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Premier objectif stratégique : La consolidation de notre pouvoir de négociation | SCFP
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Premier objectif stratégique : La consolidation de notre pouvoir de négociation

le 31 octobre 2003 12 h 00
 

Contexte

  1. La négociation collective demeure la fonction la plus importante et la plus essentielle de notre syndicat. C’est grâce à la négociation collective que nous protégeons les intérêts de nos membres et de tous les travailleurs et travailleuses. C’est au cours du processus de négociation que nos membres sont le plus profondément engagés dans l’activité syndicale. Les droits des conventions collectives sont ce qui tient le plus à cœur à nos membres.
  2. Accroître notre pouvoir de négociation doit être notre priorité stratégique au cours des deux prochaines années afin que nous puissions efficacement contrer les mesures que les gouvernements et les employeurs (poussés par le secteur privé) mettent en place pour diminuer ce pouvoir. Ces mesures antisyndicales agressives sont nombreuses. Elles incluent notamment :
    • l’élimination de notre droit de grève par l’adoption de lois ;
    • l’affaiblissement de nos conventions collectives ;
    • la réduction du financement destiné aux services pour ensuite opposer les droits et les conditions de travail des travailleuses et travailleurs à ceux des personnes qui ont besoin des services que nous offrons ;
    • la prolongation des grèves ;
    • la mise en place, par des lois et d’autres mesures, de systèmes fragmentés et décentralisés de négociation collective dans le secteur public ; et
    • l’affaiblissement de la taille, de la force et de la solidarité de nos unités de négociation par la sous-traitance, la privatisation et les réductions d’emplois par attrition.
  3. Aucune de ces mesures n’est nouvelle. Tout au long de notre histoire, nous avons été la cible d’attaques semblables.
  4. Mais ce qui est nouveau, c’est que les attaques sont plus ciblées – gouvernements, employeurs et entreprises s’en prennent à un seul groupe de membres à la fois. Ils s’en prennent à des services et à des classifications d’emplois spécifiques, par exemple les travailleuses et travailleurs de soutien de services publics comme l’entretien, la sécurité, le nettoyage, l’alimentation, la buanderie, les hôpitaux, les foyers, les écoles, les municipalités, les universités et presque tous les secteurs où travaillent les membres du SCFP. Ils disent que nos membres offrent des services « auxiliaires », par opposition à des services « de base », et que cela importe peu que notre travail soit confié au secteur privé et au secteur à but lucratif, même si le travail effectué par nos membres est d’une importance critique pour le maintien de la qualité des services publics.
  5. Les employeurs et les entreprises sont également plus déterminés que jamais à mettre la main sur tous les aspects des services publics, y compris les systèmes d’information. Les sociétés privés transforment les systèmes d’information et les dossiers publics en sources de profit pour les exploitants de centres d’appels privés et d’autres entreprises privées spécialisées en technologie de l’information, ce qui menace la protection de la vie privée et des renseignements personnels. Les universités et les collèges sont visés par la privatisation à grande échelle et ils risquent de devenir des centres de commerce à l’américaine au lieu d’être des lieux d’apprentissage. En outre, nous constatons une tendance croissante au transfert et au délestage de services municipaux à des organismes sans but lucratif, privés ou de bienfaisance où les salaires et les avantages sociaux sont nettement inférieurs.
  6. Les employeurs et les entreprises s’en prennent aussi aux protections spécifiques contenues dans les conventions collectives, comme nos droits en matière de sécurité d’emploi, ainsi qu’à tout autre obstacle à la sous-traitance et à la privatisation des services de soutien. Ils font de leur mieux pour isoler des groupes particuliers de membres du SCFP dans leurs attaques : ils veulent diviser pour mieux régner.
  7. Mais surtout, nous constatons un changement fondamental dans les négociations collectives et dans les relations de travail. Les employeurs qui nous font face à la table de négociation refusent plus souvent qu’autrement de mener de véritables négociations. Ils ne négocient pas avec nous parce qu’ils savent que les gouvernements de droite du pays ne sont que trop heureux de leur venir en aide lorsque nous commençons à nous servir de notre pouvoir de négociation. Depuis quelques années, de nombreuses lois ont restreint nos droits et notre pouvoir de négociation – des lois qui rendent difficile la syndicalisation des travailleuses et des travailleurs ; des lois qui limitent ce que nous pouvons négocier ; des lois qui nous retirent notre droit de grève ; des lois qui nous forcent à retourner au travail et qui imposent des conventions collectives lorsque nous décidons de faire la grève.
  8. Les négociations collectives et les relations de travail ont changé de façon radicale et, devant cette nouvelle réalité, il est critique que nous revoyions nos méthodes traditionnelles de négociation et, au besoin, que nous les changions afin de recommencer à faire des percées majeures.

