La dernière image troublante des compressions au conseil scolaire Upper Canada (l’UCDSB), en Ontario, inquiète les travailleurs de l’éducation. Ceux-ci en craignent les conséquences pour les élèves dans l’année scolaire à venir et se demandent si les parents comprendront les répercussions d’une réduction des services scolaires sur leurs enfants.

Un tableau concluant publié par le SCFP 5678, qui représente plus de 1500 travailleurs dans ce conseil scolaire, montre que l’UCDSB a éliminé 140 postes équivalents temps plein, une mesure qui touche 177 employés et un nombre incalculable d’élèves. 

L’élimination de ces postes fait suite à la décision des administrateurs de l’UCDSB de prioriser l’équilibre budgétaire par rapport à la prestation de services de haute qualité aux élèves, selon les dirigeants du SCFP 5678.

« Le conseil scolaire aurait pu se ranger du côté des élèves et de leur éducation en refusant de procéder à ces coupes », explique la présidente du SCFP 5678, Carole Airhart. « Au lieu de cela, il a choisi de présenter un budget conforme aux exigences du ministère de l’Éducation, et de le faire au prix d’une réduction des services et de la suppression de 140 emplois, ce qui fera mal aux élèves comme aux travailleurs. »

Cette perte se traduira par une réduction draconienne des services dans la prochaine année scolaire, en particulier pour les enfants ayant des besoins particuliers, affirme Mme Airhart. « Je crains que les parents ne réalisent pas encore tout l’impact qu’aura, pour leurs enfants, la perte des personnes qui soutiennent l’éducation des élèves. Chaque emploi perdu représente des services cruciaux auxquels les élèves n’auront plus accès l’an prochain. »

En septembre 2019, par rapport aux effectifs de l’an dernier à l’UCDSB, on aura perdu :

  • 62 aides-éducateurs;
  • 27 éducateurs de la petite enfance;
  • 21 bibliothécaires scolaires (« Learning Commons Informationists »);
  • 11 administrateurs de bureaux d’écoles primaires (l’horaire passe de 35 à 30 heures/semaine);
  • 29 adjoints administratifs d’écoles secondaires (emplois supprimés ou passants à temps partiel);
  • 2 moniteurs d’anglais langue seconde. 

L’école pour adultes TR Leger School of Adult, Alternative and Continuing Education a également perdu dix postes dans son personnel d’éducation alternative, notamment des aides-moniteurs, le chef d’équipe et des moniteurs en compétences de base en alphabétisation, ainsi que des employés de bureau.

Mme Airhart et ses collègues se préoccupent particulièrement de l’élimination complète de la classe des assistants en orthophonie; il y en avait 11 pour l’ensemble des écoles de l’UCDSB. « Ces personnes aidaient les élèves dans le besoin à développer leurs compétences en communication orale, rappelle Mme Airhart. Sans eux, je ne sais pas qui mettra en œuvre les plans pédagogiques individuels conçus pour chacun de ces enfants. »

« La perte de tels emplois de première ligne devrait préoccuper gravement les parents », ajoute-t-elle en promettant qu’elle et ses collègues continueront à s’opposer aux compressions et à leur impact sur la réussite scolaire, avec l’aide des parents, des groupes communautaires et d’autres alliés.

« Ces coupes entraîneront de véritables difficultés pour les élèves de l’UCDSB et leurs parents comme pour les élèves et les parents de tout l’Ontario », estime Laura Walton, présidente du Conseil des syndicats des conseils scolaires de l’Ontario (CSCSO) du SCFP. « Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour soutenir la lutte afin de restaurer les services qui soutiennent l’éducation des élèves. »