Questions-réponses sur le coronavirus 2019 (COVID-19)

Le COVID-19 pose-t-il un enjeu de santé et de sécurité?

Absolument. Le SCFP réitère l’appel lancé à toutes les compagnies aériennes pour qu’elles s’engagent à travailler avec leurs comités de politiques et de santé et de sécurité au travail pour mettre en œuvre leurs recommandations concernant les mesures de sécurité propres à chaque compagnie pour protéger le personnel contre l’exposition au virus.

Quels sont les signes d’infection au COVID-19?

Selon l’Agence de la santé publique du Canada, les personnes infectées par le COVID-19 peuvent avoir que peu ou pas de symptômes. Une personne peut même ignorer qu’elle a des symptômes du COVID-19, car ces symptômes peuvent s’apparenter à ceux d’un rhume ou d’une grippe.

Les symptômes peuvent prendre jusqu’à 14 jours pour apparaître après l’exposition au virus. Cependant, Santé publique Ontario a indiqué que la période d’incubation moyenne se situe autour de cinq jours.

Les symptômes du COVID-19 peuvent inclure :

  • la fièvre
  • la toux
  • des difficultés respiratoires
  • une pneumonie dans les deux poumons

Comment le COVID-19 est-il contracté?

Généralement, la maladie peut se transmettre de personne à personne de trois manières : par contact direct, par aérosol (gouttelettes) ou par l’air respiré.

  • Par contact veut dire ce que ça veut dire. Une personne infectée est en contact physique avec une personne non infectée et lui transmet le virus.
  • Par aérosol (ou gouttelettes), la propagation se produit lorsque des liquides en grosses gouttelettes provenant d’une personne malade entrent en contact avec les yeux, le nez, la bouche ou une coupure dans la peau d’une personne non infectée. En raison de leur taille, les gouttelettes ne restent en suspension dans l’air, mais peuvent contaminer les surfaces.
  • Par l’air respiré, la propagation se produit lorsque le matériel biologique infectieux (virus, bactéries, etc.) flotte dans l’air après qu’une personne ait parlé, toussé ou éternué. Ces germes peuvent être inhalés même lorsque la personne infectée n’est plus à proximité.

Selon Santé publique Ontario (SPO), les coronavirus se transmettent plus facilement entre les personnes par les gouttelettes de salive produites lorsqu’une personne infectée tousse ou éternue, et aussi éventuellement par des objets contaminés, incluant des surfaces ou des objets contaminés par des gouttelettes infectieuses.

Aussi, toujours selon SPO, il y a eu des rapports de transmission potentielle asymptomatique du virus. Si le virus peut être transféré pendant la période d’incubation, une personne peut alors le propager sans le savoir pendant cinq jours.

La transmission par l’air respiré n’a pas encore été exclue. Selon l’Agence de la santé publique du Canada : « De plus amples informations sont nécessaires pour déterminer la cause de l’éclosion afin de bien comprendre comment la maladie se transmet et la gravité des problèmes qu’elle cause chez les humains. »

Devrais-je porter un masque à bord d’un avion?

Il est très important de connaître l’efficacité des différents types de « masques » qui existent. Comme mentionné dans la première mise à jour (ci-dessous), les masques chirurgicaux ne sont pas conçus pour filtrer l’air qui est respiré. Ces masques protègent seulement le porteur des grosses gouttelettes.

Lorsque des travailleurs demandent si un masque chirurgical bien ajusté offre une protection quelconque, la réponse est souvent que « c’est mieux que rien ». Cependant, de nombreuses personnes éprouvent un faux sentiment de sécurité qui n’est pas justifié lorsqu’elles portent un masque chirurgical.

Selon le principe de précaution, le SCFP recommande que les agents de bord qui doivent travailler étroitement avec des personnes symptomatiques à bord d’un avion soient équipés et munis au minimum d’un demi-masque respiratoire N95 qui assure une bonne étanchéité du visage du porteur. Pour cela, il faudrait qu’au moins une partie de chaque équipage subisse un essai d’ajustement. Si des passagers symptomatiques refusent de porter un masque chirurgical, les agents de bord devraient également porter un écran facial pour empêcher les gouttelettes de pénétrer dans leurs yeux.

Que devons-nous faire si quelqu’un montre des signes d’infection par le COVID-19 dans l’avion?

Si un passager présente des signes d’infection par le virus, il faut lui donner un masque chirurgical et lui dire de le porter. Cela permettra de réduire la libération de grosses gouttelettes.

Suivez toujours les procédures d’opération normales de votre compagnie aérienne. Le SCFP redemande aux compagnies aériennes de développer des procédures et/ou des contrôles techniques réalistes pour isoler les passagers symptomatiques. Nous demandons également aux compagnies aériennes de prévoir à l’avance un espace dans l’avion pour mettre en place une zone de quarantaine minimale pour les passagers qui présentent des symptômes et d’y affecter un nombre limité d’agents de bord (qui disposent de l’équipement de protection individuelle approprié) pour travailler exclusivement auprès de ces passagers.

Quelles mesures de protection non symptomatiques devrais-je prendre? Ou que puis-je faire d’autre?

Les membres du SCFP devraient accorder une grande importance à l’hygiène des mains. Cela inclut le lavage fréquent des mains et l’utilisation de gants pour manipuler des objets ayant été en contact avec des passagers. Évitez de vous toucher le visage – en particulier les yeux, le nez ou la bouche.

