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Le maire de la Ville de Québec privatise à l’aveuglette

le 22 décembre 2011 1 h 11
 
Marc-André Dufour, président du syndicat des cols bleus de Québec (SCFP 1638). Photo archives SCFP Annie Thériault

Le syndicat des cols bleus de Québec trouve surprenante et incongrue la décision de l’administration Labeaume de privatiser à 100 pour cent les services d’horticulture et d’entretien sanitaire.

Pour les cols bleus, tout indique que cette décision coûtera plus cher aux contribuables, d’autant plus que le maire lui-même avoue n’avoir effectué aucun comparatif avant de plonger. Leurs représentants syndicaux soupçonnent donc le maire de croire que tous les moyens sont bons pour s’en prendre au syndicat, quitte à refiler la facture aux citoyens.

« Nous sommes formels : au privé, le service d’horticulture ne peut que coûter plus cher à la Ville. Quant à l’entretien sanitaire, nous avons justement négocié des assouplissements au cours des dernières années pour réduire les coûts. Les gestionnaires de la Ville nous répètent souvent que l’entretien sanitaire est très compétitif à l’interne. Le maire est-il sur la même longueur d’onde que ses gestionnaires? » a demandé Marc-André Dufour, président du Syndicat des employés manuels de la Ville de Québec (SCFP 1638).

« Bref, l’annonce d’aujourd’hui nous surprend complètement. Mais ce qui ne nous surprend pas, c’est que le maire n’a aucun chiffre en main. Il ne peut qu’agir à l’aveuglette, parce que s’il effectuait un comparatif rigoureux, il serait forcé d’avouer que sa sous-traitance va coûter plus cher aux citoyens »,a ajouté M. Dufour.

Les représentants syndicaux des cols bleus n’hésitent pas à faire un lien entre l’annonce d’aujourd’hui et le mauvais état de la négociation en cours. Constatant l’impasse des pourparlers entamés le 7 février dernier, ils ont demandé le 30 novembre l’intervention d’un conciliateur du ministère du Travail. La première séance de conciliation est prévue le 13 janvier prochain.

Parmi les principaux enjeux pour les syndiqués, on retrouve la question de la « quantité de travaux actuellement effectués par les employés » exprimée globalement en heures travaillées, le passage de six à trois listes de rappel au travail pour les auxiliaires, l’horaire de travail et un ajustement salarial.

La convention collective des cols bleus est échue depuis le 31 décembre 2010. Les cols bleus de Québec n’ont pas exercé de droit de grève depuis plus de 25 ans. Sans conflit de travail, la précédente ronde de négociation s’était terminée à la fin mai 2009 par la signature d’un nouveau contrat avec l’administration du maire Labeaume. Les cols bleus sont au nombre d’environ 1350.