Plan stratégique de deux ans

  1. Nous reconnaissons que, pour gagner à la table de négociation et pour défendre notre droit à la négociation collective, nous devons pouvoir compter sur une mobilisation à grande échelle de nos membres et montrer notre force et notre pouvoir.
  2. À cette fin, chaque secteur du SCFP de chaque province élaborera un plan stratégique dont les objectifs seront de regagner le pouvoir des travailleuses et travailleurs et des syndicats, et de consolider et de coordonner de façon efficace la négociation collective. Les plans stratégiques incluront des initiatives précises qui permettront d’obtenir l’appui des membres à la consolidation et à la coordination des négociations. De même, les plans définiront les structures internes nécessaires à la réalisation de progrès mesurables vers la consolidation et la coordination. Le Conseil exécutif national surveillera les progrès de ces plans d’action stratégiques et présentera des rapports aux membres de façon régulière.
  3. Des structures de négociation coordonnée et consolidée seront mises en place, de façon à ce que nos stratégies et nos demandes de négociation tiennent compte des priorités et des besoins diversifiés des sections locales. Nous veillerons à ce que nos structures de négociation coordonnée et consolidée soient véritablement démocratiques. Ce seront les membres des sections locales qui contrôleront le processus de négociation, parce que le SCFP est d’autant plus fort à la table de négociation quand les membres participent au processus et l’appuient pleinement. Nous veillerons aussi à ce que les structures de négociation coordonnée et consolidée disposent de suffisamment de ressources pour fonctionner efficacement (et qu’il n’y ait pas de rupture dans les communications, par exemple). Mais surtout, nous devons élaborer et mettre en place des stratégies de négociation coordonnée et consolidée qui permettront à toutes nos sections locales de négocier en position de force et de faire des percées qui ouvriront la voie à d’autres. Nous rejetons les stratégies de négociation coordonnée qui permettent aux employeurs d’imposer le plus petit dénominateur commun aux sections locales. Notre approche coordonnée doit être disciplinée afin que nous puissions fixer des objectifs élevés et hausser la limite.
  4. Au cours des deux prochaines années, le SCFP fournira des outils et de l’aide aux sections locales pour obtenir l’appui des membres de la base à un Pacte de solidarité du SCFP. Par ce pacte, les sections locales s’engageront à prendre les mesures voulues pour soutenir directement toute autre section locale du SCFP qui serait la cible d’une attaque. En particulier, nous obtiendrons un appui à un pacte, semblable à celui du Nouveau-Brunswick, en vertu duquel chaque section locale s’engagera à obtenir l’appui à la grève si une autre section locale perd son droit de négocier ou se voit imposer une convention collective par l’adoption d’une loi.
  5. Au cours des deux prochaines années, le SCFP intensifiera ses efforts pour entreprendre des activités coordonnées avec d’autres syndicats représentant des travailleuses et des travailleurs dans nos secteurs, selon ce qui sera approprié pour chaque secteur. La coordination de nos négociations, de même que des initiatives liées à la négociation (comme des sondages et des conférences de négociation) peuvent renforcer le pouvoir de négociation du SCFP et nous aider à maintenir de bonnes normes en matière de conventions collectives à l’échelle des secteurs.
  6. Nous mettrons aussi en place un nouveau système informatique sur Internet (en cours de développement) qui permettra à toutes les sections locales d’avoir accès aux conventions collectives d’autres sections locales, de même qu’à de l’information sur le règlement de conventions collectives, afin que les réussites de chaque section locale puisse profiter aux autres.
  7. Au cours des deux prochaines années, le SCFP renforcera la capacité du syndicat à mobiliser un soutien pour tout groupe de travailleuses et de travailleurs (au SCFP comme à l’extérieur du SCFP) qui est en situation de négociation difficile, ou qui est en grève. Les conseils régionaux du SCFP seront appelés à jouer un rôle de leadership dans la coordination du soutien à la grève au niveau communautaire, et les divisions provinciales continueront d’en faire autant au niveau provincial.
  8. Au cours des deux prochaines années, le SCFP entreprendra, avec les divisions provinciales du SCFP, un programme visant à accroître le nombre de sections locales affiliées aux conseils du travail du CTC et aux fédérations du travail provinciales. Grâce à ces affiliations, le SCFP pourra contribuer à bâtir un mouvement plus militant qui pourra appuyer solidement les services publics et le droit à la négociation collective des travailleuses et travailleurs du secteur public.
