Le SCFP 5569 condamne la suppression d’emplois qu’a annoncée le Conseil scolaire catholique de Sudbury malgré la hausse du financement et des inscriptions

Le SCFP 5569 et le Conseil des syndicats des conseils scolaires de l’Ontario (CSCSO) condamnent fermement le Conseil scolaire catholique de Sudbury pour sa décision de supprimer des postes au moment même où on prévoit une augmentation des inscriptions et du financement provincial pour l’année scolaire 2026-2027. 

Le conseil scolaire a récemment informé le SCFP 5569 que deux postes d’orthophonistes et deux postes de bibliotechnicien(ne)s seront supprimés pour la prochaine année scolaire. Il a également annoncé la restructuration de deux postes permanents à temps plein d’éducatrices et éducateurs de la petite enfance, qui deviendront des postes occasionnels.   

Le SCFP 5569 représente plus de 350 travailleuses et travailleurs de l’éducation au sein du Conseil scolaire catholique de Sudbury, dont des éducatrices et éducateurs de la petite enfance, des aides-enseignant(e)s, du personnel administratif, des bibliotechnicien(ne)s, des travailleuses et travailleurs sociaux, ainsi que d’autres membres du personnel de soutien de première ligne qui contribuent chaque jour à rendre les écoles sûres, inclusives et fonctionnelles. 

« L’incertitude liée à ces coupes apporte un stress énorme à nos membres », s’indigne Corry Allair, présidente du SCFP 5569. « On ne supprime pas un emploi comme on supprime une ligne budgétaire : l’impact ne disparaît pas comme ça. Les tâches existent toujours, mais doivent être assumées par moins de personnel. À long terme, ça veut dire une hausse de la charge de travail, une baisse de la qualité des services, et encore moins de soutien offert aux élèves. » 

Cette suppression d’emplois survient malgré la hausse du financement provincial prévue pour le Conseil scolaire catholique de Sudbury. En effet, on prévoit une hausse de près de 4 % du financement de base alloué à ce conseil scolaire, soit environ 4,46 millions de dollars. Le fonds pour les ressources pédagogiques devrait quant à lui augmenter de près de 10 %, pour atteindre 1,86 million de dollars, tandis que le financement consacré au personnel dans les salles de classe devrait augmenter de 938 580 $.

Parallèlement, selon les prévisions provinciales, le conseil scolaire accueillera 184 élèves supplémentaires, ce qui représente une hausse de 2,7 % des inscriptions. 

« On ne se questionne pas sur l’existence ou non d’un financement, mais sur la manière dont les fonds disponibles sont répartis à l’échelle locale, précise Corry Allair. Pourquoi coupe-t-on dans le personnel quand les budgets et le nombre d’élèves augmentent? Nos membres ne sont pas qu’une ligne de données dans Excel : ils et elles sont le filet de sécurité de première ligne pour nos enfants. Supprimer des postes d’orthophonistes et de bibliotechnicien(ne)s nuira directement à l’alphabétisation précoce et au développement de la petite enfance. En agissant de la sorte, on dit aux parents que leurs enfants devront attendre plus longtemps pour obtenir de l’aide, ou qu’ils et elles pourraient même ne jamais en recevoir. La communauté a le droit de savoir pourquoi un conseil scolaire, après avoir reçu des millions de dollars en nouveau financement, choisit d’offrir moins – et non plus – de soutien aux élèves. » 

Le CSCSO estime que ce cas illustre la crise générale qui touche le système d’éducation public de l’Ontario, où les conseils scolaires sont contraints de prendre des décisions difficiles en matière de personnel malgré les besoins croissants des élèves. 

« Ce qu’on observe au sein du Conseil scolaire catholique de Sudbury, on le voit aussi ailleurs en Ontario », dénonce Joe Tigani, président du CSCSO. « Les travailleuses et travailleurs de l’éducation sont l’épine dorsale de nos écoles. On parle ici de personnes qui soutiennent les élèves ayant des besoins particuliers, qui assurent la sécurité des écoles et qui veillent au bon fonctionnement des établissements au quotidien. Supprimer ces emplois aura des répercussions pour les élèves et les familles. » 

Le SCFP 5569 et le CSCSO demandent au conseil scolaire de revenir sur sa décision et d’accorder la priorité aux services de première ligne qui viennent directement en aide aux élèves. 

« Les élèves méritent qu’on les appuie dans leur réussite, et pour ça, il faut investir dans les travailleuses et travailleurs qui leur apportent ce soutien au quotidien, affirme Joe Tigani. Le CSCSO soutient les membres du SCFP 5569 dans leur quête d’une éducation publique de qualité, d’emplois décents et de services sur lesquels peuvent compter les élèves. »