Screen capture: Nan McFadgen speaking via video conference to the NS Standing Committee on Health.Hier, la présidente du SCFP-Nouvelle-Écosse, Nan McFadgen, a témoigné devant le Comité permanent de la santé de l’Assemblée législative par vidéoconférence. Elle a parlé des répercussions des pénuries de personnel dans les soins de longue durée et a répondu aux questions des membres du comité. Regardez la réunion du comité sur YouTube au youtu.be/NbL19wYSeIU.

Je m’appelle Nan McFadgen et je suis présidente du SCFP-Nouvelle-Écosse. Je suis heureuse de pouvoir représenter, ici, plus de 19 000 membres du SCFP, dont 4 700 qui travaillent dans les soins de longue durée.

Je remercie le comité de se pencher sur le problème de la pénurie de personnel et de m’avoir invité à prendre la parole.

Je vous transmets un message simple et clair des PSC [préposé(e)s en soins continus], des aides en diététique, des préposé(e)s à l’entretien ménager, bref de toute la gamme des travailleuses et travailleurs œuvrant dans les soins de longue durée : « Nous sommes surmenés et sous-rémunérés. »

Peut-être pensez-vous que le surmenage et la sous-rémunération sont deux problèmes distincts ?

Les travailleuses et travailleurs des soins de longue durée veulent que vous sachiez qu’ils sont intimement liés.

Si nous sommes surmenés, c’est en partie parce qu’il n’y a pas assez de gens pour pourvoir les postes vacants. Nous souffrons de surmenage lorsque nous ne pouvons pas prendre de vacances, que nous sommes obligés de faire des heures supplémentaires ou de travailler à effectif réduit parce que la main-d’œuvre a été grugée par les accidents, les départs à la retraite et les démissions.

Pourquoi n’y a-t-il pas assez de gens pour pourvoir les postes vacants ? C’est simple : à cause du salaire.

Les gens savent que le travail en soins est dur et le salaire, bas. Et, malheureusement, en Nouvelle-Écosse, plus on travaille longtemps dans les soins de longue durée, moins on peut s’attendre à gagner.

Vous avez bien entendu. Si l’on tient compte de l’inflation, nos membres ont vu leur salaire net réel diminuer chaque année depuis huit ans.

Le bas salaire a conduit de nombreux travailleurs et travailleuses expérimentées à quitter les soins de longue durée. Les jeunes peuvent trouver des options mieux rémunérées, à l’intérieur ou à l’extérieur de la province, qui offrent aussi un meilleur équilibre travail-famille.

Résultat : il n’y a pas assez de travailleuses et de travailleurs disponibles au salaire actuel.

Et… restez bien assis… cela amplifie le surmenage et l’exode de la main-d’œuvre dans le secteur. Et la roue tourne.

Je pense que nous connaissons tous la solution au problème de dotation en personnel dans les établissements de soins de longue durée : augmenter le salaire et embaucher plus de personnel.

Ce qu’on ne sait pas encore, c’est si ce gouvernement prendra les mesures nécessaires pour résoudre ce problème.

Cela nécessite d’augmenter la rémunération pour conserver le personnel existant et attirer de la main-d’œuvre, mais aussi de faire de gros investissements dans de nouveaux postes.

Dans le temps qui me reste, je souhaiterais aborder la question précise de l’augmentation de la dotation dans les soins de longue durée.

S’il y a un deuxième message que mes membres veulent que je livre aujourd’hui, c’est celui-ci : « Donnez-nous le temps pour soigner. »

Ce que nous entendons par « avoir le temps pour soigner », c’est qu’il faut imposer, par la loi, aux établissements de soins de longue durée une norme de 4,1 heures de soins directs par résident par jour.

Cela fait vingt ans que le SCFP a négocié la dernière norme de soins. Depuis, celle-ci est restée bloquée à 2,45 heures.

Il y a vingt ans, certains de nos résidentes et résidents conduisaient leur voiture pour se rendre à la maison de retraite. Aujourd’hui, ils arrivent en ambulance plus souvent qu’autrement. L’acuité des soins a augmenté, sans que suive le temps consacré aux soins.

Que verrions-nous si le gouvernement finançait et imposait un niveau de dotation à 4,1 heures de soins par résident et par jour ?

  • Du personnel qui n’est pas épuisé et blessé par sa charge de travail.
  • Du personnel qui peut se déclarer malade sans condamner les collègues à travailler en effectif réduit.
  • Et des gens qui peuvent retrouver la joie qui les a d’abord attirés vers la profession, celle de s’occuper d’une personne dans le besoin.

Ces problèmes sont à l’origine de l’épuisement professionnel de la main-d’œuvre dans les soins de longue durée et de l’abandon d’un emploi qu’on aimait au départ. Au cours des vingt ans où j’ai pratiqué mon métier d’infirmière auxiliaire en soins de longue durée, j’ai vu ces problèmes s’aggraver, et des centaines de travailleuses et de travailleurs m’en ont parlé.

En janvier 2020, les PSC membres du SCFP œuvrant dans une maison de retraite dans le comté de Pictou ont participé à une expérience pour voir à quoi ressemblerait une norme de 4,1 heures de soins par résident. Nos membres sont venus travailler bénévolement pendant leurs jours de congé pour hausser la norme actuellement financée de 2,45 heures de soins par résident par jour à 4,1 heures.

Les effets étaient incroyables. Le personnel a eu le temps de discuter avec les gens, de friser les cheveux de résidentes. Il n’y a eu aucune chute pendant l’expérience ni aucun incident comportemental.

Plus révélateur encore, nos membres nous ont dit que même cette courte période pendant laquelle ils ont eu le temps pour soigner a ravivé leur amour de leur profession.

Investir dans une meilleure dotation en personnel permettrait d’offrir à nos personnes âgées les soins de qualité qu’elles méritent.

Pour conclure, je n’ai même pas encore prononcé le mot pandémie. Les deux dernières années ont été extrêmement difficiles pour tout le monde, et en particulier pour la clientèle et le personnel des soins de longue durée.

On a beaucoup parlé de l’importance du travail de nos membres.

En ce moment, le SCFP négocie pour ses membres du secteur des soins de longue durée. Les deux points dont j’ai parlé aujourd’hui — le niveau de dotation et la rémunération — peuvent se régler à la table des négociations. Il reste à voir si on reconnaîtra l’importance du personnel des soins de longue durée et des soins cruciaux qu’ils prodiguent autrement que par des mots élogieux.

Merci.