Monsieur le Ministre Garneau,

Compromettre la santé et la sécurité des passagers et des membres d’équipage à bord des avions canadiens est totalement inacceptable. Nous sommes convaincus que vous partagez ce point de vue, mais, malheureusement, Transports Canada est prêt à prendre des risques avec la santé et la sécurité des passagers et du personnel.

Le 1er août 2015, Transports Canada a permis à tous les transporteurs canadiens d’utiliser le ratio d’un agent de bord pour 50 sièges passagers (1 pour 50) sur leurs vols, même si des représentants de Transports Canada ont admis que le nouveau ratio n’offre pas un niveau de sécurité équivalent à l’ancien ratio d’un agent de bord pour 40 passagers (1 pour 40). De plus, l’évaluation des risques du ratio du 1 pour 50 effectuée par Transports Canada en 2003, dans le plus grand secret, était incomplète et biaisée.

Ce changement de ratio me trouble profondément. Sur de nombreux appareils, le nombre d’agents de bord a été réduit, ce qui fait que, dans certains cas, des sorties de secours sont laissées sans surveillance. Cela compromet la sécurité des passagers, particulièrement lors d’une évacuation ou d’une autre situation d’urgence.

Comme vous le savez, lors de la dernière campagne électorale fédérale, le Parti libéral du Canada s’est engagé à consulter « les intervenants et les experts » sur la question du ratio, « tout en mettant la sécurité de tous les Canadiens en tête de liste des priorités ».

Si votre gouvernement n’est pas prêt à abandonner immédiatement le ratio du 1 pour 50, il doit au moins respecter cette promesse électorale.

La qualité de l’air à bord des appareils canadiens nous préoccupe également.

Dans la plupart des avions, les passagers et les membres d’équipage peuvent être exposés à des vapeurs toxiques en cas de mauvais fonctionnement d’un réacteur.

Même si la plupart des transporteurs aériens refusent de l’admettre, de nombreuses preuves démontrent que l’exposition aux vapeurs toxiques est dangereuse et qu’elle peut provoquer les symptômes suivants : irritation des yeux, du nez et des voies respiratoires supérieures, toux, difficultés respiratoires, serrement à la poitrine, vision trouble ou tubulaire, maux de tête, étourdissements, difficultés de concentration, nausée et vomissements. À plus long terme, elle peut endommager les voies respiratoires et le système nerveux central, affecter la mémoire et les fonctions cognitives, affaiblir le système immunitaire et entraîner des désordres cardiovasculaires et, possiblement, des cancers.

La seule façon de prémunir complètement les agents de bord et les passagers contre une exposition aux vapeurs toxiques consiste à équiper l’appareil d’un système de filtration qui élimine les contaminants ou encore à modifier, dans la conception même des avions, la manière dont on pressurise la cabine. Afin de protéger la santé des passagers et des membres d’équipage, la réglementation de Transports Canada doit être modifiée en conséquence.

Lors de la dernière campagne électorale, le Parti libéral du Canada s’est engagé « à assurer à tous les Canadiens et Canadiennes un environnement de travail sûr et sain par l’entremise de mesures fondées sur des éléments probants et une consultation adéquate des intervenants et des experts ».

Par conséquent, le gouvernement fédéral doit convoquer immédiatement les principaux intervenants du secteur du transport aérien, des milieux médical et scientifique et des syndicats du secteur du transport aérien, afin d’identifier un éventail de modifications à la réglementation permettant d’éliminer les effets nocifs des vapeurs toxiques.

En signant cette pétition, nous exigeons des actions concrètes et immédiates de la part du gouvernement fédéral dans ces deux importants dossiers de santé et de sécurité.