Jusqu’à 249 emplois menacés par le Conseil scolaire du district de la région de York : le SCFP 1734 et le CSCSO s’indignent

Le SCFP 1734 et le Conseil des syndicats des conseils scolaires de l’Ontario (CSCSO) condamnent fermement l’annonce du Conseil scolaire de district de la région de York concernant la suppression de nombreux postes, et ce, malgré la pénurie de personnel et les besoins croissants des élèves à tous les niveaux.

Le Conseil a récemment avisé la section locale qu’il prévoit abolir jusqu’à 249 postes en éducation, soit 201 postes d’aides-enseignant(e)s, 36 membres du personnel de secrétariat et administratif, six employé(e)s des technologies de l’information et six technicien(ne)s en documentation.

Bien que l’employeur n’ait toujours pas fourni d’informations claires confirmant ces chiffres, le SCFP 1734 a également appris que 135 autres membres pourraient être muté(e)s dans un autre établissement.

Le plus alarmant, c’est l’impact qu’auront ces décisions sur les élèves les plus vulnérables des écoles de la région de York. Cette suppression d’emplois sera lourde de conséquences pour les élèves, les familles, le personnel et les communautés scolaires. 

Le conseil scolaire est en train d’écarter des programmes spécialisés du personnel de première ligne ayant une riche expérience en éducation. Au lieu de respecter les principes d’ancienneté établis et la valeur de l’expérience de terrain, les travailleuses et travailleurs qui ont consacré des années à tisser des liens stables et de confiance avec les élèves en difficulté sont mis de côté.

« Dans une école ayant trois classes spécialisées pour les élèves présentant des besoins particuliers, nous avons appris qu’au moins six des neuf aides-enseignant(e)s seraient soit licencié(e)s, soit réaffecté(e)s, et que deux enseignant(e)s se sont fait retirer leur classe, déplore la présidente du SCFP 1734 Michelle Campbell. Ces élèves ont besoin de constance, de se sentir en confiance, d’adultes familiers et d’intervenant(e)s qui comprennent leurs besoins communicationnels, comportementaux et médicaux. Leur enlever ces soutiens aura des effets dévastateurs. »

Les membres du SCFP 1734 se sentent blessé(e)s, voire consterné(e)s par ce qui leur arrive à eux et elles comme à leurs élèves. Beaucoup de travailleuses et travailleurs ont reçu une lettre opaque ne tenant pas compte des répercussions humaines des décisions prises, alors que celles-ci bouleversent leur vie.

« Ce n’est pas un simple problème de pénurie de personnel, ajoute Michelle Campbell. C’est un problème qui compromet la sécurité des élèves, qui bafoue les droits de la personne et qui mine l’éducation publique. Chaque numéro inscrit sur ces listes est en fait une vraie personne qui soutient de vrais élèves. Chaque licenciement se fera sentir dans nos écoles déjà dangereusement en sous-effectif. Plutôt que d’investir dans l’aide indispensable aux élèves, le conseil scolaire menace de renvoyer le personnel de l’éducation qui s’occupe d’eux, qui intervient, qui les soutient émotionnellement et qui assure la stabilité dans nos écoles au quotidien. » 

En avril, le SCFP 1196, qui représente les concierges et les ouvrières et ouvriers chevronnés du conseil scolaire, a été informé qu’on envisageait de licencier 78 de ses membres d’ici la fin de l’année scolaire en cours. 

Le CSCSO explique que ces coupes sont la conséquence directe du sous-financement chronique par le gouvernement Ford du système d’éducation public, qui représente un manque à gagner de plus de 6 milliards de dollars depuis 2018.  

« Ce qui se passe au Conseil scolaire de district de la région de York, on l’observe aussi ailleurs dans la province. Les travailleuses et travailleurs de l’éducation paient le prix du sous-financement public », explique Joe Tigani, président du CSCSO. « On parle ici des personnes qui soutiennent les élèves ayant des besoins particuliers, qui assurent la sécurité des écoles et qui veillent au bon fonctionnement des établissements au quotidien. Licencier ces travailleuses et travailleurs aura des répercussions sur tout le monde. »

Le SCFP 1734 et le CSCSO demandent à la province de financer adéquatement l’éducation, et au conseil scolaire de faire immédiatement marche arrière.

« Les élèves méritent des milieux d’apprentissage sûrs et qui les soutiennent, plaide Joe Tigani. Ça commence par investir dans les travailleuses et travailleurs qui s’en occupent. Le CSCSO se range derrière les membres du SCFP 1734 qui sont résolu(e)s à se défendre, afin de nous unir dans la défense de bons emplois, la protection de services essentiels, et le refus d’un système qui continue de dévaloriser les travailleuses et travailleurs de l’éducation ainsi que les élèves qu’ils et elles servent. »