Kelti Cameron | Direction des services nationaux

Des manifestants devant le consulat mexicain ont demandé au gouver- nement du président Enrique Peña Nieto de donner suite aux demandes des travailleurs mexicains en vue de la renégociation de l’ALÉNA.En octobre, une cinquantaine de représentants d’organisations syndicales et de la société civile du Mexique, des États-Unis et du Canada se sont réunis à Chicago pour élaborer des stratégies en vue d’influencer la renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) présentement en cours. Ce forum était organisé par les United Electrical Workers (Travailleurs unis de l’électricité), le Centre d’étude sur le travail de l’université UCLA et le Rosa Luxemburg Stiftung, une institution internationale d’éducation civique basée en Allemagne.

Pour le SCFP, c’était une occasion en or de tisser des liens avec les syndicats et les mouvements sociaux américains et mexicains qui estiment eux aussi que la défense des services publics, des salaires et des conditions de travail décents, de l’environnement et des droits de la personne doit être au cœur du processus de renégociation de l’ALÉNA. Deux priorités sont ressorties de la rencontre : le respect des droits syndicaux et l’élimination des clauses de protection des entreprises comme le règlement des différends entre les investisseurs et les gouvernements.

Les travailleurs mexicains présents ont été clairs : l’ALÉNA n’a rien fait pour améliorer leurs conditions de vie et de travail. Au contraire, cet accord a servi les intérêts des entreprises privées qui exigent des gouvernements des bas salaires et une réglementation environnementale laxiste comme conditions préalables à l’investissement. Les femmes sont particulièrement vulnérables dans les « maquiladoras » (zones franches d’exportation) qui ont proliféré à la frontière du Mexique et des États-Unis depuis la ratification de l’ALÉNA au début des années 1990. En vertu de l’accord actuel, les travailleuses ne bénéficient d’aucune protection contre ces employeurs vautours. D’ailleurs, les représentants des syndicats présents à Chicago craignent que cette situation inacceptable perdure malgré la renégociation de l’ALÉNA.