Les travailleuses et travailleurs des établissements Community Living de Windsor et de Brant ont massivement rejeté les offres dites « finales » imposées, envoyant ainsi un message clair aux employeurs de l’ensemble du secteur des services sociaux de l’Ontario : les propositions salariales médiocres ne seront pas acceptées.
Les membres du SCFP 2345 (Community Living Windsor) comme du SCFP 181 (Community Living Brant) ont récemment voté contre les offres imposées. Ce rejet reflète la frustration croissante du personnel de première ligne, qui continue de faire face à des pénuries de personnel, à l’épuisement professionnel et à des salaires de misère.
« Ces résultats montrent la solidarité et la détermination de nos membres », souligne Holly Reinhart, présidente du SCFP 2345. « L’employeur a utilisé sa possibilité d’imposer ce vote, mais les travailleuses et travailleurs ont été clairs : on ne va pas accepter des salaires qui ne suivent pas le coût de la vie et ne reflètent pas la valeur de notre travail au quotidien. »
En vertu des lois sur le travail de l’Ontario, les employeurs ne peuvent imposer de voter sur une offre finale qu’une seule fois au cours des négociations. Avec ces deux rejets, les sections locales reviennent à la table de négociation en position de force pour conclure des ententes équitables.
« C’est une question de respect envers les travailleuses et travailleurs des services sociaux », lance Ryan Sturmer, président du SCFP 181. « Nos membres ont à cœur de soutenir nos communautés, mais ne pourront pas continuer à le faire si les salaires restent trop bas et empêchent le recrutement et la rétention du personnel, ou s’il leur faut cumuler un deuxième, voire un troisième emploi juste pour joindre les deux bouts. Ce vote envoie un message clair : on mérite mieux. »
La situation à Windsor et à Brant s’inscrit dans une tendance générale qui se profile dans l’ensemble du secteur des services sociaux en Ontario, où les travailleuses et travailleurs s’opposent aux propositions qui privilégient les versements ponctuels au détriment d’augmentations salariales permanentes.
Ces résultats vont dans le sens de la campagne du SCFP « Prêts à se battre » menée par les travailleuses et travailleurs des services sociaux de toute la province, et qui insiste sur la nécessité d’obtenir des salaires équitables, de meilleures conditions de travail et un financement durable.
Les deux sections locales soutiennent que le gouvernement provincial de l’Ontario a lui aussi la responsabilité de remédier au sous-financement chronique dont souffre ce secteur. À l’approche de la présentation du budget provincial prévue cette semaine, ces travailleuses et travailleurs suivront de près les développements.
« Ces votes ont une portée qui dépasse nos milieux de travail respectifs, ajoute Holly Reinhart. Les employeurs ne peuvent pas régler ce problème à eux seuls. Le gouvernement provincial doit intervenir en injectant les fonds nécessaires pour soutenir de réelles augmentations salariales. Les travailleuses et travailleurs des services sociaux de toute la province continueront de faire pression pour améliorer leur sort financier. Le travail qu’on accomplit est essentiel pour nos communautés, et nos emplois sont dignes d’être défendus. »
Les deux sections locales ont repris les négociations avec leur employeur respectif, et le SCFP 2345 est parvenu à une entente de principe en début de semaine.