Riccardo Filippone | Service des communications du SCFP
 
Aimeriez-vous faire entrer le Parlement canadien dans le 21e siècle? Ce ne serait pas extraordinaire si vous pouviez obliger le gouver­nement à débattre d’enjeux qu’il préfère balayer sous le tapis; Comme les garderies à coût abordable? La motion sur les pétitions électroni­ques présentée par le député néo-démocrate Kennedy Stewart pourrait nous faire franchir un pas dans cette direction.
 
Actuellement, les seules pétitions que vous pouvez présenter à la Chambre des communes sont celles qui ont été signées – tenez-vous bien – sur papier! Oui, à l’époque des courriels, des médias sociaux et de la navigation sur le web avec un téléphone intelligent, la seule façon 
de mettre votre nom sur une pétition « valide », c’est de la signer en personne.
 
Et qu’est-ce que vous obtenez pour vos beaux efforts? Un député se lève en Chambre, lit le sujet 
de la pétition, donne le nombre de signatures puis se rassoit sans même pouvoir s’exprimer sur l’objet de la pétition. Et, comme si ce n’était pas assez, le ministre concerné émettra une « réponse » dans les 45 jours suivants le dépôt de la pétition.
 
Le NPD en a assez de ces absurdités. Le 29 janvier dernier, la motion de M. Stewart sur les pétitions électroniques a été adoptée. Une étude d’un an pour trouver la meilleure façon de procéder a été entreprise. Ensuite, les pétitions que des millions de Canadiens signent en ligne pourront être présentées à la Chambre des communes.  C’est une immense victoire pour tous ceux qui pensent qu’une pétition devrait tenir compte du nombre de personnes qui se préoc­cupent réellement d’un enjeu, plutôt que du nombre de citoyens que vous pouvez joindre en personne pour leur faire signer une feuille de papier.
 
Et ce n’est pas tout.
 
La motion prévoit aussi un mécanisme qui fera en sorte qu’une pétition électronique sera automatiquement débattue par les parlementaires. Ainsi, si un nombre suffisant de signatures en ligne est recueilli, nos élus seront obligés de tenir un débat public sur l’enjeu soulevé.
 
Il semble que démocra­tie et internet s’entendent vraiment bien, en fin de compte.