Stop PTPLe Canada et les dix autres pays membres du Partenariat transpacifique (PTP) ont conclu une entente. Or, le fait d’ajouter le mot « progressiste » au nom officiel du nouveau partenariat ne le rend pas progressiste pour autant. Après tout, les signataires de cet accord gigantesque n’ont pas réglé les graves problèmes soulevés par les experts et les citoyens ordinaires.

Le gouvernement prétend avoir réalisé des gains aux chapitres de la culture, des normes du travail et des normes environnementales, mais ces changements figurent seulement dans les remarques préliminaires et des accords parallèles. Ils ne font pas partie de l’accord comme tel. De plus, les détails sont tenus secrets.

Le gouvernement Trudeau n’a fourni aucun élément démontrant que cet accord profitera aux Canadiens. Les libéraux continuent d’agir en catimini, à l’insu des Canadiens qui voudraient bien connaître le contenu de ce vaste pacte d’investissement et de libre-échange.

Ce qu’on sait, c’est que le PTP menace les emplois, la culture et les services publics canadiens, et ce, même avec le retrait des États-Unis de l’accord. Les négociations de la nouvelle mouture du partenariat n’ont pas respecté les règles minimales de transparence. Enfin, la population canadienne s’y oppose massivement.

« Les résultats des consultations publiques étaient clairs : la population ne veut pas de ce mauvais accord commercial. Au lieu d’écouter les Canadiens, le premier ministre précipite les choses. Mais il n’est pas trop tard pour se retirer d’un accord qui menace nos emplois, notre culture et notre démocratie », a déclaré le président national du SCFP, Mark Hancock.

Le SCFP craint particulièrement pour la protection de la production culturelle canadienne et québécoise.

« Notre culture est la pierre d’assise de notre identité. Les négociateurs canadiens veulent nous faire croire que nous sommes protégés. Dans les faits, ils ont seulement conclu des lettres d’entente individuelles avec chacun des dix pays et on n’en connaît même pas le contenu. Ce n’est pas très rassurant », a souligné le secrétaire-trésorier national du SCFP, Charles Fleury.

Le PTP menace les services publics, dont le système de santé. Selon les experts, l’accord fera « obstacle aux efforts de renouvellement et d’élargissement des soins de santé publics », comme la création d’un régime national d’assurance-médicaments.

Le mécanisme de règlement des différends entre investisseurs et États membres du PTP demeure essentiellement le même, c’est-à-dire qu’il accorde aux multinationales étrangères le droit de contester les politiques publiques adoptées par un gouvernement élu démocratiquement.

Cet empressement à signer le PTP en pleine renégociation de l’ALÉNA affaiblit la position du Canada qui pourra plus difficilement demander l’inclusion d’éléments progressistes dans le texte de l’ALÉNA et des futurs accords commerciaux.

Selon les reportages, le Canada et les dix autres pays devraient signer la version finale du PTP en mars.

  • Consultez « What’s the big deal? », une page du site du Centre canadien de politiques alternatives qui regroupe des informations en anglais sur le PTP.