Trois syndicats qui négocient avec l’Association des hôpitaux de l’Ontario (AHO) pour résoudre la crise du personnel hospitalier, les problèmes de sécurité au travail et les soutiens en santé mentale liés à la pandémie ont lancé aujourd’hui une campagne publicitaire télévisée provinciale visant à réparer le gâchis et sauver les soins hospitaliers en Ontario.

« Les hôpitaux de l’Ontario doivent partager la responsabilité de l’exode du personnel hospitalier », affirme Michael Hurley, président du Conseil des syndicats d’hôpitaux de l’Ontario (CSHO-SCFP). « En 2015, il y avait 3 635 postes à pourvoir. En 2019, c’était 8 855, et 16 685 en 2021, une augmentation de 88 pour cent depuis 2019 seulement et de 359 pour cent depuis 2015. Le personnel part en raison d’une charge de travail impossible, de conditions dangereuses et de la faiblesse des salaires. Les hôpitaux ont le pouvoir de répondre à ces préoccupations, mais ils ont toujours refusé de le faire. Il est temps pour eux de réévaluer sérieusement la façon dont ils traitent leur personnel. »

Le SCFP, le SEIU Healthcare et Unifor, qui représentent 95 000 infirmiers et infirmières auxiliaires autorisées, préposées et préposés aux services de soutien à la personne, membres du personnel d’entretien, du personnel administratif et d’autres professions en première ligne dans les hôpitaux ontariens, ont axé les négociations contractuelles avec l’AHO sur de meilleurs résultats pour la clientèle, le personnel et les soins.

Ils priorisent la stabilisation des soins à la clientèle et de la dotation en personnel par une augmentation du nombre d’emplois à temps plein et la réduction du recours aux agences de placement, très couteux. En outre, avec la pandémie, les syndicats exigent que tous les hôpitaux adoptent le principe de précaution pour mieux protéger le personnel et la clientèle contre les variants de la COVID-19.

 « Nous nous battons pour sauver nos hôpitaux, pour sauver nos membres de conditions de travail dangereuses et injustes », explique Sharleen Stewart, présidente du SEIU Healthcare. « Après deux ans d’une pandémie écrasante, le personnel mérite mieux de la part de l’AHO. Les services hospitaliers sont à risque et le public doit être conscient de ce qui est en jeu. Il est temps que l’AHO accepte d’améliorer les soins dont nous avons tous besoin. »

Les sondages nous apprennent que près du tiers des infirmiers et infirmières auxiliaires autorisées (IAA) envisagent de quitter la profession. Les mauvaises conditions de travail exacerbent la crise des ressources humaines en santé. Et plus les gens quittent leur emploi, plus la liste d’attente pour des soins intensifs s’allonge.

La violence demeure hors de contrôle dans l’enceinte de nos hôpitaux. Quatre-vingt-six pour cent du personnel hospitalier ont été victimes de harcèlement verbal, 65 pour cent ont subi une agression physique et 25 pour cent une agression sexuelle.

De plus, après deux années traumatisantes de pandémie, le personnel a besoin de soutiens en santé mentale et psychologique ; 93 pour cent des membres du personnel signalent un épuisement mental et physique, 91 pour cent un niveau de stress plus élevé et 82 pour cent des maux de dos en raison du travail.

« Nos membres du milieu hospitalier sont ceux vers qui les gens se tournent lorsqu’ils ont le plus besoin de soins », dit Katha Fortier, adjointe du président national d’Unifor. « Ils ont besoin d’une convention collective qui les traite avec le respect qu’ils méritent et qui reconnaît le rôle vital qu’ils jouent dans les hôpitaux. L’AHO doit commencer à prendre soin du personnel hospitalier autant que ce personnel prend soin des Ontariennes et des Ontariens. »

Le SCFP et le SEIU Healthcare continueront de négocier ensemble avec l’AHO ; des dates de médiation sont prévues en mai. Unifor poursuit ses négociations avec de nombreux hôpitaux ; il rencontrera l’AHO en juin.

À REGARDER :

Suivez la campagne avec le mot-clic #SaveHospitalCare. Les deux publicités se trouvent ici. Elles s’intitulent « Patient SOS » et « Bloody Mess ».