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Global justiceLa troisième Conférence internationale sur le financement du développement (CIFD3) s’est déroulée du 13 au 16 juillet à Addis-Abeba en Éthiopie. Et à cette occasion, des chefs d’État, des ministres des finances et des représentants de diverses banques de développement se sont rencontrés pour discuter de la manière dont les nouveaux objectifs de l’ONU en matière de développement durable  (ODD) seront financés.

Les ODD remplaceront les objectifs de développement du millénaire (ODM). Les ODM, qui consistaient en huit objectifs de développement international, avaient été fixés en 2000, et ce programme se terminera à la fin de 2015.

L’éventail des objectifs de développement du millénaire consistait à :

  1. éradiquer la pauvreté et la famine;
  2. offrir universellement l’éducation primaire; 
  3. atteindre l’égalité entre les sexes et l’émancipation des femmes;
  4. améliorer la santé des mères;
  5. abaisser les taux de mortalité infantile;
  6. combattre le VIH/SIDA;
  7. promouvoir le développement durable;
  8. établir les partenariats internationaux pour le développement.

Bien que les ODM soient parvenues à rehausser le niveau de sensibilisation sur ces enjeux importants, les objectifs en tant que tel n’ont pas été atteints. Si le rythme actuel de réduction des inégalités était maintenu, cela prendrait 850 ans pour accroître de 10 pour cent les revenus du milliard d’individus les plus pauvres de la planète. 

Le gouvernement canadien a dépêché à Addis-Abeba une délégation dirigée par le ministre de la Coopération internationale et de la francophonie, Christian Paradis. La décision d’envoyer Paradis à cette rencontre ainsi que le rôle considérable donné au secteur privé dans le cadre des négociations des nouveaux ODD inquiète les syndicats et divers groupes de la société civile canadienne. Il y a tout lieu de croire que le gouvernement du Canada se sert des négociations du CIFD3 pour accroître le pouvoir de l’entreprise privée, tout en prétextant vouloir venir en aide aux pauvres. 

Paradis est le président de l’Initiative de refonte du financement du développement (IRFD).  Le IRFD est un projet mené conjointement par le Forum économique mondial et l’Organisation de coopération de développement économique (OCDE), et son but premier consiste à aider le secteur privé à financer les pays en voie de développement.

La grande majorité des gens sont d’accord avec l’intention de favoriser le développement durable et de combattre la pauvreté. Mais de nombreuses organisations de la société civile sont persuadées que ces objectifs ne peuvent être atteints par l’entremise de partenariats public-privé (PPP) ni à l’aide des modèles de « financement mixte » qui laissent la globalisation néo-libérale se propager sans être remise en question.

L’expérience vécue par des millions de pauvres citoyens de pays en voie de développement a certainement rompu le lien de confiance quant aux véritables intentions des institutions financières internationales et des multinationales. Des groupes de défense d’agriculteurs présents au CIFD3 ont insisté sur le fait que « l’entreprise et le secteur privé doivent cesser de considérer les objectifs de développement durable comme un autre moyen de maximiser leur insatiable appétit de profits, parce que cela se fait aux dépens de la population et de la santé de notre planète ».

Pour contrer ces pratiques, le mouvement syndical s’est engagé à fond dans les négociations en plaidant vigoureusement pour une planification orientée vers les besoins des êtres humains, à savoir : la redistribution de la richesse, la limitation des pouvoirs des entreprises transnationales, la fin de la privatisation des services publics, une atténuation de la prolifération des ententes de commerce et d’investissement, ainsi que la régularisation des institutions financières.

Pour signer la pétition de l’Internationale des services publics.

Pour prendre connaissance de la position de la Confédération syndicale internationale.

Et pour obtenir plus d’information sur le rôle que joue le Canada dans la négociation des objectifs de développement durable, et pour faire pression sur le gouvernement afin qu’il assume un rôle de leader en adoptant un programme répondant aux besoin des populations, visitez le site Internet On peut faire mieux.