Les négociations entravées à l’UQTR
le 12 décembre 2000 7 h 00Alors que les étudiants sont privés de cours, le conseil exécutif du syndicat est très déçu de l’attitude des représentants patronaux qui, ces derniers jours, ont multiplié les tentatives pour faire éclater la table de négociation. Hier, les manœuvres patronales sont devenues tout simplement loufoques. «Les patrons ont constamment fait marche arrière, revenant plusieurs fois sur leur parole, mais hier, c’est devenu tout simplement ridicule», a commenté le président du syndicat, M. Robert Bellerose.
Par ailleurs, le syndicat s’étonne des propos tenus par monsieur François Héroux qui n’a participé à aucune rencontre de négociation et qui témoignait au Nouvelliste que le ton était resté «correct» de chaque côté de la table. En fait, il est plus juste de dire que les incidents et les accrochages se sont multipliés toute la journée, hier, à la table des négociations.
Des décideurs absents
Pour le syndicat, il est évident que les deux représentants patronaux à la table ne disposent d’aucune marge de manœuvre pour régler quoi que ce soit. Parce qu’ils ne possèdent pas de mandat, les porte-parole de l’UQTR multiplient les caucus avec leurs propres patrons. Ces consultations patronales prennent souvent des heures et retardent d’autant le bon déroulement des négociations. Après un mois de grève, tandis que la haute direction de l’UQTR se plaint toujours de l’absence des chargés de cours en classe, les véritables décideurs patronaux ne daignent toujours pas se présenter à la table des négociations.
Des négociations au ralenti
C’est à pas de tortue que les pourparlers progressent. Hier (mardi), au moment de conclure un texte simple, après plus d’une heure de consultation avec la haute direction, l’UQTR a refusé un texte qui précisait «l’UQTR entreprendra toutes les démarches…» et a proposé comme seul texte acceptable «l’UQTR entreprendra les démarches…». Le plus sérieusement du monde, le porte-parole patronal a alors affirmé qu’il refusait le mot «toutes», ce qui a suscité l’éclat de rire général à la table syndicale.
Par ailleurs, lors de la séance de lundi, un des deux représentants patronaux a dû s’absenter de la table pour des raisons de santé d’un de ses membres de la famille, laissant seul à la table le porte-parole patronal. Le syndicat comprend cette situation d’urgence et ne tient aucunement rigueur à qui que ce soit d’une telle situation.
En début de séance hier (mardi), les représentants patronaux ont présenté un projet de lettre d’entente à être signée. Plus tard, dans la journée, le syndicat a apposé sa signature au bas de la lettre d’entente comme prévu. Le porte-parole patronal a d’abord hésité à apposer sa propre signature pour finalement le faire, mais seulement après que son collègue lui a signifié qu’il «faut être conséquent avec soi-même». Puis, le document signé a été jeté par terre avant d’être récupéré par le porte-parole syndical qui a demandé «de ne plus recommencer ça». Mais, l’histoire ne s’arrête pas là. Quelques minutes plus tard, après un autre interminable caucus patronal, le représentant de l’UQTR a demandé de retirer la lettre qu’il venait pourtant de signer ! Il ne désirait plus signer son propre document !
Pour le Syndicat, une telle attitude nuit à la bonne marche des négociations et n’avait pour but que de ralentir les actuelles négociations qui malgré tout n’ont cessé de progresser depuis le début de la grève. Il n’y a pas à douter que cette attitude visant à ralentir les négociations constitue de la provocation à l’endroit des étudiants et entraîne l’Association générale des étudiants à pousser les hauts cris. Rappelons par ailleurs que la rectrice avait assuré à la présidente de l’AGEUQTR, au début de la grève, que monsieur Héroux irait joindre son équipe de négociateurs à la table, ce qui ne s’est jamais réalisé comme on le sait.
Si la table syndicale est composée de cinq personnes, dont le président du syndicat, du côté de l’UQTR il n’y a que deux personnes, le directeur des relations de travail monsieur Éric Hamelin (le 7e à ce titre à l’UQTR dans les 12 dernières années) et un cadre affecté aux relations de travail, monsieur Marc-André Gilbert. En aucun moment, depuis le début des négociations, la partie patronale n’a élargi sa table. Même après un mois de grève, ni le vice-recteur François Héroux ni la rectrice Claire De La Durantaye n’ont cru bon de participer aux discussions. Lundi matin, monsieur Marc-André Gilbert déclarait à un chargé de cours venu manifester : «Je ne suis qu’un pion dans cette histoire.»
Jean Charest appuie les revendications des chargés de cours
En entrevue sur les ondes de CHLN hier (mardi), le chef de l’Opposition officielle et du parti libéral du Québec Jean Charest a appuyé les demandes des chargés de cours. Monsieur Charest a déclaré : «Je peux vous confirmer que ces gens-là travaillent très fort. Il y a un problème depuis très longtemps qui touche non seulement la rémunération, mais l’organisation du travail sur l’université parce que s’ils portent plus de 50% de l’enseignement à un coût moindre, c’est donc dire qu’il y a un déséquilibre dans le fonctionnement. Et ça veut dire que les chargés de cours ont une cause juste à défendre et qu’il faudra, effectivement, des ressources pour les appuyer.» Monsieur Charest a aussi ajouté qu’il «va falloir les payer plus cher parce qu’ils ne sont pas rémunérés à un coût très élevé».
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N.B. Les membres du comité de négociation étant retenus par leurs travaux, ils ne commenteront pas autrement que par ce communiqué l’état actuel des négociations entre les chargés de cours et l’UQTR.
SOURCE :
SYNDICAT CANADIEN DE LA FONCTION PUBLIQUE (FTQ)
SECTION LOCALE 2661, SYNDICAT DES CHARGÉS DE COURS DE L’UQTR

