Les militantes et militants ontariens des services de garde éducatifs à l’enfance célèbrent la signature de l’accord Canada-Ontario sur les services de garde d’enfants. Cependant, ils préviennent que l’expansion des services de garde échouera sans solution au problème de rétention du personnel et à la pénurie croissante de main-d’œuvre.

« Nous avons fait un énorme pas en avant aujourd’hui, mais nous devons tirer les leçons de nos erreurs passées et prendre la bonne direction », prévient Carolyn Ferns, coordinatrice des politiques à la Coalition ontarienne pour de meilleurs services éducatifs à l’enfance (OCBCC). « Il ne faut pas simplement élargir les pratiques qui ont profondément vicié le système de garde éducatif de l’Ontario. La main-d’œuvre, les militantes et les militants des services éducatifs à l’enfant de toute la province sont d’accord. Sans s’attaquer aux conditions de travail chroniques, notamment à la faiblesse des salaires et aux congés de maladie qui entraînent un exode de personnes formées et expérimentées, le plan ontarien finira par décevoir les familles qui reprennent enfin confiance dans le système de garderies de la province. »

Militantes et militants réclamaient une stratégie de main-d’œuvre comprenant une grille salariale commençant à 25 dollars l’heure et des normes de travail décentes incluant dix congés de maladie payés, un temps de planification adéquat et du temps rémunéré pour le perfectionnement professionnel.

« Le gouvernement Ford vient d’annoncer un plancher salarial de 18 dollars l’heure pour les EPE », explique Rachel Vickerson, directrice générale de l’Association of Early Childhood Educators Ontario (AECEO). « C’est inadéquat. En fait, cela démontre à quel point le gouvernement ignore l’ampleur de la crise de recrutement et de rétention dans la province ou les salaires et les avantages sociaux nécessaires pour la résoudre. »

Les parents aussi comprennent l’importance d’une stratégie provinciale de la main-d’œuvre en petite enfance rapportent le SCFP, l’OCBCC et l’AECEO.

« Nous avons besoin — et nous méritons — d’avoir accès à du personnel préscolaire et de garde qui soit traité avec respect et dignité », déclare Wendy LaRose de Toronto Parents for Child Care. « Nous ne pourrons pas construire un système universel d’apprentissage et de garde des jeunes enfants sur le dos d’une main-d’œuvre exploitée, composée principalement de femmes et de personnes racisées. »