Dans le contexte des menaces politiques et économiques états-uniennes, la plupart des Canadiennes et Canadiens constatent deux choses : la souveraineté du Canada est non négociable, et les tarifs de Trump aggraveront la crise du logement partout au pays.
Les loyers ont monté en flèche, les taux d’inoccupation sont à leur plus bas et l’itinérance est plus répandue que jamais, mais la situation pourrait se détériorer encore plus. Les tarifs douaniers entraîneront pertes d’emploi, stagnation de salaires et augmentation du prix des biens de première nécessité. Un nombre croissant de gens pourraient ainsi se trouver en situation précaire, voire se retrouver à la rue.
Un grand investissement fédéral dans le logement social représenterait une double solution. Non seulement la construction de logements abordables répondrait à la crise du logement, mais elle stimulerait l’économie en créant de l’emploi et en accroissant le PIB à un moment critique.
Un tel investissement viendrait en aide aux secteurs touchés par les tarifs douaniers (acier, bois d’œuvre, etc.) en encourageant le recours aux matériaux locaux. De plus, la création d’emplois augmenterait la demande, contribuant à contrebalancer un éventuel ralentissement économique causé par des perturbations commerciales.
Selon un rapport commandé par l’Association canadienne d’habitation et de rénovation urbaine (ACHRU) et Housing Partnership Canada, amener le parc de logements sociaux du Canada au niveau de la moyenne de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) d’ici 2030 permettrait de stimuler l’économie à hauteur de 67 milliards de dollars. Le rapport, réalisé par Deloitte, a conclu que cet investissement dans le logement social stimulerait la productivité économique, l’augmentant de 5,7 % à 9,3 %, un boum nécessaire pour faire face aux tarifs douaniers états-uniens.
Construire davantage de logements sociaux réellement abordables pour les ménages à faible revenu
Cet investissement aiderait à remédier au sérieux manque de logements sociaux au pays.
En matière de financement du logement social (public, coopératif et sans but lucratif), le Canada fait pâle figure comparativement à la plupart des pays industrialisés. Seulement 4 % des logements du pays sont hors marché, ce qui est bien en deçà de la moyenne de 7 % de l’OCDE (en anglais seulement).
Le Canada peut faire beaucoup mieux. Aux Pays-Bas, la proportion de logements sociaux est de plus de 30 %; au Royaume-Uni, elle représente plus de 15 % de l’offre locative.
L’OCDE considère le logement social comme « un élément essentiel des politiques de logement d’hier et de demain ». Le logement social est un mécanisme primordial qui permet de garantir qu’une partie des logements locatifs ont des loyers très abordables. Les ménages à faible et très faible revenu peuvent ainsi se permettre de vivre dans un endroit sûr, et les locataires sont protégés contre les évictions illégales.
En construisant davantage de logements sociaux, le gouvernement fédéral prouverait l’engagement qu’il a pris envers le droit au logement dans la Loi sur la stratégie nationale sur le logement. Jusqu’ici, malgré des milliards de dollars dépensés, la stratégie a échoué à fournir à la population des logements locatifs abordables.
La majorité de ces fonds est allée à des développeurs privés à but lucratif, qui construisent des logements hors de portée pour les locataires à revenu faible ou modéré. Pendant ce temps, dans la plupart des collectivités canadiennes, des entreprises achètent des immeubles locatifs pour les revendre à gros prix, ce qui perturbe gravement le marché pour les locataires.
L’échec de l’abordabilité du logement
Depuis 2019, le loyer moyen a augmenté de 25,3 % au Canada. En 2023, il était de 1 314 $ par mois dans l’ensemble du pays, la moyenne la plus élevée étant celle de la Colombie-Britannique (1 655 $).
Le gouvernement fédéral a eu huit ans pour faire progresser le droit au logement et prouver qu’il tient à « l’amélioration des résultats en matière de logement pour les personnes qui ont les plus grands besoins ». Les actions sont plus éloquentes que les mots.
Malgré sa promesse de « répondre aux besoins de logement des populations les plus vulnérables », le Canada n’a pas réussi à augmenter l’offre de logements pour ceux et celles qui en ont le plus besoin.
