En seulement huit jours, le nombre des travailleuses et travailleurs de la santé de l’Ontario contaminés par la COVID-19 est passé de 2016, le 27 avril, à 2892 le 5 mai. Il s’agit d’une augmentation de 876 infections, un bond alarmant de 43,5 %.

Aujourd’hui, plus de 3000 employés de la santé de l’Ontario sont atteints de la COVID-19. Les personnes aux premières lignes constituent près de 16 % des cas de COVID dans la province. C’est un taux d’infection quatre fois plus élevé que celui de la Chine, et 60 % plus élevé que celui de l’Italie, qui compte 10 % des cas d’infection chez les travailleurs de la santé. Toutefois, l’Espagne dépasse toujours l’Ontario concernant les taux d’infection déclarés chez le personnel de la santé.

« Les employés des premières lignes luttent contre la COVID chaque jour, en guerre contre un virus très contagieux, avec des équipements inadéquats et insuffisants. Cinq d’entre eux sont morts, beaucoup d’autres tombent malades, et pourtant il est possible de prévenir tous ces drames », a déclaré Michael Hurley, président du Conseil des syndicats d’hôpitaux de l’Ontario (CSHO), la division des hôpitaux du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP).  

Les recherches sur la COVID-19 démontrent une absence de matériel de protection comme les masques N95 qui bloquent les particules en aérosol du virus, selon Michael Hurley. L’Ontario a récemment assoupli ses protocoles de sécurité et a renoncé à effectuer un dépistage à grande échelle, ce qui a contribué à amplifier les cas d’infection chez les travailleuses et travailleurs de la santé. « En Chine, 4 % des cas sont des travailleurs de la santé. La Chine utilise les précautions contre la transmission aérienne de la COVID-19. En comparaison, la proportion de 16 % des travailleurs de la santé atteints de l’Ontario ont utilisé des précautions contre les gouttelettes et les contacts. L’approche non scientifique de l’Ontario contre le virus et son rationnement des équipements équivaut à utiliser les travailleurs de la santé comme de la chair à canon. Nous demandons une intervention immédiate de la part du premier ministre. »

Dans tout l’Ontario, des milliers d’employés d’hôpitaux et de foyers de soins de longue durée représentés par le SCFP ont organisé une vigoureuse manifestation au travail mercredi, pour réclamer que le premier ministre mette fin au rationnement des équipements de protection personnelle et pour obtenir des masques N95 de qualité supérieure afin de mieux les protéger. Le syndicat a demandé à l’usine GM d’Oshawa de fabriquer des masques N95, que l’entreprise produit déjà dans une usine au Michigan

« Tant d’employés des premières lignes de la santé m’ont dit avoir peur. Ils et elles ont peur d’être infectés au travail. Ils sont très inquiets de transmettre l’infection à leur famille. Ils se sentent abandonnés par le gouvernement et par le médecin hygiéniste en chef de la province, qui semblent indifférents à l’augmentation des cas d’infection chez les travailleurs de la santé. Ce taux d’infection pourrait bientôt dépasser celui de l’Espagne », a déclaré Candace Rennick, secrétaire-trésorière du SCFP-Ontario.

Chez les pensionnaires des foyers de soins de longue durée dont le nombre des décès et des cas d’infection monte en flèche, et où les effectifs sont déjà faibles, les préposés aux services de soutien à la personne, les infirmières auxiliaires autorisées et d’autres travailleurs des premières lignes contractent la COVID en grand nombre.  Et pourtant, selon Candace Rennick, plus de 25 pour cent des travailleuses et travailleurs de la santé qui déposent une demande de prestations à la CSPAAT pour une infection à la COVID-19 voient leur demande refusée. 

Les travailleurs de la santé de l’Ontario ont un droit limité de refuser un travail dangereux, « et chaque jour, cette main-d’œuvre à prédominance féminine se rend au travail et s’expose au risque de contracter la COVID-19. Voir sa demande de prestations refusée par la CSPAAT est une telle erreur, à tant de niveaux, et cela doit changer. La province doit présumer que l’infection à la COVID est liée au travail et doit accepter ces demandes », a conclu Candace Rennick.