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Les PPP en Saskatchewan : un « pensez-y bien »

le 31 mars 2008 3 h 30
 

Rod Gantefoer, ministre des Finances de la Saskatchewan, doit refaire ses devoirs sur les « partenariats public-privé » (PPP) avant d’engager la province à mettre en œuvre des projets d’infrastructure controversés que les contribuables de la Saskatchewan pourraient devoir payer pendant des décennies, affirme Tom Graham, président du SCFP-Saskatchewan.

Tom Graham ne se contente pas d’offrir ce conseil au ministre. Il lui a aussi envoyé par courriel une liste de suggestions de lectures, y compris des liens Internet avec trois rapports canadiens sur les PPP qui jettent un doute sérieux sur leur viabilité.

Le ministre Gantefoer a déclaré, à un déjeuner d’affaires tenu à Saskatoon cette semaine, qu’il était « ouvert » à l’idée de partenariats public-privé pour aider à réaliser des projets d’infrastructure à grande échelle. Il a aussi annoncé que le SaskParty avait l’intention de demander conseil à diverses entreprises du pays.

Le gouvernement fédéral conservateur, ardent défenseur des PPP, exige désormais que les provinces, territoires et municipalités évaluent la possibilité d’avoir recours à des PPP en infrastructure s’ils veulent recevoir un financement fédéral.

Les PPP, rebaptisés « partenariats pour les pickpockets publics » par leurs détracteurs, confient l’exploitation d’installations publiques à des intérêts privés dans le cadre de contrats qui durent des dizaines d’années.

L’expérience canadienne en matière de PPP n’a pas été positive. L’un des projets de PPP les mieux connus, le Pont de la Confédération de l’Î.-P.-É., a coûté 45 millions $ de plus que s’il avait été construit par le secteur public, selon la vérificatrice générale du Canada. De même, un hôpital de Brampton construit en PPP a coûté au gouvernement de l’Ontario jusqu’à 300 millions $ de plus que s’il avait été construit grâce à un financement public conventionnel.

Selon un rapport rédigé en 2007 par l’universitaire Pierre Hamel pour la Fédération canadienne des municipalités, rien n’indique que les PPP coûtent systématiquement moins cher, ni n’offrent de meilleurs services que les projets publics conventionnels. Le rapport, Les partenariats public-privé (PPP) et les municipalités : au-delà des principes, un bref survol des pratiques, est l’un des choix qui ont été proposés au ministre par le SCFP.

Le SCFP a aussi suggéré un document de travail rédigé en 2006 par l’Université de la Colombie-Britannique, Public-Private Partnerships in Canada: Theory and Evidence, qui examine 10 études de cas de PPP canadiens et qui conclut que « les avantages potentiels des PPP sont souvent annulés par le coût élevé des contrats et par l’opportunisme ».

Le troisième document est un rapport de 2006 du Centre canadien de politiques alternatives rédigé par Stuart Murray, Value for Money? Cautionary Lessons About P3s from British Columbia, qui constate que les PPP sont moins économiques, moins efficaces et moins transparents que les projets publics conventionnels.

Le SCFP espère que le ministre fera ses devoirs et qu’il lira ces rapports détaillés avant de s’engager davantage sur la voie des PPP. Sinon, il ferait preuve d’irresponsabilité.

« Avec toute la recherche qui montre les dangers financiers de ces projets, il est difficile d’imaginer qu’un gouvernement, quel qu’il soit, puisse justifier le recours aux PPP », conclut Tom Graham, qui ajoute qu’une idéologie aveugle n’est pas une raison suffisante.

Pour en savoir plus : http://www.cupe.ca/privatization/resources