SURVOL
Au Canada, le secteur de la production, du transport et de la distribution d’électricité emploie directement plus de 110 000 personnes.
Le SCFP représente près de 40 000 travailleuses et travailleurs dans le secteur de l’énergie en Alberta, en Ontario, au Manitoba et au Québec. Ces membres exercent des métiers spécialisés, s’occupent de la maintenance, du service à la clientèle, de la comptabilité, du soutien administratif, de la facturation et de la tenue de dossiers, des communications et de la conception de plans, ou encore travaillent dans le sous-secteur de l’énergie atomique, dans des centres d’appels et comme programmeuses et programmeurs-analystes, technologues, monteuses et monteurs de ligne, technicien(ne)s et commis de bureau.
La majorité de nos membres travaillent pour des entreprises publiques et privées de production, de distribution et de transport de l’électricité.
Les membres du SCFP dans le secteur de l’énergie se répartissent comme suit :
- 600 en Alberta
- 20 000 en Ontario, majoritairement au sein des unités du Power Workers’ Union (SCFP 1000)
- 800 au Manitoba
- 17 000 au Québec, majoritairement au sein des sections locales du SCFP à Hydro-Québec
ENJEUX
Hausse de la demande en électricité
La demande en électricité est en hausse au Canada comme ailleurs. Selon les scénarios de projection actuels du Canada, la demande devrait croître de 26 à 85 % entre 2023 et 2050. Les deux principaux facteurs expliquant cette croissance sont la hausse de la demande pour les véhicules électriques et les centres de données. L’intelligence artificielle (IA) étant une priorité pour les gouvernements et les employeurs, il faut bâtir de nouveaux centres de données pour héberger l’équipement faisant fonctionner cette technologie. Ces centres sont très énergivores. En 2025, ils ont consommé 485 térawattheures à l’échelle planétaire, et cette consommation pourrait atteindre 950 térawattheures d’ici 2030. Le secteur de l’énergie est lui aussi touché par la montée de l’IA, qui présente d’importants risques pour les travailleuses et travailleurs, notamment quant à leur sécurité d’emploi, à la surveillance, à la gestion algorithmique, aux biais et à la discrimination.
L’autre facteur qui stimule l’électrification est la course vers l’énergie propre. Les sources d’énergie qui produisent de l’électricité propre, comme l’hydroélectricité, émettent moins de gaz à effet de serre (GES). L’augmentation des émissions de GES est la principale cause des changements climatiques. Les combustibles fossiles émettent une énorme quantité de GES et constituent encore la plus grande part du portefeuille énergétique canadien. Les guerres et les changements climatiques ont fait monter le prix du pétrole et du gaz. Cette hausse a incité les gouvernements, les sociétés d’État et les entreprises privées à investir dans l’énergie hydraulique, nucléaire, solaire et éolienne, et d’autres énergies renouvelables, pour répondre à la demande croissante en électricité. Le gouvernement Carney a été clair : bien qu’il veuille diversifier et agrandir le portefeuille énergétique, il continuera aussi d’investir dans le pétrole et le gaz.
Lois et politiques gouvernementales
En cette période de transformation, le gouvernement fédéral travaille à l’élaboration de deux stratégies qui auront de nombreuses répercussions sur le secteur de l’énergie.
Dans son document de travail intitulé Propulser un Canada fort : Une stratégie nationale pour une économie canadienne électrifiée, le gouvernement fédéral a annoncé une future stratégie sur l’énergie nucléaire.
Il est encourageant de constater que, dans son document de travail, le gouvernement fédéral fait du déploiement d’un réseau électrique est-ouest une priorité. Ce projet créera des emplois et favorisera grandement l’indépendance énergétique du Canada. Toutefois, le gouvernement fédéral ne précise pas comment les provinces devraient collaborer pour établir des interconnexions interprovinciales et ne privilégiera pas le financement public des projets énergétiques.
Il s’éloigne également des exigences en matière d’électricité propre prévues dans le Règlement sur l’électricité propre pour le financement des projets, ce qui permettra à davantage de projets liés aux combustibles fossiles de bénéficier de fonds publics.
Ces stratégies initiales témoignent aussi de l’appui fédéral aux projets nucléaires, mais fournissent peu de détails sur le développement et le maintien en poste de l’effectif du secteur nucléaire ainsi que sur l’élimination des déchets nucléaires. De plus, toute stratégie nucléaire devrait favoriser l’utilisation de technologies entièrement canadiennes, comme les réacteurs CANDU, mais, actuellement, les gouvernements provinciaux et fédéral investissent plutôt dans les petits réacteurs modulaires. Ces derniers n’ont cependant pas encore été mis à l’essai et sont conçus par des entreprises privées des États-Unis qui, du coup, bénéficient de fonds publics canadiens.
Privatisation
Partout au Canada, des subventions publiques versées à des investisseurs privés ont permis de développer la production d’énergie éolienne, solaire et nucléaire. Ces investissements ont fait augmenter la part du privé dans le marché de la production d’électricité.
Des provinces ont par ailleurs fait la promotion de projets solaires, éoliens, nucléaires et marémoteurs privés. Or, cette approche entrave la gestion centralisée de la production d’électricité publique. Elle crée des inefficacités au chapitre de la production et de la distribution d’électricité, ce qui entraîne des augmentations inutiles des coûts et des tarifs.
Selon le SCFP, les emplois dans les énergies vertes devraient relever du secteur public afin d’assurer un avenir énergétique juste, efficace et démocratique. Pour répondre aux besoins de la population canadienne, les différents ordres de gouvernement doivent investir dans la production, la distribution et le transport d’électricité, assurer la gestion du secteur et le réglementer.
NÉGOCIATIONS
Hydro-Québec
Deux sections locales d’Hydro-Québec, soit le SCFP 957 (technologues) et le SCFP 1500 (métiers), sont actuellement en grève avec maintien des services essentiels. Les travailleuses et travailleurs de ces sections locales demandent une rémunération équitable et une restriction de la sous-traitance. Le SCFP 2000, qui représente les employé(e)s de techniques professionnelles et de bureau, ainsi que le SCFP 4250, qui représente des spécialistes et des professionnel(le)s, ont récemment ratifié leurs conventions collectives. Ils ont tous deux obtenu des augmentations salariales totalisant 19 % sur 5 ans, de même qu’une plus grande souplesse entourant le travail à distance et en présentiel.
Manitoba Hydro
Le SCFP 998, qui représente des technicien(ne)s et des employé(e)s de bureau de Manitoba Hydro, a ratifié sa convention collective à l’automne 2025. Il a obtenu des augmentations salariales totalisant 9,5 % sur 3 ans, ainsi que des augmentations supplémentaires pour les personnes les moins bien rémunérées et celles ayant de nombreuses années de service.
CAMPAGNES
Nos sections locales mènent présentement des campagnes sur la santé et la sécurité au travail, contre la privatisation et pour le financement d’une transition équitable et durable vers une économie à faibles émissions de carbone. Le SCFP mène aussi des campagnes de syndicalisation dans le secteur et pousse les gouvernements à adopter des plans de relève misant sur la formation et le recrutement.
Le SCFP travaille avec ses alliés au Canada et partout dans le monde pour veiller à ce que l’électricité reste publique et promouvoir l’énergie propre. Nos campagnes internationales portent sur la défense de la propriété publique du secteur énergétique, la lutte contre les changements climatiques et l’élargissement de la coordination nationale et internationale des politiques en matière d’énergie.