Le SCFP rappelle de suivre les recommandations du CDC aux États-Unis en matière de nettoyage des avions ayant transporté un ou plusieurs passagers symptomatiques. Les compagnies aériennes devraient également augmenter la fréquence des procédures de nettoyage en profondeur pour s’assurer que les surfaces ne restent pas contaminées.

Les gens d’apparence chinoise sont-ils plus susceptibles d’avoir contracté le virus?

Non. C’est tout simplement faux et cela a des répercussions sociales négatives. Malheureusement, le racisme et la xénophobie anti-asiatiques ont atteint un sommet dans le contexte de la récente flambée épidémique. Cette forme de racisme exacerbé à l’égard de la population asiatique à l’échelle mondiale cause des dommages. Ce fut également le cas lors de la pandémie de SRAS. Les accusations et les reproches à l’encontre des Chinois (et de ceux qui sont présumés être chinois) ne sont pas acceptables. Les blagues associant le virus aux personnes d’origine asiatique sont tout aussi inacceptables.

Le SCFP est solidaire des personnes d’origine chinoise et condamne toute forme de harcèlement, de remarques racistes et discriminatoires, ainsi que tout acte de violence à leur égard.

Si vous êtes agent de bord et subissez une forme quelconque de harcèlement, de racisme ou de discrimination au travail, n’oubliez pas qu’il s’agit d’une violation de vos droits fondamentaux et que vous pouvez déposer un grief même si votre convention collective ne traite pas de ces questions.

En outre, en vertu de la législation en matière de santé et de sécurité, les compagnies aériennes sont tenues de fournir un lieu de travail sain et sécuritaire. Par conséquent, les incidents doivent être signalés à votre supérieur immédiat ainsi qu’à votre comité de santé et de sécurité.

Le nouveau coronavirus apparu en décembre 2019 à Wuhan, dans la province de Hubei, en Chine, suscite une préoccupation croissante en ce qui a trait aux voyages en avion. Les agents de bord du SCFP qui parcourent le monde, y compris la Chine continentale, sont plus susceptibles d’y être exposés.

On ignore encore beaucoup de choses sur ce coronavirus, y compris la façon dont il se propage. Néanmoins, le SCFP a créé une page d’information générale que vous trouverez ici. Nous y ajouterons des détails à mesure que ceux-ci seront connus.

Le SCFP demande à toutes les compagnies aériennes de consulter immédiatement ses sections locales pour mettre en place des mesures de contrôle d’urgence, entre autres pour la communication des renseignements suivants aux membres d’équipage :

  • l’identification des signes et symptômes de la maladie (chez soi et chez les autres);
  • et la gestion des personnes potentiellement malades à bord.

Le SCFP encourage les compagnies aériennes à adopter les recommandations suivantes :

  • Sur tous les vols, fournir à chaque agent de bord une quantité suffisante de gants et de masques médicaux non allergènes qui sont considérés par Santé Canada ou l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme une protection appropriée.
  • Fournir à tout personnel médical bénévole aidant dans des situations médicales un approvisionnement adéquat en gants et masques médicaux dont la protection appropriée a été déterminée par l’OMS.
  • Permettre aux agents de bord de porter des gants à tout moment pendant le vol sans aucune menace de mesures discriminatoires ou disciplinaires.
  • Élaborer des procédures et des contrôles techniques réalistes pour isoler les passagers symptomatiques si l’aéronef en cause est trop plein pour permettre l’isolement d’un rayon inoccupé autour de la ou des personnes symptomatiques (conformément aux recommandations de l’OMS).
  • Exiger des séances d’information avant le vol pour communiquer l’utilisation des procédures et de l’équipement de précaution universels afin de prévenir l’exposition pendant un vol, ainsi que des séances d’information pour revoir les directives dans le cas où un passager présente des signes ou des symptômes de maladie infectieuse pendant un vol. 
  • Fournir un approvisionnement adéquat en masques chirurgicaux à tout passager présentant des symptômes pendant un vol. 
  • Fournir un sac malaise étanche immédiatement disponible pour chaque passager.
  • S’assurer que l’accès au savon et à l’eau courante respecte les exigences fédérales dans chaque aéronef.
  • Exiger des compagnies aériennes qu’elles suivent les directives recommandées par les CDC pour nettoyer les avions et les zones contaminées après un vol avec un voyageur malade susceptible d’avoir une maladie transmissible, y compris de l’équipement de protection et de la formation pour les préposés au nettoyage.

Prendre des précautions

Le SCFP rappelle aux agents de bord de prendre toutes les précautions mises à leur disposition pour prévenir la propagation des maladies transmissibles.

Consultez les précautions universelles dans vos manuels d’agent de bord. N’oubliez pas non plus que les masques chirurgicaux ne sont pas conçus pour empêcher l’inhalation de contaminants ou de virus en suspension dans l’air. Ils servent plutôt à empêcher la propagation des fluides du porteur. Ils sont plus utiles lorsque portés par les passagers qui montrent des signes de maladie. 

Le SCFP publiera des mises à jour au fur et à mesure qu’on en apprendra plus sur ce coronavirus. En outre, il continuera de faire pression sur les compagnies aériennes pour assurer la santé et la sécurité des agents de bord et des voyageurs.