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Le conseil devrait retenir la leçon : les écoles en PPP ne fonctionne pas

le 26 septembre 2008 12 h 37
 

« Si l’expérience constitue le meilleur enseignement, le Conseil scolaire public de Saskatoon devrait apprendre des erreurs des autres et abandonner son idée d’école publique appartenant et gérée par le secteur privé pour la ville », affirme le président du SCFP-Saskatchewan, Tom Graham.

Le Conseil scolaire public de Saskatoon qui est en manque d’argent a annoncé il y a deux semaines qu’il étudiait attentivement l’idée d’un recours à un partenariat public-privé (PPP) pour la construction d’une nouvelle école dans un quartier en rapide expansion du nord-est de Saskatoon, Willowgrove.

Cette controversée proposition de PPP ferait en sorte qu’une entreprise privée serait le constructeur, le propriétaire et le gestionnaire de l’école qu’elle louerait ensuite au conseil scolaire par le biais d’un contrat de cession-bail à long terme, généralement de 15 à 35 ans.

En se basant sur les expériences vécues dans d’autres juridictions et des études en profondeur, le président du SCFP-Saskatchewan, Tom Graham, affirme que le conseil scolaire devrait réaliser que les écoles en PPP ne sont pas un modèle viable.

« Cas après cas, les conseils scolaires ont appris que les écoles en PPP coûtent généralement de 30 % à 50 % plus cher que lorsqu’elles sont financées selon le modèle traditionnel. De plus, elles sont livrées avec de nombreux problèmes », a ajouté M. Graham.

Il fait en outre remarquer que la Nouvelle-Écosse a abandonné ses projets d’écoles en PPP en 2000 après avoir constaté des dépassements de coûts de l’ordre de 35 millions. En raison des ententes de cession-bail sur plusieurs années, la province demeure aux prises avec toute une gamme de problèmes qui vont du manque d’accès de la communauté à ses écoles, à l’augmentation des coûts pour l’utilisation des gymnases et des autres installations scolaires en passant par des défauts de construction.

Comme l’a admis une ancienne ministre de l’Éducation de Nouvelle-Écosse, Jane Purves, la formule de PPP comportait un nombre important de défauts et de problèmes.

Une étude menée récemment par l’économiste Hugh Mackenzie sur le projet du gouvernement albertain de construction d’écoles en PPP arrivait à la conclusion que pour deux écoles financées en PPP, le public pouvait en construire trois. Son rapport intitulé Doing the math: Why P3s for Alberta schools don’t add up (Faire le calcul : pourquoi les PPP pour les écoles albertaines ne peuvent pas fonctionner), donne les détails sur les coûts, parle du manque de transparence, de la perte du contrôle de la collectivité et de l’augmentation des risques qui vient avec les PPP.

Lors de la réunion du Conseil scolaire public de Saskatoon de la semaine dernière, le président de la section locale 8443 du SCFP, Will Bauer, a déclaré aux fiduciaires : « Toute forme de financement en PPP ne contribuera qu’à miner la capacité du conseil de superviser la qualité de l’éducation dispensée dans cette ville. »

M. Bauer, dont la section locale représente le personnel de soutien des écoles publiques de Saskatoon a instamment demandé aux membres du conseil de faire pression sur le gouvernement provincial afin qu’il majore le financement accordé à la nouvelle école. « Pourquoi devons-nous avoir recours à d’autres façons de financer une nouvelle école à une époque où le gouvernement engrange des revenus sans précédent ? a demandé le président de la section locale 8443 du SCFP, Will Bauer. La responsabilité de financer la construction de nouvelles écoles revient au gouvernement, pas à l’entreprise privée. »

Compte tenu de la nature controversée des projets de PPP, le SCFP affirme que le conseil devrait tenir une véritable consultation sur toute proposition de privatisation d’école.

MM. Bauer et Graham assurent que le SCFP est prêt à travailler avec le conseil afin de faire en sorte que le gouvernement provincial fasse du financement d’une nouvelle école pour Willowgrove une priorité.