Se souvenir, puis travailler pour le changement
le 4 avril 2000 8 h 00Des rassemblements semblables ont lieu dans plus de 90 pays. Grâce aux travailleuses et travailleurs syndiqués et aux organisations comme la Confédération internationale des syndicats libres (CISL), le message du 28 avril est propagé dans le monde entier.
Ce que peu de membres du SCFP savent c’est que si ce n’était pas du SCFP et de son Comité national de santé et de sécurité, le Jour de deuil n’aurait peut-être jamais vu le jour. En 1984, le Comité recommandait la création d’un jour en souvenir des travailleuses et travailleurs tués ou blessés au travail. Le Congrès du Travail du Canada et ses syndicats affiliés ont rapidement adopté le jour dans toutes les régions du Canada. Le mouvement syndical américain a tenu son premier Jour de deuil en l’honneur des travailleuses et travailleurs en 1989.
Aujourd’hui, différents paliers de gouvernement reconnaissent le 28 avril. Le gouvernement fédéral a adopté une loi en 1991, déclarant chaque 28 avril un « jour dédié à la mémoire des travailleuses et travailleurs tués ou blessés au travail ». Chaque année, de plus en plus de municipalités observent le Jour de deuil. Dans quelques cas, les employeurs participent également aux cérémonies qui marquent le 28 avril. Tout ceci a aidé le Jour de deuil à devenir ce qu’il est aujourd’hui.
Mais nous avons parfois tendance à oublier comment ou pourquoi la journée a été commémorée. Et comment et pourquoi les travailleuses et travailleurs se réunissent à la fin avril. Le 28 avril est commémoré grâce aux valeurs et aux traditions du syndicalisme. Il est commémoré en raison des accidents et des décès inutiles qui se produisent chaque jour, lorsque les employeurs sont négligents ou que les gouvernements n’appliquent pas les lois. Il est commémoré en raison des luttes continues des travailleuses et travailleurs pour des conditions de travail décentes et sécuritaires et pour la reconnaissance des droits fondamentaux de la personne.
Alors que nous amorçons un nouveau siècle, il est temps de reformuler quelques-unes des valeurs que les syndicats ont défendues dans la poursuite de la reconnaissance des droits en santé et sécurité. Les syndicats ont mené la bataille pour de meilleures conditions de travail, une plus grande dignité et un plus grand respect au travail. Les syndicats ont obtenu des lois et des protections qui aident à rendre les lieux de travail plus sécuritaires et qui donnent une voix aux travailleuses et aux travailleurs.
Soyez fermes quant à ces valeurs et faisons-en un objectif de voir à ce que les travailleuses et travailleurs ne soient plus utilisés comme des canaris. Continuons de parler haut et fort et à travailler pour des emplois plus sécuritaires, le respect et un meilleur avenir. Travaillons pour le jour où le canari en cage sera libéré.
Rappelez-vous que le 28 avril nous offre une occasion de nous réunir avec les travailleuses et travailleurs du monde entier afin d’affirmer à nouveau notre solidarité et notre engagement face à la santé et la sécurité au travail et de dire clairement à tout le monde que « nous nous rappelons des morts mais que nous luttons pour les vivants ».
Anthony Pizzino

