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Victoire sur la charge de travail excessive
L’inscrire dans la convention

le 31 octobre 2000 7 h 00
 

Des sections locales du SCFP ont réussi à négocier des niveaux de dotation en personnel minimum pour combattre le problème de la charge de travail excessive. Quelques-unes ont négocié des ratios de dotation en personnel. Les sections locales peuvent également négocier des dispositions pour une procédure relative aux plaintes sur la charge de travail pour se protéger contre une charge de travail excessive. Ces dispositions pourraient inclure un arbitrage exécutoire. Les sections locales devraient également négocier des clauses de ‘droit de refus’ là où la charge de travail pose problème.

Voici quelques exemples de la façon dont les sections locales répondent à la crise de la charge de travail.

À la section locale 1253 du SCFP, Conseil des syndicats des districts scolaires du Nouveau-Brunswick, l’entente prévoit qu’un seul superviseur peut affecter du travail aux concierges des écoles. Les charges de travail des concierges sont clairement spécifiées tout comme celles des opérateurs de machines fixes et des conducteurs d’autobus scolaires, hommes et femmes. Un comité provincial

« d’étude du travail » a également été créé.

La section locale 1949 du SCFP, personnel de l’aide juridique de la Saskatchewan, dispose d’une clause sur la charge de travail qui dit ceci : « Lorsque la charge de travail d’une personne employée fait problème, la personne employée, la direction de l’aide juridique et, si la personne employée le requiert, le syndicat, se réuniront pour discuter du problème et des possibilités pour le résoudre, en choisissant la plus appropriée. La direction de l’aide juridique ne rejettera pas la demande d’une personne employée ni ses préoccupations reliées à la charge de travail sans motif valable. »

La section locale 1418 du SCFP, qui représente les travailleuses et travailleurs sociaux et d’autres travailleuses et travailleurs de service du Nouveau-Brunswick, prend tellement la question de la charge de travail à cœur qu’elle vient d’entreprendre des négociations avec une proposition pour l’ajout de 172 travailleuses et travailleurs à la protection de la jeunesse. Elle prévoit appuyer cette proposition avec une Marche pour les enfants à l’échelle provinciale afin d’obtenir l’appui de la population pour les emplois supplémentaires.

En plus de la négociation, les sections locales ont d’autres façons de lutter contre la charge de travail excessive.

Faire pression sur les gouvernements

Plusieurs sections locales effectuent des sondages relatifs à la charge de travail, comme celui de l’Ontario, intitulé Surchargés et sur la ligne de feu en Ontario, afin de déterminer la portée du problème. De tels sondages font d’excellents outils de lobbying et permettent d’obtenir des mesures concrètes en négociation pour contrôler la charge de travail. Le lobbying est également nécessaire pour que les commissions des accidents du travail reconnaissent les accidents reliés à la charge de travail.

En faire une question publique

Une façon de faire de la charge de travail une question publique est de lancer une campagne locale afin de montrer combien d’heures supplémentaires sont effectuées dans les lieux de travail du SCFP. Demandez à chaque membre d’inscrire le nombre de pauses, d’heures de dîner et d’heures supplémentaires travaillées chaque jour pendant une semaine. Prenez ensuite une journée de congé symbolique et publicisez l’événement comme étant la Journée de la liberté au travail. Choisissez un samedi, si nécessaire, bien qu’il ne fasse aucun doute que les membres auront travaillé une journée de plus en temps supplémentaire non rémunéré à la fin de la semaine.

Recours aux tribunaux

Il y a une « clause générale » dans toutes les lois sur la santé et la sécurité. Si ces dernières incluent la charge de travail dans la liste des dangers, et si elles ont été appliquées, le problème serait grandement réduit.

Lutter pour le confrère Willy

« De retour au travail demain. Ça me fait peur. C’est tout simplement trop de travail. J’sens comme si j’pouvais pas échouer. Aucun appui de la part de la direction. »

C’est ce qu’a écrit le confrère Willy, membre de la section locale 40 du SCFP, Conseil scolaire de Calgary. Le confrère Willy s’est suicidé en 1998 alors qu’il était énormément stressé à cause de sa charge de travail.

Le SCFP fait maintenant une demande d’indemnisation des accidents du travail au nom de la famille du confrère Willy. La CAT de l’Alberta a refusé la demande initiale. Si l’appel est entendu, ce pourrait être la première fois qu’une CAT indemnise un travailleur pour un décès relié à la charge de travail. Cela pourrait créer un précédent et pourrait ouvrir la porte à de telles demandes dans tout le Canada.

Vous pouvez lire des extraits du journal personnel du confrère Willy à l’adresse scfp.ca.

Je prends mes pauses aujourd’hui

Les travailleuses et travailleurs des soins de santé de l’Ontario s’attaquent à la question de la charge de travail avec la campagne Je prends mes pauses aujourd’hui. En septembre, les membres ont obtenu des sacs à lunch en papier brun sur lesquels apparaissait une horloge du SCFP. Le dépliant qui l’accompagnait énonçait les dangers de la charge de travail excessive.

« Dans la course quotidienne contre la montre afin de ‘tout faire’, des milliers de membres du SCFP qui travaillent dans les hôpitaux, les foyers pour personnes âgées et les foyers de soins infirmiers ne prennent pas les pauses quotidiennes qui les aideraient à recharger leur batterie et à refaire le plein, de préciser le document. Ces personnes nuisent à leur santé…[et] l’incapacité de fournir des soins de qua-lité est épuisante au point de vue émotionnel et ajoute au stress de la charge de travail ».

« La restructuration, l’insuffisance de fonds, la privatisation et les pratiques de gestion de la qualité totale sont à blâmer pour les demandes sans précédent composés par la charge de travail », de dire Brian O’Keefe, secrétaire- trésorier du SCFP-Ontario. «L’objectif de la campagne est de renverser cette situation et de voir à ce que nos membres ne paient pas le prix de la restructuration des soins de santé ».

Comme prochaine étape, le SCFP-Ontario organise une conférence pour le 9 au 11 février 2001. Les ateliers exami-neront les effets de la charge de travail et des stratégies pour s’y attaquer, en tenant compte des questions d’équité et en développant des plans d’action pour l’année à venir.