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TORONTO – Aujourd’hui, Claudia George, employée de première ligne dans une maison de soins infirmiers de Toronto où un patient en a tué un autre en 2013, a prié le ministre ontarien de la Santé de stopper sur le champ le retrait de 200 heures de soin par semaine dans cet établissement. En conférence de presse à Queen’s Park, Mme George a souligné que la Résidence Wexford, qui compte 166 lits, fonctionne déjà « avec le strict minimum de personnel. Toute réduction des heures de soins ou du personnel aura un impact sur les soins et la sécurité des patients. »

Mme George, qui travaille à cette maison de soins depuis plus de 30 ans, a exhorté le ministre de la Santé à faire adopter par l’Assemblée législative une norme de quatre heures de soins par jour afin d’accroître la sécurité des patients et la qualité des soins dans toutes les maisons de soins infirmiers.

Tom Carrothers du Family Council (Network 4) et Candace Rennick, secrétaire-trésorière de la division ontarienne du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP-Ontario), participaient aussi à cette conférence de presse.

Depuis près de 20 ans, a expliqué Mme Rennick, on constate un accroissement important de la complexité des besoins des résidents des maisons de soins infirmiers, dont plusieurs sont âgés de plus de 85 ans. Or, le niveau de soin n’a pas suivi cette courbe ascendante. « Plusieurs résidents sont trop faibles pour marcher ou manger seuls, précise-t-elle; d’autres ont besoin d’aide pour aller à la toilette. » Selon les dossiers publics du ministère de la Santé, 40,8 pour cent des patients de la Résidence Wexford affiche une détérioration du contrôle de leur vessie, un pourcentage nettement plus élevé que la moyenne provinciale, qui est de 19,5 pour cent. Les chiffres du ministère montrent aussi qu’en 2013-2014, Wexford comptait plus de patients sous contention que la moyenne provinciale.

« En coupant des postes de PSSP, on ne fera qu’aggraver l’incontinence des résidents, déplore Mme Rennick. Ce n’est certainement pas ce que souhaite le ministre. »

Selon les données, entre 2008 et 2012, la proportion de résidents des maisons de soins infirmiers ayant une maladie diagnostiquée a grimpé dans toutes les catégories de maladie. Plus de 75 pour cent des résidents souffrent de troubles cognitifs. La démence est très répandue, un résidant sur quatre en étant à un stade sévère.

Mme Rennick, qui a travaillé elle-même dans les soins de longue durée, affirme que les réformes du système de santé provincial sont l’une des sources du problème.

Aujourd’hui, plus de 80 pour cent des nouveaux patients admis dans les maisons de soins infirmiers ont des besoins cliniques élevés. Moins d’un pour cent des résidents entrent dans la catégorie des besoins cliniques légers. « Et, selon elle, c’est parce qu’on a pelleté dans la cour des établissements de soins de longue durée des soins complexes qu’on prodiguait auparavant dans les hôpitaux, avec un personnel plus important. Or, en moins de 20 ans, on a éliminé plus de 18 000 lits d’hôpitaux. Bientôt, ce seront tous les patients admis dans les maisons de soins infirmiers qui auront des besoins élevés, mais la dotation en personnel dans ces établissements n’est pas suffisante pour que chacun reçoive les soins dont il a besoin. »

Le SCFP représente plus de 30 000 PSSP, infirmières auxiliaires autorisées, infirmières autorisées, employés affectés à l’alimentation ou à l’entretien ménager et autres employés œuvrant dans le secteur ontarien des soins de longue durée.

Le SCFP-Ontario prépare un amendement à la Loi sur les soins de longue durée qui établirait une norme obligatoire de quatre heures de soins par jour par patient.

Pour en savoir plus, contactez :

Stella Yeadon

Service des communications du SCFP
 416-559-9300