiène), bien souvent sans être formés en santé et sécurité.
À partir de ces constats, le Comité directeur du personnel scolaire appelle le gouvernement provincial à faire ce qui suit :
- Créer un groupe de travail composé de travailleuses et travailleurs de l’éducation, de représentant(e)s de divisions scolaires et de professionnel(le)s de la santé pour établir des normes uniformes et sécuritaires.
- Garantir que les actes médicaux soient fournis par des professionnel(le)s dans les écoles.
- Veiller à ce que ces tâches soient toujours faites sur une base volontaire, en offrant toute la formation et le soutien nécessaires.
- Fournir une formation adéquate dispensée par des professionnel(le)s accrédité(e)s.
- Élaborer des politiques, des formations, des protections et des protocoles clairs pour les travailleuses et travailleurs.
« En ce moment, on demande au personnel de soutien scolaire d’en faire plus que jamais sans toutefois bénéficier de l’encadrement nécessaire pour que ce soit sécuritaire. C’est une situation insoutenable que le gouvernement doit régler sans tarder », termine Kent Peterson.
Les résultats du sondage sont accessibles ici.
Le Comité directeur du personnel scolaire du SCFP-Saskatchewan représente plus de 7 000 travailleuses et travailleurs de soutien scolaire de partout en Saskatchewan.