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Des syndicats s’unissent pour lutter contre des PPP en Californie

le 29 janvier 2008 3 h 11
 

Le gouverneur de la Californie, Arnold Schwarzenegger, a annoncé des projets de privatisation de routes, d’écoles et de systèmes d’eau, invoquant l’expérience canadienne en matière de PPP pour étayer ses arguments. Le SCFP s’est uni à un syndicat californie afin de l’aider à dénoncer et à combattre un nouvel élan de privatisation.

Dans son dernier discours, il citait nommément le recours aux PPP en Colombie-Britannique, même si les faits démontrent amplement que la privatisation a été un échec dans cette province.

Malgré les problèmes bien documentés causés par les PPP en C.-B., Arnold Schwarzenegger a déclaré à la législature de l’État que « la Colombie-Britannique a souvent recours aux partenariats public-privé pour construire des autoroutes, des ponts, des systèmes de transport rapide, des installations de traitement des eaux et ainsi de suite, et tout le monde nage dans le bonheur – les leaders politiques, les entreprises, le public, l’économie et l’avenir ».

Les propres sondages des privatiseurs n’appuient pas les prétentions au bonheur de M. Schwarzenegger. Le dernier sondage national mené au pays pour le Conseil canadien des partenariats public-privé montre que c’est en Colombie-Britannique, la province qui compte le plus d’expérience en la matière, que l’appui aux PPP est le plus faible – et qu’il est même en diminution.

Dans son discours, Arnold Schwarzenegger a repris les affirmations du gouvernement de la C.-B. à l’effet que les PPP ont livré des travaux d’infrastructure « plus rapidement, plus efficacement et plus économiquement ». Le premier ministre de la C.-B., Gordon Campbell, s’est empressé d’en rajouter dans le département de l’admiration mutuelle et s’est dit réjoui par les projets du gouverneur.

Et, faisant pendant à l’alliance entre le gouverneur et le premier ministre, la section locale 1000 du SEIU a fait front avec le SCFP. Les deux syndicats échangent des études et des analyses pour dénoncer les projets de PPP du gouverneur et s’y opposer.

M. Schwarzenegger et son administration ont aussi loué et vanté le recours aux PPP en Ontario. Dalton McGuinty n’a pas répondu, préférant continuer de faire semblant que les nouveaux modèles de financement et d’approvisionnement de son gouvernement ne sont pas des PPP.

Les médias californiens n’ont pas eu à creuser très loin pour découvrir la vérité sur les PPP en C.-B. et ailleurs. Des opposants canadiens aux PPP, dont le président national du SCFP Paul Moist, ont été cités dans un article de l’Associated Press publié par de nombreux journaux de l’État.

 

Le syndicat qui représente les ingénieurs, les architectes, les géologues et les arpenteurs de l’État surveille aussi de près les PPP. Des blogueurs progressistes ont également étudié l’expérience canadienne pour présenter des arguments contre les PPP dans l’État.

Ce n’est pas la première fois que le gouverneur fait la promotion des PPP pour l’infrastructure de l’État. En mai 2007, Arnold Schwarzenegger s’est rendu en C.-B. et a loué « l’immense succès » des PPP dans la province.

Selon le Los Angeles Times, Gordon Campbell aurait confié à son homologue californien que « d’ici une décennie, tous les grands projets d’infrastructure de la province seront construits et gérés par des intérêts privés ». Le SCFP-C.-B. exploite ce lien dans les documents de sa campagne anti-privatisation et affuble Gordon Campbell du nom de « Privanator » faisant allusion au « Gubernator » de la Californie.

Chez lui, les médias montrent qu’Arnold Schwarzenegger a de la difficulté à faire valoir ses projets. Les forces pro-privatisation se disent frustrées par la lenteur des progrès de la privatisation dans l’État.

M. Schwarzenegger s’inspire du scénario canadien de bien d’autres façons. Il imite notamment Infrastructure Ontario, qui a tenté de contourner l’opposition aux PPP en renommant le concept « nouveaux modèles de financement et d’approvisionnement »; le gouverneur a ainsi décidé de rebaptiser les PPP « Performance Based Infrastructure ».

Il veut que les législateurs adoptent cette année une loi créant un « Centre d’excellence pour l’infrastructure axée sur le rendement », à la manière des organismes publics en
C.-B. et en Ontario qui font la promotion des PPP.

Entre-temps, en C.-B., le gouvernement continue à faire l’apologie de la privatisation, en dépit des faits. Kevin Falcon, ministre des Transports, a déclaré dernièrement que le dossier de la province en matière de PPP était « proprement stupéfiant ».