Le gouvernement du Canada doit s’engager à construire, au cours des dix prochaines années, un minimum de 500 000 logements sociaux pour les ménages à faible revenu et les personnes qui sortent de l’itinérance. Il doit veiller à ce que les terrains publics voués à la construction de logements demeurent entre les mains du secteur public et des organisations à but non lucratif, afin de créer des logements hors marché dont les loyers seront fixés à un maximum de 30 % des revenus d’un ménage (25 % au Québec).
À l’approche des élections fédérales, nous devons nous demander : qui sont les dirigeantes et dirigeants prêts à agir avec audace pour assurer des logements abordables à la population et consolider l’avenir de notre économie? Avec les tarifs douaniers en vigueur, il est temps plus que jamais d’investir dans le logement social. Nous avons les moyens de créer de l’emploi, de soutenir nos industries locales et de construire des logements abordables : c’est ainsi que nous bâtirons un pays égalitaire et résilient.
Written by:In the face of political and economic threats from the United States, most Canadians agree on two things: Canada’s sovereignty is non-negotiable, and Canada’s housing crisis will worsen with Trump’s tariffs in effect.
Rents have skyrocketed, vacancy rates are at an all-time low, and homelessness is higher than ever. Job losses, wage stagnation, and increased costs for household goods associated with tariffs could throw an increasing number of people into housing insecurity and homelessness.
Strong federal investment in social housing offers a dual solution. It will not only address the housing crisis by giving people access to affordable housing. It will also act as an economic stimulus by creating good jobs and boosting the GDP at a critical time.
It prioritizes industries affected by tariffs—such as steel and lumber—by using local materials in housing construction. The creation of good jobs will also add to demand, helping to counteract a potential economic downturn caused by trade disruptions.
Bringing Canada’s social housing stock to the Organization for Economic Co-operation and Development (OECD) average by 2030 would create an economic boost of $67 billion, according to a report commissioned by the Canada Housing and Renewal Association and the Housing Partnership Canada. The Deloitte report found that these investments in social housing would boost economic productivity by 5.7 per cent to 9.3 per cent—a needed boon when our economy is facing U.S. tariffs.
Build more social housing that is truly affordable to low-income households
This investment would help move the needle on Canada’s insufficient supply of social housing.
Canada’s investment in social housing—public, co-operative and non-profit—is paltry compared to most industrialized countries. Only four per cent of Canada’s housing stock is dedicated to non-market, including social housing. This falls far below the seven per cent OECD average of social housing stock.
Compare this with the Netherlands, where over 30 per cent of the housing stock is social housing, and the UK, where it constitutes over 15 per cent of the rental supply. Canada can do much better.
Social housing is recognized by the OECD as a “key part of past and future housing policy.” Social housing is a crucial mechanism to ensure a portion of rental units have deeply affordable rents. This ensures low- and very-low-income households can afford somewhere safe to live, and protects tenants from illegal evictions.
Building social housing would help the federal government achieve its commitment to the human right to housing, as outlined in the National Housing Strategy Act. Despite billions of dollars spent, the strategy has failed to result in homes people can afford to rent.
The bulk of funding has gone to private, for-profit developers who are building housing that is out of reach for low- and moderate-income renters. This is happening while rental properties in most Canadian communities are being bought up and flipped as financial assets by corporate landlords, causing chaos for renters.
A failure of housing affordability
Since 2019, average rents have increased by 25.3 per cent. In 2023, the average rent in Canada was $1,314 per month, with the highest rent in British Columbia at an average of $1,655.
The federal government has had eight years to demonstrate progress on the right to housing and the commitment to “improve housing outcomes for those in greatest need.” Actions speak louder than words.
Despite the promise that the “primary focus will be on meeting the needs of vulnerable populations”, Canada has failed to increase the supply of housing for those in most dire need.
The Government of Canada must commit to develop a minimum of 500,000 social housing units in the next 10 years for low-income households and those exiting homelessness. It must ensure that public lands identified for housing development remain in public and non-profit hands, to create non-market housing with maximum rents set at 30 per cent of a household’s income (25 per cent in Quebec).
With a federal election looming, we must ask: which political leaders are willing to take bold steps to secure affordable housing for Canadians and strengthen our economy for the future? With U.S. tariffs in effect, now is the time to invest in social housing. We can create good jobs, support our domestic industry and build affordable homes to form a more equitable and resilient country.