Le syndicat représentant les travailleurs du Conseil interconfessionnel de l’immigration du Manitoba (MIIC) affirme que « la réponse de l’employeur à la dernière offre prouve qu’il n’est pas disposé à négocier équitablement et préfère mettre en péril les services vitaux aux réfugiés », estime Lee McLeod, directeur régional du SCFP-Manitoba.

Avant la récente décision du MIIC de mettre ses travailleurs en lock-out, le SCFP 2348 avait continué à négocier les points problématiques, présentant des contre-offres qui répondaient aux préoccupations de l’employeur, pour se faire dire « non ». Après la remise de l’avis de lock-out, l’employeur n’a apporté qu’un rajustement mineur à l’un de ces points de friction. Cet ajustement, présenté comme une prestation de vacances différente pour les nouveaux employés, mais qui en fait un avantage à deux vitesses, n’aura pas d’incidence sur les employés qui se prononceraient sur une nouvelle convention collective.

« Le syndicat n’a fait aucune demande importante aux employeurs, raconte M. McLeod. En fait, nous avons abordé ces négociations en sachant clairement que le MIIC est en difficulté financière, et nous avons donc fait tout notre possible pour répondre aux besoins de l’organisation. »

Les points en suspens concernent la tentative de l’employeur de se départir des coûts des avantages sociaux, la réduction des congés payés (y compris la mesure d’indemnités de vacances à deux vitesses), la planification des vacances, le rappel des employés mis à pied et le complément de congé de maternité.

« Nos membres demandent seulement à l’employeur de renoncer à des concessions qui ne sont pas nécessaires », précise Nasra Hassan, interprète-conseillère au MIIC. « En fait, nous avons déjà réglé la question principale des salaires. Nous sommes fiers de notre travail. Nous fournissons des services importants qui aident les réfugiés et les Néo-Canadiens à s’adapter à la vie dans leur nouveau pays. Nous voulons juste aller travailler. »

Au cours de la dernière année, les employés du MIIC ont accepté des mises à pied et reclassé des emplois et des salaires pour permettre à l’employeur de demeurer viable financièrement. Les reclassements ont entraîné des réductions salariales de 12,5 à 27,5 pour cent en moyenne.

« Nos membres sont frustrés et déconcertés par le refus de l’employeur de négocier », ajoute Scott Clark, conseiller national du SCFP. « Nous avons fait un certain nombre d’offres raisonnables concernant les principaux problèmes de l’employeur, mais celui-ci les rejette systématiquement. Il préfère nous mettre en lock-out. »

Les autres points que l’employeur refuse de négocier n’augmenteront pas les dépenses de l’entreprise. Il s’agit, notamment :

  • d’une proposition du SCFP pour prolonger le droit de rappel des employés, étant donné le climat économique actuel et la pandémie mondiale;
  • d’une proposition de l’employeur visant à rendre plus difficile pour les employés, dont beaucoup sont eux-mêmes des réfugiés, de se rendre dans leur pays d’origine pour leurs vacances;
  • d’une proposition de l’employeur pour diminuer les vacances et mettre fin aux congés de bien-être.

Au cours des prochains jours et semaines, le SCFP fera part de ses préoccupations aux élus locaux et nationaux et prendra d’autres mesures qui permettront aux travailleurs du MIIC de continuer à fournir les services importants qui aident les Néo-Canadiens à devenir des membres prospères de notre communauté.