Municipal sector council meeting

Les employés municipaux utilisent la mobilisation, la collaboration et l’action politique pour résister à la privatisation et protéger les services.

Toronto, du 6 au 9 octobre 2014

La réunion du conseil du secteur municipal du SCFP a réuni près de 200 membres. Ceux-ci ont partagé de l’information, développé des stratégies et consolidé leurs liens.

Un tour d’horizon des problèmes avec lesquels ils sont aux prises a fait ressortir des défis partagés. Nos membres ont souligné : la nécessité de renforcer l’unité et la solidarité dans un contexte de négociations difficiles; les attaques contre la négociation libre, les régimes de retraite, les avantages sociaux, l’ancienneté et les congés de maladie; la violence, l’intimidation et l’absence de respect au travail; la sous-traitance et les partenariats public-privé; le découragement des syndiqués; les postes non pourvus; et l’exigence constante d’en « faire plus avec moins ».

Au fil des témoignages, nos membres ont établi des liens entre leurs combats, qu’il s’agisse de sauver les golfs municipaux de Winnipeg, Calgary, Toronto et Prince George ou d’identifier la stratégie copier-coller du géant de la consultation KPMG, qui mousse la privatisation comme la solution idéale dans tous ses examens des services de base. Une table ronde s’est intéressée au succès des campagnes antiprivatisation à Toronto (SCFP 79), Winnipeg (SCFP 500) et Prince George (SCFP 1048 et 399), ainsi qu’à une campagne du SCFP-Québec où on présente la livraison en interne des services municipaux comme un puissant outil de lutte à la corruption.

L’actualité internationale influence les négociations, tout comme l’actualité locale a des répercussions mondiales. L’agente en solidarité internationale du SCFP Kelti Cameron a démontré, exemples à l’appui, que le mouvement international de résistance aux multinationales (p.ex. la défense et la promotion de l’eau publique en Colombie, aux Philippines et à Detroit) nourrit les efforts antiprivatisation du SCFP et vice versa, ce qui renforce ce mouvement.

Dans une table ronde animée sur les liens entre politique municipale et politique fédérale, on a établi un lien direct entre la Colline parlementaire et chaque ville et village du Canada. Le député néo-démocrate Alexandre Boulerice a illustré, en utilisant l’exemple de sa circonscription montréalaise, l’importance d’élire des gens progressistes qui bâtiront ensemble un meilleur pays, une municipalité à la fois.

La chercheuse du SCFP Shelly Gordon a expliqué que le retrait du fédéral de l’assurance-emploi, du logement social, des transports et des services de garde, alourdit le fardeau des municipalités, dont les budgets sont déjà mis à mal, sans oublier les nouvelles règles de financement des infrastructures qui forcent les municipalités à accepter des PPP.

Quand le SCFP se mobilise pour faire élire de bons conseils municipaux, ceux-ci peuvent ensuite plaider auprès des instances supérieures. Nos membres ont raconté qu’il ne faut pas cesser nos actions politiques au lendemain des élections. Pour défendre les services publics et les bons emplois, il faut absolument garder le contact avec ces élus et leur demander des comptes en cours de mandat.

On a consacré beaucoup de temps à la protection des bons régimes de retraite. D’Arcy Lanovaz de la section locale 38 et Denis Bolduc, vice-président régional du SCFP-Québec, ont fait des exposés sur la riposte par la mobilisation massive aux attaques contre les régimes à prestations déterminées.

Tout au long de la rencontre, on a mis l’accent sur la collaboration. En petits groupes, les membres ont identifié les dossiers et les priorités à aborder dans les prochains rassemblements et téléconférences sectoriels, soit la privatisation, l’examen des services de base, les régimes de retraite, les tendances dans les négociations et le harcèlement des syndiqués par le biais de programmes de gestion de l’assiduité.

De plus, nos membres ont participé à l’élaboration d’un nouvel outil qui aidera les sections locales du SCFP à identifier les faiblesses des tentatives que fait l’employeur pour instaurer des régimes salariaux, des avantages sociaux ou des conditions de travail à deux vitesses.

Enfin, les membres ont eu droit à un atelier de communication basé sur la plénière Pour un monde plus juste. Ils y ont exploré les obstacles et les opportunités en matière d’intéressement et de mobilisation de la base. Les participants ont partagé des méthodes créatives pour débusquer leurs membres et les intéresser aux enjeux de l’heure.

Nos membres ont pu identifier ensemble les forces de leur groupe, puis jeter les bases d’une collaboration et d’une solidarité pancanadienne plus poussée. Ils sont repartis de cette rencontre avec de nouvelles idées et la conviction que leurs problèmes sont partagés par d’autres sections locales.

Album photo : Réunion du conseil du secteur municipal