Logo du SCFP

Le SCFP lance une campagne de publicité sur les PPP

le 25 mars 2009 12 h 23
 

L’appui du gouvernement de la Saskatchewan aux PPP est inquiétant, selon le SCFP

Saskatoon – Le gouvernement de la Saskatchewan doit remettre en question son recours aux partenariats public-privé (PPP) pour les grands projets d’infrastructure, car il est de plus en plus évident que ces modèles controversés sont un « épouvantable gaspillage d’argent ».

Considérés comme la façon « dernier cri » de privatiser des actifs publics comme les hôpitaux, les écoles et les ponts, les PPP ont la faveur des gouvernements Harper et Wall – et ce malgré la crise du crédit qui entraîne la faillite d’ententes de PPP déjà bancales.

« Les Saskatchewannais ont de bonnes raisons de s’inquiéter de l’appui accordé par le gouvernement Wall aux projets de PPP, croit Tom Graham, président du SCFP-Saskatchewan. Il semble que l’idéologie l’ait emporté sur le bon sens ici, parce qu’avec les PPP, vous en avez beaucoup moins pour votre argent. »

En janvier, le gouvernement du SaskParty a créé un « secrétariat des PPP » pour explorer la possibilité de réaliser des projets de PPP dans la province. Des écoles, une résidence universitaire et un hangar pour le programme de services ambulanciers aériens font partie des projets de PPP à l’étude.

Une note d’information du gouvernement de la Saskatchewan (du 15 octobre 2008), obtenue par le bloggeur de Saskatoon Joe Kuchta grâce à une demande d’accès à l’information, confirme que le SaskParty évalue toutes les options : « Tous les aspects des PPP (conception, construction, financement, propriété et exploitation) seront envisagés pour les projets de plus de 25 millions de dollars et d’une durée d’au moins 20 ans qui s’adaptent mal à la méthode conventionnelle. »

Même si le gouvernement Wall soutient que les PPP « permettent d’accélérer la construction, d’assurer une livraison en temps et selon les budgets et de transférer les risques au secteur privé », les faits n’appuient pas ses prétentions, affirme Guy Marsden, recherchiste au SCFP.

La recherche publiée aujourd’hui par le SCFP révèle une image troublante des PPP – des projets caractérisés par des coûts beaucoup plus élevés et une reddition de comptes très réduite. En voici quelques exemples :

Sur les dépassements de coûts :

  • En décembre 2008, le vérificateur général de l’Ontario a publié un rapport accablant sur le projet de PPP de l’Hôpital Brampton Civic. Entre autres, le vérificateur général a conclu que les coûts prévus pour l’hôpital en PPP de Brampton étaient passés de 357 millions au départ à 614 millions de dollars à la fin du projet, même si l’édifice était considérablement plus petit que prévu et contenait moins de lits.
  • Dans l’analyse qu’il a rédigée dernièrement sur les projets de l’Alberta visant à construire 18 écoles en PPP identiques, l’économiste Hugh Mackenzie a constaté que pour deux écoles financées selon le modèle des PPP, on pouvait en construire trois en ayant recours au financement conventionnel du secteur public.

Sur le manque de reddition de comptes :

  • En janvier 2009, le juricomptable Ron Parks et la comptable agréée Rosanne Terhart ont évalué quatre projets de PPP en C.-B., dont l’hôpital d’Abbotsford. Ils ont conclu que le coût en dollars non indexés de l’hôpital en PPP d’Abbotsford dépassait celui du comparateur du secteur public de 328 millions de dollars. Ils ont aussi critiqué Partnerships BC – l’organisme gouvernemental qui fait la promotion des PPP – qui avait refusé de divulguer une information critique en réponse à des demandes d’accès à l’information. « À notre avis, cette attitude dénote un manque général de transparence et de reddition de comptes à la population. »

Les PPP ne sont pas une bonne affaire économique en temps normal, mais la crise financière a encore affaibli leur viabilité, selon Guy Marsden. Le financement privé du PPP du pont Port Mann en Colombie-Britannique, par exemple, a échoué plus tôt cette année lorsque l’action du Groupe Macquarie, le principal consortium, a plongé de 82 %. Le gouvernement provincial a dû renflouer le projet et en assumer la responsabilité.

Un examen général mené par PricewaterhouseCoopers en décembre 2008 concluait que « l’avenir demeure sombre pour le prochain trimestre. Peu de contrats (de PPP) seront signés. Beaucoup ont déjà été renvoyés aux calendes grecques. »

Même si le SaskParty appuie toujours les PPP pour les grands projets d’infrastructure, un sondage récent indique que la majorité des résidents de la Saskatchewan ne sont pas de cet avis.

Dans le sondage de Viewpoint Research, commandé par le SCFP-Saskatchewan en novembre, 50 % des répondants rejettent carrément le recours aux PPP pour les écoles, les hôpitaux et les ponts, alors que 35,7 % l’appuient.

Selon le SCFP, le gouvernement Wall doit revoir son appui aux PPP à la lumière des faits et non de l’idéologie.

Le syndicat a lancé une campagne de publicité télédiffusée cette semaine pour inciter les résidants à en apprendre plus sur les PPP.

Pour communiquer avec Tom Graham : 306-229-8171.

Pour en savoir plus sur les PPP, consultez : cupe.sk.ca

Les PPP et l’effondrement financier
(76 kB)

Les écoles en PPP n’obtiennent pas
(76 kB)

Les PPP : la mauvaise ordonnance pour les soins de santé
(89 kB)

Fiche d'information sur l’agence des PPP de la Saskatchewan
(92 kB)

Fiche d'information sur les lacunes des partenariats public-privé (PPP)
(74 kB)