Vote de grève pour les superviseur(e)s de la CTT, qui négocient leur première convention collective

Les superviseur(e)s de station de la Commission de transport de Toronto (CTT), représenté(e)s par le SCFP 5585, ont voté massivement en faveur d’une grève la semaine dernière, alors que les négociations pour leur première convention collective sont au point mort.

La violence et les perturbations au sein de la CTT ont augmenté ces dernières années, et les superviseur(e)s de station sont de plus en plus souvent appelé(e)s à intervenir en cas d’urgence ou d’incidents qui mettent en jeu la sécurité ou les usagères et usagers. Ces travailleuses et travailleurs ont joint le SCFP en 2025, après de longues années à tenter de faire entendre leurs préoccupations à l’égard de l’effectif et de la sécurité au travail. Plus d’un an plus tard, les négociations en vue d’une première convention collective n’ont toujours pas abouti, et la CTT cherche encore à obtenir des concessions des travailleuses et travailleurs. Sur les 115 membres, 88 ont pris part au vote, et 97 % se sont prononcé(e)s en faveur d’une grève.

« Il s’agit d’un mandat de grève exceptionnellement fort, surtout pour une toute première ronde de négociations. Les membres ont clairement exprimé leurs besoins lorsqu’on les a mobilisé(e)s autour de la sécurité au travail. On réaffirme encore une fois notre position avec ce vote de grève », conclut Maher Abbod, président par intérim du SCFP 5585 et superviseur de station depuis 13 ans. « Aucune convention qui représente un pas en arrière ne sera acceptée. »

La direction de la CTT tente d’imposer une convention collective qui rendrait les emplois plus éprouvants et moins sécuritaires, sans tenir compte des préoccupations du personnel en matière de sécurité. Plus précisément, la CTT cherche à instaurer des quarts de travail fractionnés qui perturberaient considérablement la conciliation travail-vie personnelle des membres, à réduire les prestations de congés de maladie, à supprimer ou à geler les primes de poste, et à imposer des dispositions relatives à l’invalidité de courte et de longue durée moins avantageuses que celles dont bénéficient les autres salarié(e)s syndiqué(e)s de la CTT.

Les superviseur(e)s de station sont chargé(e)s d’assurer la sécurité et le bon fonctionnement des stations de métro. Leurs tâches consistent notamment à superviser le personnel de station, à effectuer les inspections quotidiennes de sécurité et de prévention des incendies, à relever et à documenter les anomalies, à gérer les incidents survenant dans les trains et les stations et à mener les enquêtes correspondantes, ainsi qu’à limiter au maximum les perturbations du service. La réalité de ce poste a toutefois évolué vers la gestion de plus en plus fréquente d’incidents liés à la sécurité, d’urgences et d’enjeux connexes, faisant des superviseur(e)s de station un maillon essentiel en première ligne pour assurer la sécurité et la continuité des services de la CTT. Leur présence dans les stations et à bord des trains est indispensable pour observer et signaler les incidents dès qu’ils se produisent. Ce sont les « yeux » du réseau qui repèrent et signalent rapidement les problèmes de sécurité. 

« Quand les superviseur(e)s de station ont le soutien, les effectifs et la protection dont ils ont besoin, ils et elles peuvent réagir plus rapidement aux situations d’urgence, mieux soutenir le personnel de première ligne et ainsi assurer le fonctionnement sécuritaire et efficace du réseau de transport en commun de Toronto », fait valoir Peter Nasevski, secrétaire-trésorier du SCFP 5585, et employé de la CTT depuis 27 ans, dont 24 ans en tant que superviseur de station. 

« La direction de la CTT refuse de reconnaître à quel point cet emploi a évolué, et ce qu’est devenue la réalité de notre quotidien, dénonce Maher Abbod. On connaît notre travail. On sait ce qu’il faut mettre en place pour assurer la sécurité des stations et le bon fonctionnement des transports à Toronto. On mérite des horaires prévisibles, un soutien concret sur le lieu de travail, des congés de maladie adéquats et une rémunération équitable. »

Le SCFP 5585, toujours désireux de négocier une première convention collective équitable, a offert de retourner à la table de négociation le 11 août. Le syndicat attend la réponse de la direction de la CTT et compte sur la poursuite de négociations constructives pour éviter toute perturbation du service de transport en commun.

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