En décembre 2025, les travailleuses et travailleurs du Rockcliffe Flying Club ont déposé une demande d’accréditation au SCFP à la suite d’inquiétudes à l’égard de la culture professionnelle et de la sécurité des aéronefs. Plutôt que d’écouter ces préoccupations et de laisser les travailleuses et travailleurs se syndiquer, l’employeur a choisi la voie de la pression, des représailles et de la tergiversation.

Ce qui n’aurait dû être qu’un simple processus d’accréditation syndicale n’est toujours pas complété près de quatre mois plus tard. Pendant ce temps, les travailleuses et travailleurs affirment que l’employeur a profité du sursis pour s’en prendre aux employé(e)s ayant soulevé le problème de sécurité ou montré de l’intérêt pour la syndicalisation.

Les travailleuses et travailleurs s’inquiètent grandement de trois points majeurs : l’état de fonctionnement des appareils, la culture de sécurité, et la conformité avec les procédures et les manuels.

L’employeur, qui aurait pu travailler de concert avec le personnel pour résoudre ces problèmes, a plutôt décidé de se venger des personnes qui les avaient évoqués. L’organisation a cessé ses opérations en février dernier et mis à pied des instructeurs ou instructrices de vol, l’équipe au sol et d’autres membres indispensables en invoquant, pour se justifier, les problèmes de sécurité.

En mars, les travailleuses et travailleurs ont reçu une lettre de rappel du Rockcliffe Flying Club qui disait que tout était réglé, mais sans plus de détail, et ce, malgré des inspections récentes menées par Transports Canada. Beaucoup d’employé(e)s ont accepté le rappel à condition d’obtenir la preuve que les problèmes avaient bel et bien été résolus, une requête tout à fait raisonnable dans les circonstances, puisqu’il s’agit d’un principe élémentaire de la sécurité au travail.

Les travailleuses et travailleurs ont le droit de savoir si l’équipement est sécuritaire, d’exprimer leurs préoccupations en matière de santé et sécurité sans se faire réprimander, et de se joindre à un syndicat sans craindre de représailles.

Or, plusieurs employé(e)s ayant répondu au rappel se sont fait dire par la direction avoir en fait refusé de retourner au travail en posant des conditions pour revenir, ces « conditions » étant en fait une simple demande de preuve que les problèmes de sécurité signalés précédemment avaient bel et bien été réglés. La direction a mis en poste un nouvel instructeur de vol en chef et du personnel de remplacement moins d’une semaine après avoir rejeté les lettres d’acceptation des travailleuses et travailleurs.

Aucun employé(e) ne devrait être puni(e) pour avoir demandé si un milieu de travail est sécuritaire. Aucun employeur ne devrait avoir le droit d’utiliser la peur et l’incertitude pour affaiblir la solidarité entre travailleuses et travailleurs. Et aucun processus d’accréditation ne devrait pouvoir traîner de manière à laisser le champ libre à l’employeur pour miner les droits des travailleuses et travailleurs.

Les travailleuses et travailleurs ont déjà démontré leur intérêt à se joindre au SCFP en signant leur carte de membre. Plus le processus s’étirera, plus il sera facile pour l’employeur de procéder à un roulement d’effectif et d’influencer la décision des travailleuses et travailleurs.

Pendant ce temps, le Conseil canadien des relations industrielles (CCRI) continue de débattre à savoir si l’on peut obtenir l’accréditation syndicale après avoir eu recours à une campagne de signature de cartes conforme à la législation. Cette perte de temps a permis à l’employeur de déployer des tactiques sournoises au détriment des droits des travailleuses et travailleurs de se syndiquer et de travailler dans un milieu sécuritaire.

L’identité des travailleuses et travailleurs touché(e)s a été protégée pour leur éviter d’éventuelles représailles.

Les travailleuses et travailleurs continuent à faire preuve de force et de solidarité, malgré les mesures injustes et agressives de l’employeur visant à retarder l’acquisition de leurs droits syndicaux protégés par la loi.