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Hôpital en PPP à Brampton : encore un fiasco

le 9 janvier 2008 3 h 59
 

La Coalition ontarienne de la santé arrive à des conclusions alarmantes au sujet de l’un des premiers hôpitaux privés en Ontario.

La coalition a rendu public un nouveau rapport sur les dépassements de coûts, les réductions de services et des accusations de dissimulation dans lesquels est embourbé un hôpital en PPP de Brampton. Les recherchistes de la coalition ont passé au peigne fin des montagnes de documents pour en arriver à leurs conclusions alarmantes. Mais il a d’abord fallu une bataille de quatre ans devant les tribunaux pour avoir accès aux détails des ententes financières de l’hôpital et à d’autres données.

Selon le rapport, pendant que les coûts du projet augmentaient de 186 pour cent, l’hôpital rétrécissait, passant d’un établissement de trois à deux édifices, avec moins de salles d’opération et 22 pour cent moins de lits. Octobre 2007, le Brampton Civic Hospital a ouvert ses portes avec deux années de retard. Quelques semaines à peine après l’ouverture, deux décès survenus à l’hôpital ont provoqué une manifestation et la province a dû intervenir en nommant un administrateur.

 

La coalition soutient que les gouvernements, tant conservateur que libéral, ont trompé la population au sujet de l’hôpital privé et de ses conséquences. Elle exige un moratoire sur tous les hôpitaux en PPP et un examen complet par le vérificateur général de la province de toutes les ententes de PPP signées jusqu’à maintenant, incluant celle de l’hôpital de Brampton.

George Smitherman, ministre de la Santé, a tenté de désamorcer la controverse grandissante en s’attaquant aux membres de la coalition, disant qu’ils ne comprenaient rien au dossier. Mais les médias ne mordent pas à l’hameçon. Ils font plutôt écho aux coalitions qui exigent des réponses et une divulgation complète de l’information.

Des douzaines d’autres hôpitaux en PPP sont prévus et il est grand temps que le gouvernement de l’Ontario explique les raisons qui l’incitent à privilégier la privatisation de ces établissements. La question à un milliard de dollars est celle-ci : si cette pratique est si avantageuse pour les contribuables, pourquoi cacher tant d’information?