Le jour même où des centaines d’employé(e)s d’Algoma Steel effectuaient leur dernière journée de travail, le conseil municipal de Sault Ste. Marie a pris position en faveur des travailleuses et travailleurs syndiqués et des services publics de la ville en rejetant une motion visant à privatiser les services municipaux de collecte des déchets.

« Ce n’est pas qu’une question de budget. La sécurité publique, la reddition de compte et le gagne-pain des familles de la région sont également en jeu », a exprimé Mark Harrington, président du SCFP 3, devant le conseil municipal, avant le vote. « Le personnel de la ville gère la décharge depuis des décennies avec compétence et dévouement. On connaît le site, le système et la communauté. »

La décision du conseil municipal de ne pas aller de l’avant avec l’appel d’offres envoie un message clair : en cette période d’incertitude économique, il est important de protéger les emplois syndiqués stables et bien rémunérés. Face aux licenciements d’Algoma Steel qui se répercutent sur la communauté, le conseil municipal révèle par ce geste combien il est important de préserver les emplois qui font vivre les familles et soutiennent l’économie locale.

La motion en faveur de la privatisation a été rejetée par 7 voix contre 4. Les conseillers Marchy Bruni, Luke Dufour et Ron Zagordo, de même que le maire Shoemaker se sont prononcés en faveur de l’appel d’offres. Sandra Hollingsworth, Sonny Spina, Lisa Vezeau-Allen, Angela Caputo, Stephan Kinach, Corey Gardi et Matthew Scott ont voté contre après avoir soulevé de nombreuses préoccupations concernant les risques pour la surveillance publique, la protection de l’environnement et la qualité des services.

La conseillère Sandra Hollingsworth, qui avait appuyé la motion initiale, a souligné l’impact de la visite de Mark Harrington :

« Merci, Monsieur Harrington, d’être venu ce soir, a-t-elle dit. Votre intervention soulève des points vraiment importants, surtout après les nombreux licenciements à Algoma Steel aujourd’hui. »

Le projet d’appel d’offres faisait suite à l’offre spontanée de Green For Life (GFL) de prendre en charge la gestion des déchets. Durant les discussions, les membres du conseil municipal ont évoqué le bilan environnemental de GFL et ont exprimé leurs inquiétudes en matière de reddition de comptes du secteur privé.

« En deux ans à Stony Creek, GFL a fait l’objet de 10 plaintes provinciales en vertu de la loi sur la protection de l’environnement », a souligné le conseiller Matthew Scott. « À l’heure actuelle, on a notre mot à dire, on connaît nos responsabilités, on sait que notre personnel veille au grain. Si la gestion sort de nos mains, on n’a plus aucun levier. C’est ma plus grande crainte. La municipalité ne devrait pas céder là-dessus, à mon avis. »

Le conseiller municipal Sonny Spina a fait valoir l’expérience irremplaçable des employé(e)s municipaux : « Les gens qui travaillent sur place connaissent les systèmes, le site, la communauté et les rouages institutionnels indispensables au bon fonctionnement des installations, maintenant et pour l’avenir. Je ne pense pas qu’il soit dans l’intérêt de Sault Ste. Marie de privatiser ces activités. »

Le SCFP 3 a également indiqué qu’il n’y avait eu aucune consultation publique sérieuse sur une décision pourtant lourde de conséquences pour la santé publique, la sécurité environnementale et la prestation des services, opinion partagée par plusieurs membres du conseil municipal.

À l’issue du vote, Mark Harrington a signifié que cela montrait bien quelles étaient les priorités communautaires.

« Voilà qui reflète les valeurs de notre communauté. On ne doit pas sacrifier la reddition de comptes locale et de bons emplois au profit d’économies à court terme. Je suis fier de la décision prise par notre conseil municipal. »