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En France, des entreprises du secteur de l’eau sous la loupe pour avoir fixé les prix

le 18 janvier 2012 4 h 12
 

Trois des plus grandes sociétés mondiales de l’eau sont accusées de s’être entendues sur le prix des services de l’eau et des eaux usées demandé sur le marché français.

 La Commission européenne sur les ententes et abus de position dominante fait enquête  pour déterminer si Suez Environnement, Veolia Environnement et SAUR « ont coordonné leur comportement sur les marchés des services de l’eau et des eaux usées, en France, en particulier en ce qui concerne des éléments du prix facturé au consommateur ».

Ensemble, ces trois multinationales contrôlent 69 pour cent des réseaux d’aqueduc et 55 pour cent des réseaux d’égout du pays. La Commission a aussi inclus dans son enquête la Fédération professionnelle des entreprises de l’eau.

En 2010, la Commission a effectué des inspections-surprises dans les bureaux de plusieurs multinationales pour enquêter sur des allégations selon lesquelles elles utilisaient leur position dominante pour truquer les appels d’offres et surfacturer les municipalités.

Un an plus tard, elle a infligé à Suez Environnement et à sa filiale, la Lyonnaise des Eaux (LDE), une amende de 8 millions d’euros pour bris d’un scellé apposé par la Commission afin d’empêcher la destruction ou la disparition de documents.

Le secteur français de l’eau est entaché depuis longtemps par la corruption et les pratiques anticoncurrentielles. Ce pays est perçu comme le berceau de la privatisation de l’eau; il héberge des multinationales qui font pression sur le Canada, par le truchement de l’Accord économique et commercial global, pour que celui-ci ouvre à la privatisation les services de l’eau et des eaux usées.


Cette enquête survient alors que la France se prépare à accueillir le sixième Forum mondial de l’eau, dont Veolia et Suez sont d’importants commanditaires. Ce forum est fermement enchâssé dans un cadre corporatiste faisant la promotion de la privatisation de l’eau. Ce réseau a des racines profondes à Marseille, où se tiendra le forum en mars.

Le SCFP s’apprête à collaborer avec l’Internationale des services publics, le Conseil des Canadiens et le mouvement de justice mondiale en matière d’eau, en plus de promouvoir les solutions publiques dans des événements en marge du forum.

Le SCFP participe à la résistance à chaque Forum mondial de l’eau depuis 2000.