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Le PM cède devant les premiers ministres privatiseurs et nomme Don Mazankowski

le 4 février 2003 7 h 00 OTTAWA – Confier la présidence d’un conseil consultatif fédéral sur les soins de santé à Don Mazankowski est désastreux pour les soins de santé publics et montre clairement que le gouvernement fédéral a cédé aux pressions des provinces qui sont en faveur de la privatisation, selon le plus grand syndicat du Canada.

« Nous savons que certaines provinces ne veulent rien de plus que de promouvoir la privatisation. Don Mazankowski mettra l’épaule à la roue et poussera avec ces provinces pour les aider à démanteler l’assurance-maladie. Il ne devrait même pas avoir le droit d’approcher un groupe censé consolider les soins de santé
publics », dit la présidente nationale du SCFP, Judy Darcy.

Dernièrement, M. Mazankowski a dirigé un conseil consultatif sur la santé en Alberta qui avait présenté des recommandations répondant aux attentes du premier ministre Ralph Klein en matière de privatisation. Ministre des Finances et de la privatisation sous Mulroney, M. Mazankowski est directeur de plusieurs sociétés d’assurance privées, dont la Great-West Lifeco Inc.

« Il s’est clairement exprimé sur la santé en Alberta, où ses projets de réforme visaient essentiellement à créer des conditions favorables à des soins de santé plus privés et à but lucratif. Le premier ministre Chrétien s’apprête à faire une grave erreur. Avec cette nomination, il sabote le système public de soins de santé », dit Mme Darcy.

Le rapport Mazankowski diffère radicalement de celui de la Commission Romanow sur l’avenir des soins de santé. Rédigé par un comité « sélect » comprenant de nombreux membres favorables à la privatisation, le rapport préconise le transfert des coûts de la santé aux individus et l’ouverture d’occasions d’affaires pour les fournisseurs à but lucratif et les assureurs privés.

« La vision de M. Mazankowski consiste à éliminer tout rôle efficace que pourrait jouer le gouvernement, sauf en matière de financement. Les Canadiennes et les Canadiens s’opposent à cette vision. Ils exigent que les gouvernements rendent compte de leurs dépenses et que chaque dollar dédié à la santé aille effectivement aux services de santé. Ils ne veulent pas qu’un seul sou aille aux profits », dit Mme Darcy.

M. Mazankowski n’a pas examiné de quelle façon les soins de santé publics pourraient être consolidés ou élargis. Il n’avait rien à proposer sur la façon dont le nombre croissant de Canadiennes et de Canadiens âgés ou handicapés pourraient recevoir les soins à domicile et les soins communautaires à long terme dont ils ont besoin. Et il n’a accordé que très peu d’attention au générateur de coût le plus important du système de santé – les médicaments.

« Mais M. Mazankowski a étudié avec attention la façon de transférer l’argent vers les coffres des entreprises privées. L’industrie de l’assurance privée profitera largement de la mise en œuvre des plans de M. Mazankowski en Alberta. Le seul mécanisme de reddition de comptes qui l’intéressera, ce sera la présentation annuelle des profits qui auront été réalisés grâce aux soins de santé publics », conclut Mme Darcy.

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