Les travailleuses et les travailleurs de l’éducation les moins bien rémunérés de l’Ontario sont unis dans leur lutte pour la réussite des élèves et la qualité des emplois.

Lors d’un vote de grève historique, 45 433 des 55 000 travailleuses et travailleurs de l’éducation membres du SCFP se sont exprimés. De ce nombre, 43 821, une écrasante majorité de 96,5 pour cent, ont voté « oui » pour envoyer un message fort au gouvernement Ford :

  • les compressions en éducation sont inacceptables
  • il faut de tout urgence plus de personnel de première ligne dans les écoles pour assurer la réussite des élèves
  • il est temps d’augmenter les salaires substantiellement

« Les travailleuses et les travailleurs de l’éducation disent d’une seule voix : nous exigeons mieux. Nos membres attendent une augmentation depuis longtemps, et les élèves méritent qu’il y ait plus de personnel pour garantir la prestation des services », a déclaré Laura Walton, aide-enseignante et présidente du Conseil des syndicats des conseils scolaires de l’Ontario (CSCSO-SCFP).

Le comité central de négociation du personnel demande au gouvernement Ford de revenir à la table de négociations le 6 octobre pour parvenir à une entente qui réponde aux besoins des élèves, des parents, des travailleuses et des travailleurs.

« Nous avons déposé des propositions pour conclure ce cycle de négociations contractuelles, des propositions raisonnables, nécessaires et abordables. Ce vote illustre la détermination des travailleuses et des travailleurs de l’éducation de l’Ontario à soutenir ces propositions et à lutter pour obtenir une augmentation de salaire décente après avoir vu leur salaire diminuer en termes réels pendant 10 ans. C’est aussi un vote pour obtenir la dotation en personnel et la prestation de services dont les élèves ont besoin », a expliqué Laura Walton.

Le personnel de l’éducation a voté « oui » à une éducatrice ou un éducateur de la petite enfance dans chaque classe de maternelle, afin que tous les enfants de quatre et cinq ans aient accès à l’apprentissage basé sur le jeu dont ils ont besoin pour s’épanouir ; à suffisamment d’aides-enseignant(e)s pour que chaque élève reçoive le soutien dont il ou elle a besoin ; à un personnel de bibliothèque suffisant pour que les bibliothèques scolaires restent ouvertes et accessibles à l’ensemble des élèves ; et à suffisamment de concierges pour que les écoles soient nettoyées tous les jours.

« Mes collègues et moi avons voté “oui” parce que nous n’accepterons pas une autre réduction de salaire. Tout le monde sait que le gouvernement Ford peut faire beaucoup mieux pour les élèves et le personnel. Nous nous attendons à ce que le ministre de l’Éducation renvoie son équipe de négociation à la table pour accepter les propositions que les travailleuses et travailleurs de première ligne appuient massivement », a souligné Laura Walton.

Quelques faits :

Le vote de grève a eu lieu du 23 septembre au 2 octobre. Les 55 000 travailleuses et travailleurs de première ligne dans le secteur ontarien de l’éducation sont payés en moyenne 39 000 dollars par année.  Plus de 70 pour cent sont des femmes. Plus de la moitié ont au moins un emploi supplémentaire pour joindre les deux bouts et 60 pour cent sont licenciés chaque été.

Les travailleuses et travailleurs de l’éducation négocient pour obtenir les garanties suivantes :

  • suffisamment d’aides-enseignant(e)s pour que tous les élèves obtiennent le soutien dont ils ont besoin et que les écoles puissent cesser de renvoyer les enfants à la maison parce qu’il n’y a pas d’ aides-enseignant(e)s disponibles.
  • une éducatrice ou un éducateur de la petite enfance dans chaque classe de maternelle afin que chaque enfant de quatre ou cinq ans reçoive l’apprentissage basé sur le jeu qui est d’autant plus nécessaire après deux ans d’isolement pandémique.
  • suffisamment de personnel dans les bibliothèques pour que celles-ci restent ouvertes et que les enfants aient la possibilité d’y lire en tout temps.
  • suffisamment de concierges pour garder les écoles propres et suffisamment de personnel de maintenance et de gens de métier pour s’attaquer à un arriéré de réparations estimé à 16 milliards de dollars.
  • un nombre suffisant de secrétaires dans les bureaux des écoles et de surveillants et surveillantes le midi pour assurer la sécurité des élèves.

Le Centre canadien de politiques alternatives (CCPA) a calculé que le gouvernement conservateur Ford a diminué le financement de l’éducation de 800 dollars par élève (montant ajusté en fonction de l’inflation) au cours de son premier mandat. L’Ontario compte deux millions d’élèves. Cela se traduit donc par une réduction de 1,6 milliard de dollars du financement, uniquement pour la dernière année, une somme qui aurait pu servir à améliorer les soutiens aux élèves, à accroître la dotation en personnel pour garantir la prestation des services et à augmenter les salaires.

De 2012 à 2021, les travailleuses et travailleurs de l’éducation les moins bien payés ont subi une baisse de salaire de 11 pour cent.

Selon un rapport du Bureau de la responsabilité financière publié la semaine dernière, le salaire des travailleuses et travailleurs de l’éducation risque de reculer de 11,3 pour cent de plus. Donc, les politiques du gouvernement Ford auront imposé une diminution de salaire de 22 pour cent sur 13 ans aux personnes les moins bien rémunérées par notre système d’éducation.

La proposition salariale des travailleuses et travailleurs consiste en une augmentation de 3,25 dollars l’heure chaque année pour une convention collective d’une durée de trois ans. L’offre du gouvernement Ford n’était que de 0,33 $ à 0,53 $ de l’heure, une augmentation qui ne représente même pas le coût d’un plein d’essence par mois.