Le SCFP est consterné par la proposition de la chef du Parti vert fédéral, Elizabeth May, de confier à SNC-Lavalin, qui fait actuellement face à de graves accusations de fraude et de corruption, la construction des infrastructures d’eau des Premières Nations. La semaine dernière, Mme May a déclaré que si l’entreprise est reconnue coupable, le gouvernement fédéral pourrait, en guise de sanction, lui imposer la responsabilité de fournir de l’eau potable à toutes les réserves du pays.

« Pendant des décennies, les gouvernements libéraux et conservateurs ont fermé les yeux sur cette crise et laissé la situation s’aggraver », rappelle le président national du SCFP, Mark Hancock. « En proposant de laisser une compagnie comme SNC-Lavalin privatiser les infrastructures d’eau des Premières Nations, le Part vert ne se rend utile en rien. Comme solution à la crise de l’eau, c’est une insulte à l’autonomie des Autochtones et une farce de mauvais goût. Pourquoi punir les Premières Nations pour les crimes de SNC-Lavalin? »

C’est l’inverse de ce que les partis devraient proposer, dans l’esprit d’une relation respectueuse de nation à nation avec les peuples autochtones. Ce n’est pas une solution « novatrice » comme l’ont prétendu certains. C’est la même vieille politique du privilège qui tasse les véritables problèmes des gens pour donner des contrats généreux aux entreprises qui enfreignent la loi. La seule « innovation » dans cette proposition, c’est qu’elle est mise de l’avant par le Parti vert.

Depuis trop longtemps, beaucoup trop de communautés autochtones du Canada sont privées de ce que le reste de la population tient pour acquis : un accès constant à de l’eau potable. Cette crise mérite toute l’attention du gouvernement fédéral, pas d’autres expériences de privatisation. Les partis devraient tous demander au fédéral d’investir enfin dans cette infrastructure publique attendue depuis trop longtemps.