« Les patrons nous crient souvent après » : le personnel de la cafétéria de l’hôpital de Peterborough demande du respect, des salaires équitables et des conditions de travail sûres

Le SCFP 1943 sert du café « sans cruauté » dans le stationnement de l’hôpital pour sensibiliser les gens à leurs terribles conditions de travail

Pam Simpson* travaille à la succursale Tim Hortons du Centre régional de santé de Peterborough. Ces derniers temps, son stress au travail n’a fait que grimper. Piètre gestion, manque d’effectif chronique, attitude laxiste face aux règles de santé et sécurité : l’endroit est épuisant et chaotique. 

« Plus de deux fois sur trois, je ne peux pas prendre ma pause dîner à l’heure prévue, par manque de personnel, explique-t-elle. Souvent, je dois rester sur le plancher jusqu’à une heure de plus. Et les patrons m’ont déjà crié après devant la clientèle, quand j’ai demandé à prendre ma pause! »

Malgré tout, elle sert la clientèle au meilleur de ses capacités et apprécie souvent leurs échanges. Mais le climat de travail demeure intenable et il lui arrive même d’éclater en sanglots, quand la file d’attente s’allonge, que les client(e)s s’impatientent et que la gestion reste indifférente.

« On manque sans cesse de personnel. Il arrive que le personnel de l’hôpital et les visiteuses et visiteurs doivent attendre plus d’une demi-heure pour un simple bagel », se désole sa collègue Monica Parker*. 

Le rythme de travail effréné mène à des blessures, mais la gestion se contente de balayer les situations du revers de la main. Après s’être blessée à la tête, une employée s’est vue répondre que ça n’avait pas l’air si grave. 

Les démissions sont fréquentes, les employé(e)s arrivant rapidement à la conclusion que ça ne vaut pas la peine de travailler dans de telles conditions au salaire minimum (ou à peine plus – au plus 18,09 $). Le roulement de personnel est donc élevé et les travailleuses et travailleurs d’expérience doivent constamment combler. 

Par ailleurs, le climat toxique du milieu est marqué par le sexisme, le racisme et le classisme : la majorité des membres du personnel sont des femmes, plusieurs sont racisés ou des étudiant(e)s internationaux avec un statut d’immigration précaire – des conditions les rendant particulièrement vulnérables à l’exploitation. 

Le personnel est actuellement en négociation avec Compass Group, l’entreprise à but lucratif engagée par l’hôpital pour les services alimentaires de la cafétéria. 

Le SCFP 1943 demande une amélioration marquée des conditions, afin qu’elles se comparent à celles du personnel hospitalier, que le syndicat représente également. Le SCFP fait valoir que les emplois du Tim Hortons ne sont pas différents de ceux des services alimentaires du reste de l’hôpital. En effet, tout le monde était auparavant régi par la même convention collective, avant que le service de cafétéria soit sous-traité il y a plus de dix ans.

« Les travailleuses et travailleurs méritent un juste salaire », a soutenu Lisa Barker, présidente du SCFP 1943. « Mais ils et elles ont aussi droit au respect et à des conditions de travail décentes, exemptes de harcèlement et de discrimination. Et c’est à Compass et à l’hôpital de mettre fin à ces pratiques confinant à l’exploitation et de traiter correctement le personnel. »

Mercredi, le syndicat a servi du café « sans cruauté » dans le stationnement de l’hôpital tout en distribuant des feuillets pour sensibiliser les gens au sort des employé(e)s de la cafétéria et du Tim Hortons. 

Le syndicat se dit prêt à intensifier les moyens de pression et à faire ce qu’il faut pour que ces travailleuses et travailleurs soient traités convenablement. La balle est dans le camp de Compass, qui n’a en fait qu’à accepter la proposition du syndicat et à prendre les choses en main pour régler les problèmes de santé et de sécurité, entre autres. 

* Remarque : Les noms ont été modifiés pour protéger l’identité des personnes concernées.

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