  9. Le SCFP entreprendra des campagnes de recrutement stratégiques pour élargir notre pouvoir de négociation et renforcer nos positions de négociation en syndiquant les travailleuses et travailleurs non syndiqués dans les secteurs de compétence du SCFP. Il faudra pour cela adopter des méthodes nouvelles et innovatrices afin de recruter les travailleuses et travailleurs occasionnels et à temps partiel, et les employées et employés des services sous-traités. Il faudra aussi inclure des campagnes de syndicalisation ciblées, disposant de ressources suffisantes, dans le secteur de l’éducation postsecondaire. Le Conseil exécutif national du SCFP, avec l’apport de toutes les régions de notre syndicat, mettra au point une stratégie de recrutement complète et accordera le maximum de financement possible à la mise en œuvre de la stratégie au cours des deux années qui viennent.
  10. Le SCFP mettra également au point des méthodes nouvelles et innovatrices de syndicalisation des travailleuses et travailleurs des petits organismes de services publics mal financés par le gouvernement, comme les garderies et les organismes de services sociaux. Ces méthodes de syndicalisation seront élaborées en même temps que les nouvelles stratégies de négociation collective consolidée et coordonnée pour ces travailleuses et travailleurs. (Nous ne pourrons pas recruter et conserver efficacement les droits de représentation de ces groupes &rdquot; difficiles à syndiquer &ldquot; s’ils doivent finalement négocier de façon fragmentée. Ils ont particulièrement besoin de structures de négociation efficace, coordonnée ou centrale pour obtenir de bonnes conventions collectives.)
  11. Pour passer à l’offensive et faire quelques percées en matière de négociation dans des secteurs clés, le SCFP fixera quelques objectifs et priorités de négociation pour l’ensemble du syndicat. Nous mènerons un sondage national auprès de nos membres pour aider à déterminer les enjeux majeurs. (Ce sondage sera conçu de façon à tenir compte de toute la diversité des préoccupations de nos membres et de leur niveau d’alphabétisation, et de façon à permettre à nos membres de faire entendre leur voix et d’obtenir des résultats.) Nous entreprendrons une campagne interne pour inciter les unités de négociation et les conseils de syndicats à inscrire ces priorités clés à l’ordre du jour des négociations. Cette campagne inclura l’organisation de conférences de négociation pour déterminer les objectifs et les priorités clés du SCFP en matière de négociations. (Le SCFP a déjà eu recours à des stratégies nationales de négociation qui lui ont permis de réussir des percées majeures. Par exemple, dans les années 90, nous avons réalisé des gains importants dans le domaine des congés de maternité payés grâce à un effort national concerté. Depuis quelques années, en nous attaquant aux problèmes de la charge de travail et du stress à un niveau national, nous avons obtenu des gains significatifs par la négociation collective. En outre, notre campagne nationale « À chaque femme un meilleur salaire ! » nous a permis de faire des gains majeurs en matière de salaires et d’avantages sociaux pour nos membres féminins mal payées.)
  12. Nous reconnaissons que nos négociations collectives ne se déroulent pas en vase clos. Nos droits de négociation et notre capacité à réaliser des gains à la table de négociation sont de plus en plus déterminés par les assemblées législatives des provinces. Il est essentiel que nos stratégies de négociation soient appuyées et complétées par l'action politique, tant sur la scène locale que sur les scènes provinciale et fédérale. Cette action politique doit être menée 365 jours par année. Notre action politique doit inclure l'édification d'alliances avec d'autres organisations, notamment d'autres syndicats, des groupes de la société civile, des groupes communautaires et des organismes sans but lucratif. Notre action politique doit inclure une collaboration avec le NPD et avec d'autres élues et élus sensibles aux préoccupations des syndicats. Aux niveaux local et communautaire, notre action politique doit comprendre un programme complet visant à faire élire des conseils municipaux et des conseils scolaires progressistes, prosyndicaux et démocratiques. Les conseils régionaux du SCFP peuvent jouer un rôle critique dans la réussite d'un tel programme. Enfin, notre programme d'action politique doit être appuyé par des stratégies médiatiques et de relations publiques efficaces pour aider à changer la façon dont le public perçoit les services publics et les travailleuses et travailleurs du secteur public. On pourrait par exemple offrir une formation en relations avec les médias aux militantes et militants des sections locales, ou organiser plus efficacement la diffusion de notre message en ayant recours à des activités médiatiques.
  13. Le plan stratégique élaboré ci-dessus et dans les deux prochaines sections du présent document demande aux conseils régionaux du SCFP de jouer un rôle actif dans l’organisation du soutien à la grève, dans l’appui aux négociations coordonnées et dans l’organisation de campagnes communautaires et politiques. Pour s’acquitter de ce mandat, le Conseil exécutif national préparera, en consultation avec tous les conseils régionaux du SCFP (qui ne sont pas tous semblables) un plan de consolidation de leur base financière afin qu’ils disposent des ressources voulues pour édifier la solidarité syndicale au niveau communautaire et pour faire leur travail d’éducation. En outre, le SCFP national aidera les conseils régionaux à entreprendre une campagne dynamique visant à accroître l’affiliation des sections locales.

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