Le jeudi 19 mars dernier, les travailleuses et travailleurs de la santé d’Oak Valley Health, avec l’appui du CSHO-SCFP et d’autres allié(e)s de la région du Grand Toronto et de Hamilton, ont adopté une posture ferme en se portant à la défense de leurs emplois et des services hospitaliers.
Dans les derniers mois, l’Hôpital de Markham-Stouffville a dû fonctionner à plus de 120 % de sa capacité en raison du manque de lits. Les corridors débordent de patient(e)s qui sont bien souvent en proie à des douleurs insupportables et qui, dans certains cas, doivent endurer des conséquences chroniques engendrées par un temps d’attente interminable.
Déjà au bout du rouleau à force de gérer le flux de patient(e)s et d’essayer d’offrir le meilleur service possible, les travailleuses et travailleurs de la santé implorent la direction de leur fournir plus de ressources. Malgré tout, dans la foulée des coupes budgétaires provinciales, l’hôpital a pris la décision de supprimer 65 emplois, majoritairement administratifs.
« C’est impensable qu’Oak Valley puisse éliminer des emplois alors que la plupart des services ont un besoin criant de personnel », s’indigne Lesley Sullivan, employée de bureau et présidente du SCFP 3651, qui représente près de 1 000 employé(e)s d’Oak Valley Health. « Ces coupes vont amplifier la crise de la main-d’œuvre et détérioreront encore plus la qualité des soins aux patient(e)s. »
Les compressions budgétaires à Oak Valley Health s’inscrivent dans une tendance généralisée qui frappe tout le secteur au nom de la politique d’austérité du gouvernement provincial; les hôpitaux sont collectivement confrontés à un déficit d’un milliard de dollars, ont fait remarquer les leaders du SCFP.
Le gouvernement Ford a décidé d’appliquer des compressions budgétaires de 10 % sur trois ans aux hôpitaux de l’Ontario, ce qui s’est soldé par une vague de suppression d’emplois partout dans la province, notamment à Ottawa, à Toronto, à North Bay et à Hamilton.
Marilen Barreda, infirmière auxiliaire autorisée et vice-présidente du SCFP 3651, explique que les employé(e)s de bureau jouent un rôle essentiel pour réguler le flux de patient(e)s, coordonner les soins, gérer les renseignements des patient(e)s et faire que les services fonctionnent avec efficacité. Selon elle, la suppression d’emplois administratifs réduira énormément la capacité de l’hôpital à servir un volume croissant de patient(e)s dans un système qui tourne déjà à plein régime.
Le syndicat attire l’attention sur les dernières données officielles, qui montrent que seuls 20 % des patient(e)s qui se présentent aux urgences de Markham-Stouffville sont admis(es) à l’intérieur du délai ciblé de huit heures. Le temps d’attente moyen est de 25,7 heures.
« Comment le gouvernement provincial peut-il trouver acceptable d’imposer des compressions budgétaires à un hôpital qui échoue à admettre 80 % des patient(e)s de l’urgence dans les temps? », se demande Michael Hurley, président du Conseil des syndicats d’hôpitaux de l’Ontario du SCFP. « Les conséquences seront terribles. Les gens de Markham et d’Uxbridge vont encore plus souffrir du temps d’attente trop long, des soins précipités, des erreurs évitables et de la détérioration globale des services. »