Danielle Savoie | Service des communications du SCFP

Les membres de la section locale 4893 sont au service de la Ville de Kensington, à l’Île-du-Prince-Édouard. Avant la période des Fêtes, ils ont reçu un cadeau dont ils se seraient bien passé : le conseil municipal les a mis en lock-out.

« Ce lock-out a causé tout un choc à la section locale », a lancé Stacey Delaney, conseillère syndicale au SCFP.

La convention collective de la section locale était échue depuis avril 2013. Les cinq jours de négociations au mois de mai n’avaient donné aucun résultat. En octobre, après trois jours de conciliation, le dossier a été renvoyé à un conseil d’arbitrage. « Tous les enjeux non réglés pour ce groupe d’employés avaient trait à la justice et à l’équité, comme la rémunération des périodes où les policiers à temps partiel doivent être disponibles en cas d’appel, les salaires et la durée de la convention collective », a précisé Stacey Delaney.

Plutôt que de revenir à la table de négociations et de tenter de régler ces questions, la Ville a décrété un lock-out trois semaines avant Noël.

Dans une province où la plupart des employés du secteur public n’ont pas le droit de grève, les lock-out sont rares. La situation a été particulièrement pénible pour les douze membres de la section locale 4893 puisqu’ils se sont retrouvés divisés. Pendant que les six techniciens, employés des travaux publics et concierges arpentaient la ligne de piquetage, les six autres membres, des policiers, devaient travailler, car les services de police sont jugés essentiels.

Le lock-out a provoqué une vague d’appui populaire en faveur des syndiqués. « Nous avons reçu un soutien moral et financier exceptionnel de la part de la population. D’autres sections locales du SCFP, des syndicats et des orga­nisations locales ont fait de même », s’est réjouie Mme Delaney.

Mais le lock-out a rapidement tourné au bras de fer lorsque le directeur de la Ville a soutenu devant les médias que le lock-out prendrait fin « soit quand le SCFP acceptera notre proposition, soit quand le conseil pliera devant le SCFP, et je ne crois pas que le conseil pliera ».

La section locale a quand même tenu bon et, après sept jours de piquetage, les parties en sont arrivées à une entente. « Nous avons signé une convention collective sans faire de concessions et nous avons réussi à négocier une rémunération de disponibilité pour nos membres. Finalement, c’est le conseil municipal qui est revenu à la table pour négocier », a souligné Stacey Delaney.